Péladeau se dit harcelé par les journalistes

Pierre Karl Péladeau reproche aux journalistes de l'appeler... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Pierre Karl Péladeau reproche aux journalistes de l'appeler sur son cellulaire ou encore de lui poser des questions dans les escaliers du parlement.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Pierre Karl Péladeau considère que les journalistes qui l'appellent sur son cellulaire ou l'interrogent dans les escaliers le harcèlent et violent une règle non écrite de l'Assemblée nationale. Aucun politicien, tous partis confondus, ne semble partager l'opinion du bouillant député du PQ.

Ce matin, M. Péladeau a réitéré que le journaliste de La Presse Denis Lessard l'a harcelé en le contactant à brûle-pourpoint sur des déclarations faites devant les militants péquistes de Saint-Jérôme à propos du Bloc québécois. L'élu a dénoncé cette façon de faire sur son fil Twitter.

À son arrivée, celui qui est actionnaire de contrôle de l'empire médiatique Québecor a repris que «M. Lessard n'a pas à faire ça. Il sait très bien comment ça fonctionne ici», a-t-il plaidé en invoquant des règlements que les journalistes ignorent. «Ça fait 30 ans qu'il est là. Il y a des attachés de presse et ils sont nombreux. Il n'a pas à m'appeler sur mon téléphone personnel.»

«Est-ce que vous appelez, vous, les politiciens sur leur téléphone personnel?» a-t-il lancé au Soleil. Il n'a pas démordu de son raisonnement lorsque les membres des médias lui ont rétorqué que tous le font. «Tous? Très bien. Moi, je considère cela inacceptable.»

«Je suis désolé. On a une infrastructure de communication. Il y a des hommes et des femmes qui sont chargés de faire cette fonction. C'est la même chose dans les escaliers», a-t-il souligné en faisant référence aux membres des médias qui l'interrogent lorsqu'il se rend au Salon bleu ou au caucus de sa formation politique.

Le député péquiste en fait une question de protection de sa vie personnelle. «Les députés ont le droit d'avoir aussi une vie privée. Puis, le téléphone personnel, c'est ça. Si on veut me parler, on sait très bien comment me rejoindre. [Sinon] ça va arrêter où, à ce moment-là? Dites-le-moi! Est-ce que ça irait jusque dans les toilettes? Dans les escaliers, selon moi, ce que j'ai entendu dire c'est que les escaliers, c'est prévu.»

Une règle inconnue

Ses collègues à l'Assemblée nationale, du Parti québécois comme des autres formations, ne sont pas de l'avis de Pierre Karl Péladeau.

Le ministre Pierre Moreau (Affaires municipales) considère «tout à fait normal de recevoir des appels de journalistes. Quand vous avez choisi de conduire une vie publique, vous avez à répondre de vos gestes. Si la question est personnelle, vous avez le choix de dire non.»

Pour le libéral, «ce n'est pas une bonne chose» que M. Péladeau ait effectué une sortie contre le journaliste. «Particulièrement quand on est un magnat de la presse, de s'en prendre à la façon de travailler des journalistes, c'est un peu inquiétant.»

Le chef de la Coalition avenir Québec a nié que des appels sur les cellulaires des politiciens puissent être vus comme du harcèlement. M. Lessard est «particulièrement persistant. Mais on peut très bien dire ne pas souhaiter d'avoir des appels à la maison tout en étant poli. Par contre, lorsqu'il dit que les escaliers sont des endroits privés, là, j'ai de la misère à le suivre.»

La co-chef de Québec solidaire Françoise David s'est montrée surprise de la réaction du péquiste. Elle a rappelé avoir reçu des coups de fil semblables. «Je ne vois pas quel est le problème.»

Deux collègues de M. Péladeau, candidats déclarés à la course à la direction du PQ, ont été appelés à commenter cette nouvelle affaire PKP. Jean-François Lisée a préféré blaguer:  «Je suis assez grand pour prendre mon appel moi-même et de refuser ceux que je ne veux pas.» Bernard Drainville a convenu que lui-même a contacté par cellulaire des politiques lorsqu'il était journaliste à Radio-Canada. «Tant qu'il n'y a pas d'abus», il n'y voit rien de répréhensible.

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