Lutte à l'intégrisme religieux: Québec n'a encore rien fait

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De nombreuses personnes, jeunes et moins jeunes, se sont recueillies devant le parlement à Ottawa à la suite de l'attentat perpétré mercredi contre le militaire Nathan Cirillo.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

La lutte acharnée contre l'intégrisme religieux promise par Philippe Couillard quand il était dans l'opposition n'est toujours pas engagée.

Avant de prendre le pouvoir en avril dernier, M. Couillard avait pourtant promis d'agir «rapidement» dans ce dossier, qui constituait selon lui un sujet de grande préoccupation pour les Québécois.

En plus de six mois de pouvoir, le gouvernement libéral n'a pas trouvé le temps de donner suite à un seul des nombreux engagements pris dans l'opposition en vue de chasser l'intégrisme religieux du Québec.

Il devait notamment, dès la prise du pouvoir, mettre sur pied un organisme chargé de documenter et mesurer l'ampleur de ce phénomène au Québec, une idée lancée et promue par l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin.

Or, l'organisme n'a jamais vu le jour et plus personne au gouvernement n'en a parlé au cours des derniers six mois.

Depuis son élection, le gouvernement Couillard a été actif dans plusieurs domaines, ayant rédigé au total 14 projets de loi. Aucun n'a abordé cette question.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, planche depuis des mois sur un projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État, qui pourrait englober des enjeux liés à l'intégrisme religieux, comme la prévention des mariages forcés et des cimes d'honneur.

Il n'est cependant pas prévu que la détection d'éléments intégristes dans la société en fasse partie.

Mutisme total

Depuis sa nomination, la ministre Vallée s'enferme dans un mutisme total, quant à ses intentions dans ce dossier. Le dépôt de son projet de loi, attendu cet automne, pourrait même être reporté au printemps 2015, d'après les informations obtenues.

Les mois passent et la ministre Vallée refuse toujours toute demande d'entrevue sur le sujet.

Chose certaine, il n'y a «pas de rapprochement» à faire entre le projet de loi à venir et l'extrémisme religieux apparemment à l'origine des attentats survenus cette semaine à Saint-Jean-Sur-Richelieu et à Ottawa, a soutenu la porte-parole de la ministre, vendredi.

L'enjeu de la présence en nos murs de l'extrémisme religieux a pris le devant de la scène, cette semaine, quand on a appris que les auteurs de ces attentats, deux jeunes Québécois, Martin Couture-Rouleau et Michael Zehaf Bibeau, étaient adeptes de la frange la plus radicale de l'islam.

Jeudi, à la suite de ces attentats, le premier ministre Couillard a dit vouloir interpeller les leaders de la communauté musulmane pour qu'ils identifient, parmi ceux qui fréquentent les mosquées, les individus susceptibles d'adhérer au radicalisme religieux. L'annonce n'a été accompagnée d'aucun moyen ou objectif précis, ni d'aucune ressource financière.

Le 21 janvier, alors dans l'opposition, M. Couillard se montrait beaucoup plus affirmatif en conférence de presse pour annoncer ses engagements à ce sujet.

Documenter l'intégrisme

Figurait dans la longue liste, la création d'un organisme de recherche sur l'intégrisme.

«Nous allons nous doter, au Québec, d'un organisme qui va documenter, étudier, mesurer et publier les résultats de ses travaux sur les manifestations de l'intégrisme au Québec», disait-il alors.

Ce phénomène, ajoutait-il, «doit être documenté, mesuré et étudié, et nous proposerons des mesures en ce sens».

La proposition de Mme Houda-Pepin, qu'elle avait formulée sous forme de projet de loi, consistait à créer un centre de recherche-action sur les intégrismes religieux et leurs impacts sur la démocratie, les droits de la personne et les droits de la jeunesse.

Dans son esprit, la loi devait prévoir l'adoption de sanctions appropriées, telles que la révocation de l'enregistrement d'un organisme de bienfaisance aux termes de la Loi sur les impôts.

Charte des valeurs

À l'époque, les libéraux pestaient contre le projet de charte des valeurs du gouvernement péquiste qui, selon eux, avec l'interdiction projetée de porter des signes religieux passait à côté de «la réelle préoccupation des Québécois, soit la menace de l'intégrisme», disait le porte-parole dans le dossier, le député Gilles Ouimet, qui a dirigé un comité définissant la position du parti sur la question.

Le rapport du comité, entériné par le parti et son chef, concluait qu'un gouvernement libéral devait notamment chercher à prévenir les crimes d'honneur pour que la Direction de protection de la jeunesse (DPJ) puisse intervenir quand une jeune fille se trouvait dans une situation de violence basée sur l'honneur de la famille.

On verrait à mieux former les intervenants sociaux et les policiers, mieux accompagner les immigrants et repérer ceux susceptibles de céder à la violence basée sur l'honneur.

On voulait aussi soutenir les groupes communautaires consacrés à la lutte contre ce phénomène et encourager l'engagement civique chez les jeunes.

La lutte à l'intégrisme devait s'arrimer à la proclamation de la neutralité religieuse de l'État.

Selon le credo libéral, les services gouvernementaux doivent être donnés et reçus à visage découvert. On voulait de plus baliser les demandes d'accommodement religieux.

Les employées de l'État seraient libres de porter des signes religieux, sauf la burqa, le niqab et le tchador.

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