Congrès de la CAQ: Legault mise sur le «nationalisme d'ouverture»

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<p>Michel Corbeil</p>

(Trois-Rivières) Québec doit récupérer les pleins pouvoirs en matière d'immigration et astreindre les entreprises à charte fédérale à la loi 101 sur le français. S'il veut signer la Constitution canadienne, il doit rebâtir son économie.

C'est avec un discours nationaliste, dont les accents forts portent sur des revendications s'adressant à Ottawa, que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a conclu le congrès de sa formation politique, à Trois-Rivières.

Devant un parterre de quelque 500 militants, qui lui ont accordé un retentissant vote de confiance - 97,2 % des participants l'ont endossé -, M. Legault a tenu à effectuer une profession de foi nationaliste.

«Je veux dire que j'aime profondément le Québec. Le Québec, pour moi, ce sont mes racines et l'avenir de mes enfants. Ma loyauté première va au Québec. Ça, ce n'est pas négociable.»

Il a fourni la définition du terme. Pour la CAQ, il n'est pas question de «nationalisme frileux, nostalgique et marqué par le repli sur soi», mais bien «d'un nationalisme moderne, un nationalisme d'ouverture». Il l'a campé sur trois axes, qui rejoignent tous une reformulation du fédéralisme : l'économie, la langue et l'immigration.

Pour un chef qui se tient généralement très loin du débat constitutionnel, il a effectué une ouverture inattendue. «Soyons bien clairs, je ne crois pas que le Québec pourra adhérer à la Constitution canadienne la tête haute, s'il ne réussit pas d'abord son redressement économique.»

Le sujet l'a immédiatement rattrapé en conférence de presse. François Legault a plaidé qu'il faut d'abord que le Québec se relance économiquement. Il est revenu comme à son habitude sur l'écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada.

Il a laissé entendre que seule la CAQ peut amener ce rattrapage. Mais le fondateur de la formation politique a évalué qu'il faudra une décennie ou deux avant que cela ne se produise. Je ne serai alors plus en politique depuis longtemps, a-t-il dit en substance.

Refusant toujours de se définir comme fédéraliste ou souverainiste, mais simplement comme nationaliste, il a écarté à «jamais» l'idée d'un possible référendum sur l'indépendance sous un gouvernement caquiste. Il n'est pas impossible, par contre, que celui-ci paraphe la Constitution.

Il a fait valoir qu'il s'objecterait à toute tentative du premier ministre libéral Philippe Couillard de le faire. Le Québec est «à genoux», tributaire des transferts en péréquation, avec une économie mal en point, a-t-il plaidé. «Ce n'est pas le moment de négocier.»

Le chef de la Coalition est revenu sur une nécessaire «défense du français» qui n'est pas «un refus des autres langues», mais «une question de survie de notre identité». Là aussi, il s'est tourné vers Ottawa. «Le gouvernement fédéral doit comprendre qu'il faut préserver l'intégralité de la loi 101 et même l'étendre aux entreprises à charte fédérale.»

En point de presse, il a fait valoir qu'il ne voit pas pourquoi les banques et les organismes relevant du fédéral ne seraient pas soumis à la législation sur le français puisqu'elle s'applique aux grandes entreprises québécoises. Il a suggéré que le Québec «a aussi besoin de la contribution du fédéral. Il faut arrêter de charcuter la loi 101 par des décisions [notamment] en Cour suprême.»

Couillard blâmé

Il a profité de l'occasion pour blâmer le discours en anglais seulement qu'a livré Philippe Couillard, lors d'une mission en Islande. Le premier ministre «a manqué à son devoir de chef d'État de la nation québécoise. Il a fait un faux pas et envoyé un mauvais message» en négligeant le français «sur une tribune internationale».

Autre appel tourné vers le gouvernement fédéral, François Legault a affirmé que le Québec ne doit plus être limité à ne choisir que 70 % des immigrants qui s'établissent chez lui. Il «doit obtenir tous les pouvoirs en matière de sélection des immigrants» pour assurer une meilleure intégration.

Que ce soit pour la langue ou l'immigration, le contexte est favorable aux revendications. «Nous aurons une occasion d'interpeller les partis politiques fédéraux, a-t-il lancé aux délégués de la CAQ. Il y a une élection qui s'en vient», en 2015.

Au point de presse, François Legault s'est réjoui du vote de confiance. «J'étais confiant» d'obtenir un fort appui, a répondu le leader de la formation. «Mais, honnêtement, j'ai été touché par le niveau» atteint

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