France-Québec-Canada: Hollande parle la langue des affaires

François Hollande et Philippe Couillard à leur arrivée... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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François Hollande et Philippe Couillard à leur arrivée à l'Assemblée nationale, lundi

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) C'est à Ottawa que le président français a campé la position générale de la France à l'égard du Québec et du Canada. Elle entretient avec le Québec une «relation exceptionnelle et singulière; en même temps, elle veut travailler avec toutes les provinces du Canada», a déclaré François Hollande, lundi.

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Le président français François Hollande est au Canada et au Québec pour favoriser le développement des affaires. C'est aussi ce que veut le premier ministre Philippe Couillard.

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«Si on a pour le Québec de l'amour, on a aussi de l'amitié à revendre, à offrir, à tout le Canada», a ajouté le président français en guise de résumé.

François Hollande est au Canada et au Québec pour favoriser le développement des affaires. C'est aussi ce que veulent les premiers ministres Stephen Harper et Philippe Couillard.

Économie, innovation, partenariats scientifiques et universitaires et lutte contre les changements climatiques ont figuré au menu des discussions qu'ont eues en soirée, lundi, en tête-à-tête, Philippe Couillard et François Hollande, lequel est arrivé à Québec après être passé par Banff et Ottawa.

La France et le Québec veulent relancer leur collaboration dans le cadre du Plan Nord. La Stratégie maritime promise par le gouvernement libéral intéresse particulièrement Paris.

Certains, au sein des partis d'opposition, craignent que la délégation française, qui est d'abord passée par l'Alberta, cherche à encourager le Québec à donner son accord au transit grandissant de pétrole albertain sur le territoire québécois. Le président français appuie la pétrolière Total, très engagée dans les sables bitumineux de l'Alberta.

Étudiants et francophonie

Deux sujets plus ancrés dans la tradition des relations France-Québec nourrissent également les discussions entre MM. Hollande et Couillard. Ce sont ceux des étudiants et de la francophonie.

En campagne électorale, le chef du Parti libéral avait annoncé que le «tarif canadien» s'appliquerait aux étudiants de la francophonie optant pour des études universitaires au Québec. Cela devrait se concrétiser par une baisse à venir pour ceux issus de pays comme le Maroc ou le Sénégal - qui paient plus de 15 000 $ par année - et par une hausse pour les Français, qui bénéficient des mêmes droits de scolarité que les Québécois depuis 1978.

Ils déboursent quelque 2800 $ par année actuellement. Les Canadiens des autres provinces doivent débourser environ 7000 $. Le nouveau système, qui reste à négocier, devrait entrer graduellement en vigueur à partir de septembre prochain. Telle est du moins la volonté du gouvernement du Québec.

D'accord avec l'objectif général de Québec, le gouvernement français tient néanmoins à ce que ses ressortissants continuent de bénéficier d'un privilège par rapport aux autres. La «mobilité de la jeunesse doit être facilitée et encouragée par des mesures spécifiques au Québec et en France», a exprimé M. Hollande lors d'un dîner d'État au Château Frontenac lundi soir.

Le président a profité de l'occasion pour inviter les Québécois à se rendre plus nombreux en France afin d'y travailler, d'y investir, d'y créer des emplois ou d'y vivre.

À l'instar de Stephen Harper, Philippe Couillard espère que la France soutiendra la candidature de Michaëlle Jean à la tête de la francophonie. L'ancienne gouverneure générale du Canada était présente lors du discours prononcé par François Hollande à la Chambre des communes, à Ottawa, en matinée.

François Hollande prendra la parole au Salon bleu de l'Assemblée nationale ce matin.

Parmi les convives au dîner d'État, des gens d'affaires, le Conseil des ministres québécois presque au grand complet, le péquiste Stéphane Bédard, le caquiste François Legault, le maire Régis Labeaume, l'écrivain Dany Laferrière et... Michaëlle Jean.

Le patron de Premier Tech, de Rivière-du-Loup, Bernard Bélanger, a été décoré de l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur par François Hollande. Philippe Couillard a remis au président français l'insigne de grand officier de l'Ordre national du Québec.

Des mots très officiels

En parlant d'«amour» pour le Québec et d'«amitié à revendre» pour le reste du Canada, François Hollande a repris à sa manière les mots employés par son prédécesseur. À l'Assemblée nationale, en 2008, Nicolas Sarkozy avait dit aux élus québécois que la France entretient une relation d'«amitié» avec le Canada et de «fraternité» avec le Québec. «Je dirais que les Canadiens sont nos amis et les Québécois, notre famille», avait-il résumé.

Ces mots sont ceux, désormais très officiels, des différents gouvernements français. Ils rappellent que Nicolas Sarkozy avait exprimé une opinion plus personnelle qu'officielle lorsqu'il avait plaidé, plus tard, à l'extérieur de l'Assemblée nationale, en faveur d'un Canada uni. Il avait déclaré que le monde n'avait pas besoin d'une «division supplémentaire». À une autre occasion, il avait qualifié de «sectaires» les mouvements souverainistes.

Quoi qu'il en pense lui-même, M. Hollande évitera de s'afficher dans un camp.

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