PKP trouve «ridicules» les critiques de ses adversaires

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Pierre Karl Peladeau

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Pierre Karl Péladeau trouve carrément «ridicule» que ses adversaires libéraux et caquistes lui reprochent de contrevenir au Code d'éthique en intervenant comme élu tout en étant actionnaire de contrôle de Québecor.

«Libéraux et caquistes m'accusent de conflit d'intérêts dans mon travail», a-t-il twitté, mercredi. «Bientôt, ce sera l'éducation puisque j'ai des enfants», a-t-il lâché.

Son gazouillis est tombé au moment où une nouvelle controverse a surgi à propos d'une sortie qu'il a effectuée pour dénoncer des coupes dans les crédits d'impôt en production télévisuelle ou cinématographique. Il s'agit d'un secteur d'activité où oeuvre Québecor.

Le Devoir rapporte que le député de Saint-Jérôme a d'abord critiqué le ministre Jean-Denis Girard, en juin, durant une commission parlementaire. Jeudi, il a repris sa dénonciation des coupes sur sa page Facebook. Selon le Code d'éthique, un élu ne peut participer à des débats où il a un intérêt personnel et financier distinct de la population ou de l'ensemble de la députation.

Dans une mêlée de presse, M. Péladeau a réfuté que ses agissements aient même les apparences d'un conflit d'intérêts. Il a laissé entendre qu'il est animé du même sentiment par rapport à une affaire semblable, son intervention auprès d'un autre ministre, Jacques Daoust, sur la vente des studios Mel's.

S'il n'en tient qu'à ses détracteurs, a-t-il expliqué, «je serai toujours en conflit d'intérêts. C'est ridicule ce que disent les députés de la Coalition avenir Québec et ceux du Parti libéral du Québec. Quand vous agissez dans l'intérêt général, il n'y en a pas, de conflit d'intérêts», a décrété l'homme d'affaires devenu politicien.

Pourquoi? lui a-t-on demandé. «Parce que je fais mon travail de député et je travaille pour l'opposition», a-t-il répondu en disant qu'il fait alors abstraction de ses actifs. Il ne «regrette pas du tout» ses interventions.

Plus tôt, en matinée, PKP a soutenu qu'il ne tire aucun bénéfice personnel de ses prises de position. «Quelle que soit l'industrie, que ce soit en télévision, en cinéma ou dans le multimédia, je fais mon travail de porte-parole de l'économie» pour le Parti québécois (PQ) qui forme l'opposition officielle. «Je pense que ça [ses commentaires] fait consensus», a-t-il ajouté au sujet de sa sortie sur les crédits d'impôt.

Tirs croisés

Les nouvelles informations ont ravivé le tir provenant de ses adversaires. Le leader parlementaire des libéraux, Jean-Marc Fournier, a pris soin de mentionner qu'il n'a pas «assisté aux échanges» de PKP sur les crédits d'impôt. Mais il y voit la preuve que le PQ doit réaliser qu'il y a un problème avec le Code d'éthique.

«Je veux bien croire que le commissaire à l'éthique fait son travail. Que ce n'est pas à moi d'être le juge. Mais à la première occasion [les studios Mel's], le Parti québécois nous a dit que c'est une erreur. À la deuxième, c'est quoi? C'est encore une erreur? Ça va en prendre combien pour démontrer qu'il y a un problème?»

Curieusement, le ministre Girard (Petites et Moyennes Entreprises) a refusé de s'offusquer d'avoir été interpellé par Pierre Karl Péladeau dans le dossier des crédits d'impôt. «Tout le monde a le droit de poser des questions», a tout bonnement fait savoir le député-ministre de Trois-Rivières.

La Coalition avenir Québec, à l'origine de la motion qui veut forcer Pierre Karl Péladeau à choisir entre son empire médiatique et sa carrière en politique, s'est faite plus mordante. «M. Péladeau ne semble pas comprendre qu'il ne peut intervenir en politique quand les intérêts de ses entreprises sont en jeu», a fait savoir le chef François Legault. «Il persiste, il signe, il fait des farces» sur Twitter, s'est-il désolé. «Il est en train de rire du monde.

«Ce qui me surprend, c'est la loi du silence au PQ, a repris M. Legault. Ni le chef ni les prétendants à la chefferie n'ont dénoncé cette façon de faire.» Pour le député caquiste Éric Caire, «ce qui les pousse à ne rien dire, c'est qu'ils voient en Pierre Karl Péladeau un chef éventuel. Personne ne veut se mettre à dos le chef.» Les péquistes lui «font penser aux arbitres à la lutte. Pendant que le méchant fait ses mauvais coups, ils regardent ailleurs.»

La députation péquiste, elle, a serré les rangs derrière PKP. Les médias traitent injustement Pierre Karl Péladeau qui est «un député comme les autres», a soutenu Claude Cousineau.

«Ça va trop loin, cette affaire-là, a commenté l'élu représentant la circonscription de Bertrand. Ce monsieur fait ce qu'il a à faire. C'est un bon député. Il travaille bien dans son comté. Il respecte tout ce qu'il y a à respecter», en matière d'éthique.

Le chef par intérim du PQ, Stéphane Bédard, s'est montré agacé par l'insistance des journalistes. «Vous semblez obnubilés» par ce dossier! «Personne ne prend l'éthique à la légère» au PQ, a-t-il plaidé.

C'est Jean-François Lisée qui a déclenché la polémique, au début du mois. Il a déclaré que M. Péladeau ne réalise pas qu'il est «une bombe à retardement» pour le PQ en conservant son contrôle sur son empire médiatique tout en se montrant intéressé à devenir chef.

Mercredi, il a refusé d'ajouter quoi que ce soit sur le sujet. Il a semblé pris de court lorsqu'il s'est fait demander si M. Péladeau a été suffisamment bien entouré par son parti. «Je ne peux répondre à cette question», a-t-il finalement laissé entendre avec un sourire.

Des pistes pour dénouer l'impasse

Les leaders parlementaires des quatre partis ont accouché de certaines «pistes» de solution pour débattre à la satisfaction de chacun de la situation du député péquiste Pierre Karl Péladeau et de ses propriétés médiatiques.

Au sortir d'une rencontre de quelque 45 minutes, mercredi, en début de soirée, le libéral Jean-Marc Fournier est venu s'adresser aux journalistes.

«Nous avons eu une bonne rencontre, a indiqué M. Fournier. Il y a des pistes qui ont été envisagées. Il y a des vérifications à faire. Il y a encore un peu de travail encore à peaufiner. Une fois que ce sera fait, nous pourrons planifier la prochaine rencontre.»

Les autres leaders n'ont pas commenté.

Près de trois semaines se sont écoulées depuis que les libéraux, caquistes et solidaires ont voté en faveur d'une motion pour empêcher qu'un député puisse contrôler une entreprise médiatique. Une procédure décriée par le Parti québécois qui y voit une initiative ciblée qui vise à expulser Pierre Karl Péladeau de l'Assemblée nationale.

Entre la proposition libérale d'une commission parlementaire et celle péquiste d'un comité d'experts, les couloirs du parlement sont depuis deux semaines le théâtre d'un feuilleton où les acteurs s'accusent mutuellement de partisanerie outrancière et d'aveuglement. Simon Boivin

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