Les maires de l'UMQ auraient rejeté le projet de loi 3 pour les élus

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Le président du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec, Jean Gagnon, a mené une charge à fond de train contre l'UMQ en marge du vote des cols blancs sur leur participation au mouvement provincial du grand dérangement.

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Le président du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec, Jean Gagnon, affirme qu'une majorité de maires de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) refusent de se faire imposer le régime minceur pour leurs fonds de pension, comme le gouvernement provincial s'apprête à le faire pour les fonctionnaires municipaux avec le projet de loi 3.

Mercredi soir, en marge du vote des cols blancs sur leur participation au mouvement provincial du grand dérangement, M. Gagnon a mené une charge à fond de train contre l'UMQ. Il dit avoir appris l'existence «au cours des dernières semaines» d'une réunion où une majorité de maires de l'UMQ auraient rejeté une résolution qui demandait au gouvernement provincial d'appliquer le projet de loi 3 aux régimes de retraite des élus municipaux.

«C'est un scandale, c'est le bout de la marde!» a lancé M. Gagnon, lors d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.

Le leader syndical affirme qu'une véritable omerta aurait été développée à l'UMQ afin de cacher l'existence de ce vote.

«À la Ville de Québec, les employés vont perdre entre 175 et 200 millions $ si le projet de loi est adopté tel quel. Les élus sont prêts à voler les employés, mais ils ne veulent pas s'imposer le même régime. C'est du vol! Et dire que le ministre Moreau et les libéraux participent à ça. C'est incroyable!»

M. Gagnon a assuré qu'il était en mesure d'appuyer ses dires sur l'existence de cette rencontre de l'UMQ, mais qu'il n'était pas capable de confirmer si le maire Régis Labeaume a pris part à cette réunion. «Si je me fais poursuivre, je vais faire défiler tous les maires un après l'autre dans la boîte pour leur faire dire ce qui est arrivé lors de cette réunion!»

L'attaché de presse du maire Labeaume, Paul-Christian Nolin, n'était pas en mesure de dire si M. Labeaume a participé à cette rencontre. Par contre, il a rappelé que M. Labeaume croit que les régimes de pension des élus municipaux devraient aussi être soumis aux mêmes principes inclus dans le projet de loi 3. Le Soleil n'a pas pu joindre le porte-parole de l'UMQ.

Oui au grand dérangement

Les cols blancs de la Ville de Québec participeront au «grand dérangement» qui doit se dérouler en novembre pour protester contre le projet de loi 3 sur les fonds de pension, mais ils ne le feront pas en ayant recours à la grève illégale.

Mercredi soir, quelque 250 cols blancs ont approuvé à l'unanimité leur participation à ce mouvement de contestation provinciale coordonné par la Coalition syndicale pour la libre négociation. Le vote des syndiqués s'est déroulé à main levée. M. Gagnon a confirmé que la grève illégale est écartée.

Il y a quelques jours à peine, les cols bleus ont décidé d'entrer dans le même mouvement, mais ont pour leur part choisi de garder la grève illégale dans les moyens de pression qu'ils sont prêts à utiliser pour se faire entendre.

Labeaume: il y aura des «conséquences»

Les employés qui comptent participer au grand dérangement contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite s'exposent à des «conséquences», avertit Régis Labeaume.

«On vit en démocratie, ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent. Mais nous, comme employeur, on doit leur signifier que ce sera fait dans le cadre d'une grève illégale et qu'il y aura des conséquences», a lancé le maire de Québec sans mentionner de sanctions précises.

Il s'adressait notamment aux cols bleus qui ont voté lundi pour une participation à une journée de moyen de pression pouvant aller jusqu'à la grève. S'il y a débrayage, le «grand dérangement» serait illégal, puisque ces employés ont une convention collective en poche. Le maire a aussi invité les syndicats à ne pas miner le climat plus positif qui règne depuis les ententes intervenues avec les cols blancs et les cols bleus.

«On a signé des conventions collectives, je sens l'harmonie. Tout le monde est heureux. Le calme est revenu. Soyons prudents sur les gestes qu'on va poser pour ne pas ramener l'animosité et la perception des citoyens par rapport aux employés de la Ville», a-t-il lancé.

Valérie Gaudreau

Des services très limités lundi à Lévis

La Ville de Lévis fonctionnera au ralenti, lundi, alors que les cols blancs seront en grève pour une journée et n'assureront que le strict minimum des services essentiels. 

Les fonctionnaires municipaux de Lévis ont annoncé leur propre grand dérangement, lundi, avec la première de ce qui pourrait être une série de journées de débrayage. Les cols blancs veulent forcer la Ville à accélérer le pas dans la négociation pour le renouvellement de leur convention collective.

Les deux parties ont passé la journée de mercredi devant la Commission des relations du travail, afin de déterminer quels seront les services essentiels qui seront assurés lundi. À la fin de la journée, le conseiller du Syndicat canadien de la fonction publique représentant les quelque 500 fonctionnaires municipaux de Lévis, Yanick Labrecque, a indiqué au Soleil que les syndiqués assureront seulement trois services essentiels, soit le centre d'appels 9-1-1 ainsi que son service informatique et la présence sur appel d'un technicien en scène de crime aux incendies.

La ville «ne marchera pas»

Le Syndicat n'a jamais caché son intention de perturber au maximum les activités de la Ville. «Le but de l'opération, c'est que la Ville de Lévis ne marche pas cette journée-là et elle ne marchera pas.»

Au cabinet du maire Gilles Lehouillier, on n'a pas voulu commenter au sujet et la journée de grève des cols blancs, mais on s'est dit satisfait de la liste de services officiels garantis. 

La convention collective des cols blancs de Lévis est échue depuis le 31 décembre 2008. Une lettre d'entente concernant les salaires a entre-temps été signée, mais elle n'est plus valide depuis le 31 décembre 2011.

Stéphanie Martin

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