Sondage CROP: «une cassure» au PLQ

Selon Youri Rivest, vice-président chez CROP, le sondage... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Selon Youri Rivest, vice-président chez CROP, le sondage indique que le gouvernement de Philippe Couillard donne l'impression de se chercher.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La cote de Philippe Couillard auprès de l'électorat casse. La satisfaction envers son gouvernement suit la même tendance. L'appui au Parti libéral du Québec (PLQ) glisse.

La firme CROP y va de ces constats dans un sondage réalisé pour le compte du Soleil et de La Presse, qui tire une sonnette d'alarme à propos de la performance du gouvernement élu il y a sept mois.

Si des élections avaient eu lieu entre le 13 et le 17 novembre, après répartition des voix indécises, le PLQ de Philippe Couillard aurait récolté 36 % des suffrages. C'est quatre points de pourcentage de moins qu'en octobre et six points de moins qu'au scrutin du 7 avril.

Ses adversaires sont loin de chauffer le PLQ. La Coalition avenir Québec (CAQ; 24 %) se hisse de peine et misère en deuxième place devant le Parti québécois (PQ; 23 %). Québec solidaire (QS), la petite formation de gauche avec trois élus, se hisse à 14 %.

Dans l'électorat francophone, où se font et se défont les gouvernements, les libéraux sont premiers par une courte tête. L'enquête d'opinion leur donne l'appui de 28 % des personnes sondées. C'est 1 % de plus que le PQ et la CAQ, ex aequo. QS obtient 15 %.

Dans les régions, le PLQ est premier partout, avec des marges variables. Dans la grande région de Québec, le Parti libéral affiche un soutien à hauteur de 34 %; la CAQ, 28 %. Comme l'ont illustré les élections générales des dernières années, la situation y est difficile pour le PQ (18 %), talonné par QS (17 %).

C'est cependant la performance du chef et de son gouvernement qui s'est détériorée. Philippe Couillard n'est considéré comme le meilleur politicien pour occuper le poste de premier ministre que par 21 % des Québécois. Le recul est de 7 %. Il n'a jamais aussi peu été estimé depuis au moins un an.

Son gouvernement, lui, a rejoint le taux d'insatisfaction qu'était celui de l'équipe gouvernementale de la péquiste Pauline Marois, en mars. Les électeurs qui se proclament «insatisfaits ou très insatisfaits» ont atteint 57 %. 

Youri Rivest, vice-président chez CROP, n'observe pas un simple fléchissement du PLQ. «Il y a vraiment une cassure, il s'est vraiment passé quelque chose par rapport au mois passé. Ce n'est pas une lente descente. C'est une brisure.»

«L'insatisfaction»

Pour l'expert sondeur, «le chiffre le plus important est l'insatisfaction». Il a surtout noté que la proportion de citoyens qui se disent «très insatisfaits» (23 %) a grimpé. C'est la fraction de l'électorat qui n'hésite pas «à aller dans la rue» pour manifester.

Le portrait général reflète un gouvernement qui donne l'impression de se chercher, a poursuivi Youri Rivest. «J'ai l'impression que les gens sont prêts à entendre le discours qu'il faut un redressement, qu'il y a des choses importantes à faire. Sauf qu'il y a plein d'actions et qu'il [ne semble pas] y avoir un plan d'ensemble», comme l'illustre le dossier des garderies ou encore celui des conservatoires en région.

«Il y a eu des annonces, des contre-annonces [...] des non-nouvelles. Il y a eu tout le climat sur l'austérité. Tout ça a percolé dans l'opinion publique. [Mais] cela ne se traduit pas encore en intentions de vote.

«Ce sont aussi les chiffres de Couillard qui ont beaucoup descendu, a repris l'expert en sondage. Le Parti libéral a une base électorale très forte, très robuste. Le score dont on les crédite est un peu celui des élections. Ce ne sont pas ses partisans durs qui sont choqués. Mais il y a un signal très fort qui est envoyé» par l'électorat.

Pour corriger le cap, le gouvernement Couillard doit se donner une direction générale, a suggéré le vice-président. «Ça, et réconcilier ce qu'on a dit en campagne électorale et ce qu'on fait en ce moment. On peut changer d'idée, mais il faut l'expliquer.»

M. Rivest a fait remarquer que Québec solidaire continue de progresser. À 14 % de soutien à travers le Québec, c'est au-delà de leurs résultats habituels et très suffisant pour amener le PQ à s'inquiéter. Au scrutin du 7 avril, les solidaires ont obtenu 7 % des voix.

«C'est un électorat plus souverainiste (que le Parti québécois). C'est surtout un électorat qui a une sensibilité plus à gauche» et, a commenté M. Rivest, «qui ne se retrouve dans aucun parti. Je crois que le Parti québécois doit regarder dans son rétroviseur du côté gauche.» À sa place, «il faut se poser des questions».

Les résultats de CROP doivent tenir compte que le PQ navigue sans chef, pour le moment. Selon l'enquête d'opinion, le tiers à peine des Québécois diraient «oui» à l'indépendance dans un référendum portant sur le sujet. Ils sont 67 % à se ranger dans le camp du «non».

***

Méthodologie

Le coup de sonde a été conduit auprès de 1000 participants à un panel sur le Web. Comme l'échantillonnage est non probabiliste, aucune marge d'erreur n'est avancée.

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