Compressions de 300 millions $: aux libéraux de livrer, dit l'UMQ

La présidente de l'Union des municipalités du Québec... (PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL)

Agrandir

La présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy

PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En avalant des compressions de 300 millions $ pour l'année budgétaire 2015, les maires de la province donnent un vote de confiance aux libéraux, selon Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ). Il revient maintenant au gouvernement Couillard de faire ses preuves, dit-elle.

Jointe par Le Soleil, Mme Roy, qui est aussi mairesse de Sainte-Julie, a commenté le pacte fiscal «transitoire», dont les grandes lignes ont été dévoilées dans La Presse, samedi. Cette entente doit être rendue publique dans les prochains jours par le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau. 

Les conseils d'administration de l'UMQ et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) avaient été conviés à des rencontres avec le ministre il y a deux semaines. Dès les premiers jours de discussion, le gouvernement a affiché ses couleurs et a déposé sur la table son plan de compressions de 300 millions $, a expliqué Mme Roy. «C'est la décision du gouvernement du Québec», a-t-elle souligné.

Négociations

Devant ce fait accompli, l'UMQ «a accepté de négocier». «On connaît la situation du Québec au niveau financier», a-t-elle dit, avant d'ajouter que «c'est beaucoup plus la raison que le coeur qui [a parlé]» en acceptant ces ponctions. «Personne n'est heureux de devoir vivre des compressions de 300 millions $.»

Parmi les mesures évoquées dans le pacte, notons la diminution du remboursement de TVQ par Québec, qui passe de 62 % à 50 % (98,2 millions $) et l'abolition envisagée des centres locaux de développement (40 millions $). Le tout est prêt à signer. Ne manque que le premier ministre Philippe Couillard, actuellement en mission économique à l'étranger.

Des garanties

Contraintes d'essuyer les coupures, l'UMQ et la FMQ ont répliqué en demandant un certain nombre de garanties au gouvernement Couillard en échange de leur collaboration pour l'atteinte du déficit zéro. Et Mme Roy est sans appel: «le monde municipal a [déjà] beaucoup contribué» à l'effort pour revenir à l'équilibre budgétaire. «C'est à eux [les libéraux] de livrer.»

Les municipalités ont notamment demandé à ce que l'autonomie des élus municipaux soit respectée en matière de développement économique. «Il faut s'assurer de protéger les fonds qui servent à nos entreprises, dont les fonds locaux d'investissement.»

Les maires ont aussi réclamé une garantie pour qu'aucun autre ministère ne puisse imposer de compressions tant et aussi longtemps que le pacte transitoire sera en vigueur.  

Mme Roy insiste finalement sur le caractère exceptionnel de l'entente. «Il faut s'assurer que ces mesures financières soient transitoires et qu'elles ne s'appliquent qu'à l'année 2015», a-t-elle martelé. 

Au bout du compte, Suzanne Roy espère que l'effort mis en oeuvre par le monde municipal sera reconnu dans l'élaboration du pacte fiscal suivant. «Il faut qu'on reconnaisse cette contribution exceptionnelle», a-t-elle décoché. «C'est clair que pour nous, il doit y avoir une entente fiscale dès le début 2016 qui soit pluriannuelle.»

***

Les CLD prédisent leur propre fin

L'avenir des centres locaux de développement (CLD) est plus que jamais compromis, selon les CLD eux-mêmes.

De l'ordre de l'éventualité la semaine dernière, voilà que le pacte fiscal transitoire entre le gouvernement provincial et les municipalités annonce encore plus clairement leur abolition.

Rien n'est encore annoncé officiellement, mais l'Association des CLD (ACLD) est non équivoque : les libéraux font «tomber le couperet» sur les 120 établissements de la province et «sur l'autonomie économique des régions», a déclaré l'association dans un communiqué, samedi.

La situation devrait se clarifier dans les prochains jours, alors que des représentants des CLD ont été convoqués au cabinet du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, lundi.

Yves Maurais, président de l'ACLD, maintient que l'existence de cette structure permet de créer de la richesse, et non le contraire. Selon lui, si un chantier de réflexion avait été créé pour déterminer l'avenir des CLD, «on aurait probablement pas fait ce choix-là», a-t-il dit au Soleil, ajoutant que la décision a été prise trop rapidement.

Pour lui, chaque dollar des 40 millions $ retirés des transferts vers les municipalités pour le développement économique est une perte d'autant, sinon plus, en investissements générés par les entreprises en démarrage. 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer