Allégations d'«inconduite»: deux députés du PLC suspendus

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Les députés libéraux Scott Andrews et Massimo Pacetti

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le chef libéral Justin Trudeau a expulsé mercredi deux députés de son caucus en raison des allégations de «fautes personnelles» formulées à leur endroit par deux députées néo-démocrates qui n'auraient pas été mises au courant que leurs démarches allaient être rendues publiques.

Le député Massimo Pacetti, qui représente la circonscription montréalaise de Saint-Léonard-Saint-Michel, ainsi que son collègue Scott Andrews font l'objet de «sérieuses allégations» dont M. Trudeau a refusé de spécifier la nature en point de presse.

Les principaux intéressés ont nié les allégations, a précisé le chef libéral, qui a malgré tout décidé de les suspendre du caucus libéral - et leur candidature en vue du prochain scrutin - en raison du sérieux de l'affaire.

«Je suis conscient qu'il est difficile pour les gens de partager ce type d'information, mais je crois sincèrement que ceux d'entre nous qui sont en position d'autorité ont le devoir d'agir quand des allégations de cette nature sont formulées», a déclaré M. Trudeau, insistant sur la nécessité d'accorder «le bénéfice du doute (...) à ceux qui partagent cette information».

La whip du Parti libéral, Judy Foote, a écrit une lettre au président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, pour lui demander de mettre en place une procédure «afin d'avoir recours à une tierce partie neutre qui aura la confiance de tous».

Car il ne devrait pas être du ressort des whips des formations politiques de traiter ce type de dossier - cela serait ni «possible», ni «approprié», a fait valoir Mme Foote dans sa missive datée du 5 novembre.

Le bureau de M. Scheer a réagi par voie de communiqué et signalé que le président prenait la question «très au sérieux».

Il a demandé à l'Administration de la Chambre de mettre «toutes les ressources internes à la disposition des personnes concernées» et a aussi demandé «que le Bureau de régie interne examine la question dès que cela sera possible», peut-on lire dans la déclaration.

Les plaignantes sont deux élues du Nouveau Parti démocratique (NPD), selon les informations obtenues par La Presse Canadienne. Elles ne souhaitent pas rendre leur identité publique, a indiqué une source, mercredi matin.

Justin Trudeau a spécifié que l'une des victimes présumées lui avait «personnellement et directement» fait part de ces informations le 28 octobre.

Dans sa lettre, Judy Foote explique que dès le 29 octobre, elle a rencontré le whip du parti des deux plaignantes et qu'il a alors été convenu d'organiser des rencontres séparées avec les députés Pacetti et Andrews, ce qui a eu lieu le 30 octobre.

En point de presse, mercredi après-midi, la whip néo-démocrate Nycole Turmel a refusé de confirmer ces informations.

Elle a cependant assuré qu'elle avait pris connaissance de la lettre envoyée par son homologue libérale en même temps que tout le monde, soit mercredi matin.

Cela laisse entendre que les deux plaignantes présumées - le NPD refuse de confirmer publiquement qu'il s'agit de députées néo-démocrates - n'auraient pas été au courant que l'affaire allait être révélée au grand jour.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a fait une brève déclaration devant les journalistes, mercredi midi, employant le terme «harcèlement» pour qualifier les gestes qui sont reprochés aux députés libéraux.

Entouré de quatre de ses députés - le président du caucus Glenn Thibeault, la porte-parole en matière de condition féminine Niki Ashton, la présidente du caucus des femmes Mylène Freeman et la députée Ruth Ellen Brosseau -, le chef s'est dit «attristé par ces allégations des plus sérieuses».

«Nous croyons que c'est le devoir de tous les députés, de toutes les formations politiques d'agir pour que la colline parlementaire, comme tout lieu de travail, soit sécuritaire et libre de ces accrocs à la capacité de fonctionner», a-t-il dit.

«On a le droit de vivre dans un environnement de travail libre de harcèlement», a insisté M. Mulcair.

Il n'a pas voulu faire plus de commentaires pour le moment «pour des raisons évidentes», a-t-il dit, afin de respecter la vie privée des gens concernés.

Les députés suspendus répliquent

L'affiliation politique des deux élus tombés en disgrâce a rapidement été modifiée sur le site de la Chambre des communes: ils sont désormais identifiés comme députés indépendants.

Dans une déclaration écrite transmise en fin de journée, mercredi, l'élu montréalais Massimo Pacetti a soutenu «qu'à date», on ne lui avait pas fourni «les détails spécifiques» des allégations ayant conduit à cette suspension.

Après avoir précisé que Justin Trudeau l'avait informé de sa suspension mercredi matin à 9 h 30, il a témoigné de son intention de «coopérer pleinement» à l'enquête et s'est dit convaincu que celle-ci l'exonérerait.

Âgé de 52 ans, M. Pacetti a été élu pour la première fois sous la bannière libérale en 2002. Il a depuis été réélu sans interruption en 2004, 2006, 2008 et 2011.

Son collègue Scott Andrews, qui représente la circonscription terre-neuvienne d'Avalon, a également réagi par voie de communiqué. Il s'est dit confiant que l'enquête déterminera qu'il n'a commis aucun harcèlement.

«Je crois que le Parlement doit être un lieu de travail exempt de harcèlement, tant pour les employés que pour les députés», a-t-il écrit.

Le harcèlement sur la colline

À l'issue d'un caucus qui a duré plus longtemps qu'à l'accoutumée, mercredi, les députés néo-démocrates ont refusé de commenter directement l'affaire.

La députée Françoise Boivin a néanmoins laissé entendre qu'il y avait encore beaucoup de chemin à faire sur le plan de la sensibilisation au problème que représente le harcèlement.

«Je voyais certains tweets où on faisait des blagues en disant que pour le NPD, juste le fait de regarder une femme, ça pourrait suffire pour être du harcèlement», a-t-elle déploré lors d'une mêlée de presse.

«Imaginez, quand vous lisez des niaiseries de même, ça vous donne une bonne indication qu'il y a un manque de sérieux auprès de certaines personnes par rapport à des accusations aussi graves», a-t-elle ajouté.

Mais le Parlement, qui est toujours composé d'une nette majorité d'hommes, n'est pas forcément un environnement de travail pire que les autres, selon la députée de Gatineau.

«Des milieux «machos', j'en ai connu des tonnes. Celui de la politique n'est pas évident non plus, mais en tout cas, je suis comme tout le monde, je suis déçue de savoir qu'il y aurait ce genre de situation-là», a lancé Mme Boivin.

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