Énième dialogue de sourds sur la nation à l'Assemblée nationale

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Voulu par l'opposition officielle du Parti québécois, le débat de deux heures a été dénoncé par les membres du gouvernement Couillard et le représentant de la Coalition avenir Québec.

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(Québec) L'Assemblée nationale a été le théâtre, vendredi, d'un énième dialogue de sourds entre les partis politiques québécois sur le thème du Québec et du Canada. Un concours de rhétorique où chacun a enfoncé ses arguments.

Voulu par l'opposition officielle du Parti québécois, le débat de deux heures a été dénoncé par les membres du gouvernement Couillard et le représentant de la Coalition avenir Québec.

Le libéral Jean-Marc Fournier l'a qualifié de «déconnecté»; le caquiste Benoît Charette, de «complètement surréaliste».

Pour bien marquer son désaccord, M. Charette a quitté le Salon bleu, où le débat se déroulait, dès la fin de son intervention d'ouverture. Il a fustigé la «quête du pays imaginaire» par un parti à qui 75 % des citoyens ont dit non aux dernières élections générales.

Le ministre Fournier s'est moqué des référendums «à dates multiples». «Le Parti québécois est au pays de la comète "Tchouri"», a-t-il lancé. Il oublierait que le Québec bénéficie de quelque 19 milliards $ par année en transferts d'Ottawa.

Le libéral reproche au parti souverainiste de dépeindre un Canada monolithique, de faire comme si toutes les décisions du gouvernement de Stephen Harper étaient appuyées par l'ensemble des citoyens des autres provinces et que le Québec n'y avait aucun allié.

«Nous n'avons pas échoué depuis la Conquête», a soutenu Jean-Marc Fournier en ajoutant que les 2,5 millions de locuteurs francophones dans le reste du Canada ont besoin du Québec.

Plan de match

Le plan de match du chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, et de son collègue, Nicolas Marceau, était de faire valoir que toute cette question n'est pas du tout éthérée, qu'elle est au contraire très «concrète».

Qui décidera si le Québec deviendra une voie de passage pour le pétrole de l'Alberta? a demandé Stéphane Bédard. Qui décidera s'il y aura un péage sur le prochain pont Champlain? Dans le cadre fédéral actuel, le gouvernement québécois doit se contenter d'exercer des pressions, déplore-t-il.

Le Québec pourrait par ailleurs sauver les centres locaux de développement avec beaucoup moins d'argent qu'il en envoie pour assurer les activités du Sénat canadien et du bureau du Gouverneur général, a argué M. Bédard.

Il affirme que les choix du Québec en faveur de l'environnement sont contrecarrés par le gouvernement fédéral, qui a contribué pour plus de 60 milliards $ au développement des sables bitumineux depuis les années 70.

Dédoublement des dépenses

Aux yeux de son collègue Nicolas Marceau, le plus grand ménage que l'on pourrait entreprendre dans les dépenses de l'État passe par «la fin des dédoublements» avec le palier fédéral.

«On paie en double» dans 83 domaines, a-t-il fulminé. Sans compter le «déséquilibre fiscal», qui permet de «nourrir la bête à Ottawa».

«Il y a des avantages à devenir un pays, a repris Stéphane Bédard. À l'échelle internationale, ceux qui réussissent le mieux sont des petits pays.»

En fin de compte, ce débat apparaîtra comme une parenthèse durant cette session parlementaire marquée par les politiques d'«austérité» ou de «redressement» du gouvernement de Philippe Couillard - selon le mot, le point de vue, que chacun veut adopter.

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