Peu d'échos en France de la visite de Hollande au Canada

François Hollande et Philippe Couillard à Québec, mardi... (Le Soleil, Yan Doublet)

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François Hollande et Philippe Couillard à Québec, mardi

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La presse française ne s'enthousiasme guère de la visite d'État du président François Hollande en sol canadien. Les principaux quotidiens et magazines de l'Hexagone relèguent la nouvelle loin sur leur site, préférant aborder la nouvelle, lorsqu'ils s'y intéressent, sous l'angle du nouvel Eldorado que représente l'Alberta, le «Texas canadien».

«François Hollande et sa délégation tentent de se positionner pour l'avenir, alors que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada en est à ses dernières étapes, écrit Le Monde. L'Ouest canadien, si proche de l'Asie, est en plein développement, indique-t-on dans l'entourage présidentiel, et il est important de montrer que la France s'intéresse à l'ensemble du Canada.»

La visite, la première d'un président français au Canada depuis François Mitterrand en 1987, ne fait pas que des heureux outre-Atlantique. Même si le président s'est tenu loin des champs d'extraction du pétrole bitumineux et de gaz de schiste, les écologistes sont agacés. Dans un court article, L'Humanité donne la parole au député européen Yannick Jadot : «François Hollande ne peut pas être le président de la grande conférence pour lutter contre le dérèglement climatique à Paris en 2015, et puis être le président au pays de l'or noir.»

«Incohérence politique»

Parlant d'un président soucieux «d'éviter la confrontation», Le Figaro évoque une «incohérence politique» dans le discours de Hollande à la Chambre des communes, à Ottawa. «Ainsi, le président a prononcé lundi un vibrant plaidoyer sur le "défi climatique" devant des élus majoritairement rétifs aux engagements contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.»

«Au-delà des déclarations d'amitié, poursuit Le Figaro, ce voyage aux objectifs essentiellement économiques fait un peu figure de diversion. Pour le Canada, la visite en Chine que Stephen Harper doit effectuer à partir de demain recouvre clairement davantage d'enjeux que le dialogue avec l'allié français, à peine évoqué dans la presse.»

Évoquant les premières frappes des forces armées canadiennes contre l'État islamique, Libération publie un texte de l'Agence France-Presse qui met en relief la collaboration franco-canadienne à la lutte antiterroriste. Dans un geste de solidarité, avant son intervention au Parlement, Hollande a déposé une gerbe au monument où a été abattu le militaire Nathan Cirillo.

Le quotidien 20 Minutes fait l'impasse sur la visite de Hollande pour se concentrer sur l'immigration française au «pays des caribous», plus particulièrement à Montréal, terre d'accueil de plus d'un Français sur deux qui s'installe au Canada.

«Les raisons de cet attrait sont particulièrement économiques. Il est effectivement assez aisé d'y décrocher un job. La qualité de la vie, la francophonie et une mentalité nord-américaine ont par ailleurs séduit tous ces Français à l'assaut du grand ouest. Mais attention, l'eldorado se mérite. Et les limites à l'immigration sont de plus en plus importantes. Les échecs aussi.»

La visite de Hollande à Québec, mardi, n'avait pas tellement eu plus d'échos. La chaîne France 24 rapportait sur son site que le président Hollande n'a pas craint d'aborder avec le premier ministre québécois Philippe Couillard «les questions qui fâchent», au premier rang la hausse des droits de scolarité pour les 12 000 étudiants français au Québec. La hausse de 180 % (plus de 6000 $ par année) envisagée par le gouvernement québécois mettrait un terme «à un accord signé entre les deux pays en 1978, qui permet aussi aux Québécois d'étudier en France en bénéficiant du tarif local».

«Faux pas protocolaire»

Au rayon de l'anecdote, Le Figaro rapporte un «faux pas protocolaire» de François Hollande, à Ottawa. Le président a «distraitement» serré la main de Kevin Vickers, le sergent d'armes qui a abattu le forcené responsable de l'attaque armée sur le Parlement, le 22 octobre.

Or, note le journal, «au début de son discours devant les deux chambres, le président a fait applaudir "cet homme qui est maintenant connu partout dans le monde", mais qu'il n'avait pas reconnu...»

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