Abolition de 120 CLD: «de fausses économies»

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Le ministre Pierre Moreau envisage de supprimer les 120 centres locaux de développement de la province dans l'espoir de réaliser des économies de 40 millions $ annuellement.

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(Québec) Ce n'est pas en coupant les «générateurs de richesse» que le gouvernement libéral parviendra à réduire les déficits, croit l'Association des centres locaux de développement (ACLD).

La Presse révélait samedi que le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, envisageait de supprimer les 120 centres locaux de développement (CLD) de la province dans l'espoir de réaliser des économies de 40 millions $ annuellement sur un budget de 72 millions $ (2014-2015).

M. Moreau a présenté ses plans aux représentants des municipalités mercredi. Selon ce qu'a rapporté La Presse, la moitié du budget des CLD irait aux MRC ou aux municipalités, qui récupéreraient ainsi la mission de développement économique assuré depuis 16 ans par ces instances gouvernementales créées par le Parti québécois.

Devant cette possible restructuration, l'ACLD a tenu à rappeler le rôle des CLD auprès du gouvernement. «Les CLD ne sont pas des organismes administratifs, ce sont des organismes de terrain», a lancé Yves Maurais, président de l'ACLD, en entrevue au Soleil.

Selon lui, le réseau des CLD est d'abord et avant tout un «réseau d'expertise» basé sur l'apport de près de 3000 bénévoles partout au Québec. Si ces centres sont abolis, «on va se priver de [leur apport]», a-t-il déploré. 

Les conseils d'administration des CLD sont en effet composés de membres de la société civile, souvent des entrepreneurs agissant bénévolement, et de représentants du monde municipal, dûment élus. L'opportunité de réseautage pour la relève entrepreneuriale et l'accès à des mentors seraient compromis par une éventuelle dissolution de la structure des CLD, a insisté M. Maurais. 

«Fausses économies»

Conscient de la mouvance actuelle du gouvernement Couillard visant «à faire mieux avec moins», Yves Maurais considère que de viser un vecteur de développement économique n'est pas une bonne cible. «Ce sont de fausses économies. [...] Chose certaine, si on veut régler le problème des déficits, c'est pas en coupant les générateurs de richesse», a-t-il tranché.

Même son de cloche du côté de Gaétan Lelièvre, député péquiste de Gaspé et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires municipales et de développement des régions. «On veut aller vers le monde municipal. La grande nuance est à ce niveau-là. En faisant affaire directement avec [les MRC ou les municipalités], que va-t-on faire avec les représentants de la société civile? Perdra-t-on cette expertise-là?» a-t-il demandé.

M. Lelièvre considère que les conséquences ne seront pas les mêmes en ville ou en région. Selon lui, les MRC ne comptant pas de centre urbain important n'ont pas toujours la même expertise dans le monde municipal pour accompagner les entrepreneurs. 

À Québec, les rumeurs de restructuration circulent depuis quelque temps dans les bureaux du CLD, a-t-on indiqué au Soleil, mais rien n'a encore été dévoilé à l'interne. C'est d'ailleurs ce qu'a rappelé Pierre Trahan, chargé de communication au CLD de Québec. «Tant qu'il n'y aura rien de décidé, nous n'émettrons pas de commentaires.»

Le CLD de Québec compte une quarantaine d'employés, en faisant le plus gros de tous les centres de la province. Un CLD compte en moyenne de 10 à 12 employés.

Dans un rapport publié en avril 2014 faisant état des 15 années d'existence de l'organisation, le CLD de Québec affirmait avoir investi 43,6 millions $ en aide aux entreprises dans la capitale, permettant d'attirer 417 millions $ en investissements sur son territoire et la création de 13 700 emplois.

La décision n'est pas prise

Jointe par Le Soleil, l'attachée de presse du ministre Pierre Moreau a répété samedi «qu'aucune décision n'était encore prise» et que le gouvernement n'avait fait aucune annonce. 

Elle a rappelé que les libéraux procédaient à un «large exercice de révision des programmes» et que c'est dans ce contexte que l'abolition des CLD pouvait être envisagée. Elle a ajouté qu'il n'y «avait aucune vache sacrée» et que tous les ministères procédaient à une analyse complète de ses structures. «C'est très important pour nous le développement économique régional, c'est une priorité», a-t-elle aussi affirmé, avant de répéter que la décision de supprimer les CLD n'était «pas prise». 

***

JEF Poissonnerie en soutien aux CLD

«Sans le CLD, je ne serais pas rendu où je suis», affirme d'entrée de jeu Jean-François Mondou, propriétaire de JEF Poissonnerie. Son commerce de la basse ville a reçu plusieurs coups de pouce du CLD de Québec à diverses étapes, ce qui a favorisé le développement de son entreprise, croit-il. L'accompagnement a commencé un an avant l'ouverture officielle de sa poissonnerie, en 2011. Les employés du CLD l'ont aidé à peaufiner son plan d'affaires et à dénicher des subventions, notamment auprès des banques. S'il est un exemple de réussite, M. Mondou affirme que plusieurs autres commerces de Québec ont beaucoup à gagner à s'adjoindre les conseils du CLD. S'il croit que la Ville de Québec peut faire un bon travail d'encadrement, il émet des réserves sur le maintien de la qualité présentement offerte par les CLD. 

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