Retour à la case départ pour Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Pierre Karl Péladeau

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(Québec) Le refus du Conseil de presse de jouer un rôle pour dénouer le dossier Pierre Karl Péladeau renvoie tous les partis à la case départ, embourbés à se blâmer les uns les autres.

Alors qu'en journée, mardi, libéraux et péquistes semblaient s'entendre sur le forum du Conseil de presse, un tribunal d'honneur des médias, pour discuter de l'affaire, la fin de non-recevoir de l'organisation en après-midi a fait s'écrouler le château de cartes.

Après analyse, le Conseil a jugé qu'il n'est pas dans son mandat de se pencher sur «les effets que pourrait avoir le fait qu'un député ou un membre du Conseil exécutif contrôle une entreprise de presse». Il s'agit d'un enjeu qui «relève plus de l'éthique parlementaire que de l'éthique journalistique», a indiqué un porte-parole du Conseil de presse, Julien Acosta.

«On revient donc à la motion initiale», a commenté le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier. Les libéraux donnent au Parti québécois jusqu'à aujourd'hui pour suggérer une formule qui lui convient pour qu'une commission parlementaire se penche sur la question. Une avenue que l'opposition officielle juge trop partisane. 

S'il se dit prêt à un compromis, M. Fournier prévient qu'il n'entend pas laisser traîner l'affaire «jusqu'à Noël». Il n'est pas enclin à aller de l'avant sans une participation des péquistes, même si la chose demeure «techniquement possible». Il rappelle que le débat a été soulevé par un député péquiste, Jean-François Lisée, et que le PQ ne peut donc pas faire comme si le problème n'existe pas. 

Au PQ, la députée Agnès Maltais estime que les leaders parlementaires de toutes les formations doivent s'asseoir ensemble pour trouver une solution consensuelle. Elle émet des doutes quant à la façon dont M. Fournier a pu tenter de convaincre le Conseil de presse. «C'est normal qu'un tribunal d'honneur n'ait pas voulu se faire instrumentaliser, devenir un tribunal politique», a-t-elle affirmé. 

Le député de Saint-Jérôme et actionnaire de contrôle de Québecor a déjà fait savoir qu'il porterait sa cause devant les tribunaux s'il était forcé à choisir entre ses actions et son siège. Un «brouhaha» destiné à éclipser le véritable débat de la propriété de médias par un député, selon le premier ministre Philippe Couillard.

Pas de fiducie

D'autre part, mardi, le commissaire à l'éthique et à la déontologie, Me Jacques Saint-Laurent, a rendu publique la déclaration d'intérêts de chacun des 125 députés de l'Assemblée nationale.

Des règles particulières sont applicables lorsqu'un élu accède au Conseil des ministres, mais à titre de député de l'opposition, M. Péladeau n'a pas à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard. Le commissaire a rencontré M. Péladeau au même titre que tous les autres députés de l'Assemblée nationale. Mais la teneur de ces rencontres doit être tenue confidentielle, au même titre que les recommandations que le commissaire peut faire aux députés.

Me Saint-Laurent mène en parallèle une enquête sur les agissements de M. Péladeau dans le dossier de Vision globale pour savoir si le député de Saint-Jérôme s'est servi de ses fonctions pour favoriser la vente de l'entreprise à Québecor.

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