Coiteux dit non aux demandes salariales des syndicats

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(Québec) Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, ferme la porte aux demandes salariales des syndiqués des secteurs public et parapublic. Elles lui paraissent «venir d'une autre époque, une époque où l'on vivait au-dessus de nos moyens».

Le gouvernement de Philippe Couillard n'a pas tardé à camper sa position. Il «prendra en compte les demandes syndicales, mais d'abord, surtout, les intérêts des Québécois eu égard à leur capacité réelle de payer», a insisté Martin Coiteux, jeudi.

«Nous n'allons plus pelleter dans la cour de nos enfants nos responsabilités.  Les Québécois nous ont élus pour qu'on mette de l'ordre dans les finances publiques, et on ne posera aucun geste qui pourrait remettre en question le retour à l'équilibre budgétaire et son maintien par la suite.»

Quelques heures plus tôt, des représentants des syndiqués des secteurs public et parapublic du Québec avaient fustigé l'hypothèse d'un gel ou d'un quasi-gel salarial jusqu'à l'atteinte du déficit zéro. Ils promettent une forte mobilisation de leurs membres afin de faire fléchir le gouvernement.

«Un gel ou un quasi-gel, ce serait encore reculer sur le pouvoir d'achat. Ça n'a aucun bon sens», a dénoncé Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.

Jeudi, les syndicats réunis en front commun ont présenté leurs demandes au Conseil du trésor avant d'aller manifester devant le Parlement avec quelque 2000 de leurs membres. Ils réclament une augmentation salariale de 4,5 % par année pendant trois ans.

Ces 4,5 % par année représentent un plancher. Des clauses d'enrichissement liées à l'inflation et à la croissance du PIB figurent dans leurs demandes.

Les chefs syndicaux reconnaissent que leur premier défi sera de gagner la bataille de l'opinion publique. Ils sentent qu'une bonne partie de la population est plutôt réfractaire à leurs revendications.

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Francine Lévesque (CSN), Daniel Boyer (FTQ) et  Lucie Martineau (SISP) lors de la manifestation de quelques centaines de syndiqués devant l'Assemblée nationale, jeudi

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Dans la rue

«On sera dans la rue et dans nos milieux de travail à mobiliser nos membres», a assuré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer, avant de reconnaître qu'«on devra également entreprendre un dialogue avec l'ensemble de la population, avec nos familles et nos amis parce qu'il faut faire comprendre aux gens que nos demandes sont à la hauteur des services qu'on rend à la population, qu'on rend aux aînés, aux enfants et aux malades de notre société.»

«On n'est pas gênés du tout de nos demandes. C'est un juste rattrapage et la protection du pouvoir d'achat», affirme Lucie Martineau.

Pour l'heure, les dirigeants du front commun refusent d'envisager des moyens de pression aussi lourds que des grèves, mais rien n'est exclu. Ils espèrent par contre rassembler tous les Québécois mécontents des politiques du gouvernement libéral afin de faire échec à son «monologue social» et obtenir le maximum possible.

Francine Lévesque, de la CSN, précise que les demandes salariales visent à combler un retard de 8,3 % avec les autres grands employeurs du Québec, ceux embauchant 200 salariés et plus (grandes entreprises, donc, mais aussi municipalités et entités fédérales).

Des chiffres

Si elles étaient acceptées telles quelles, les hausses salariales réclamées ajouteraient quelque 4 milliards $ par année à la masse salariale de l'État, selon le front commun (3,4 milliards $ si l'on déduit les impôts supplémentaires que paieraient les syndiqués). Le Conseil du trésor évalue plutôt le total à 5 milliards $.

Pour parvenir au «déficit zéro», le plan budgétaire du ministre Carlos Leitão limitera la croissance des dépenses de l'État à 0,7 % l'an prochain, ce qui laisse très peu de marge de manoeuvre pour les syndiqués.

Les actuels contrats de travail des employés des secteurs public et parapublic seront échus le 31 mars. Ils concernent quelque 530 000 personnes lorsqu'on additionne les syndiqués membres du front commun et ceux qui ne le sont pas. Environ 190 000 de ces salariés sont à statut précaire et gagnent en moyenne 25 000 $ par année.

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