La menace terroriste «bien réelle» au Canada, affirme Blaney

Accompagné de son homologue québécoise Lise Thériault, le... (La Presse Canadienne, Paul Chiasson)

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Accompagné de son homologue québécoise Lise Thériault, le ministre Blaney a assuré que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) allait offrir sa pleine collaboration à la Sûreté du Québec (SQ) dans son enquête.

La Presse Canadienne, Paul Chiasson

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Saint-Jean-sur-Richelieu

L'homme qui a happé deux militaires, dont un mortellement, a pu poser son geste par frustration d'avoir été privé de son passeport, a suggéré mardi le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Après avoir confirmé que les autorités canadiennes avaient retiré le passeport au suspect de l'attentat présumé pour éviter qu'il ne se rende à l'étranger pour combattre aux côtés des djihadistes, le commissaire Bob Paulson a confirmé que cela avait pu le pousser à commettre l'irréparable.

C'est «certainement» ce qui «semble ressortir de l'analyse», a-t-il laissé tomber en marge d'un comité parlementaire à Ottawa.

L'individu qui était au volant du véhicule à Saint-Jean-sur-Richelieu «faisait partie des 90 personnes qui faisaient l'objet d'une enquête» de la police fédérale, a par ailleurs précisé le commissaire Paulson.

A priori, la GRC ne croit pas que l'individu avait des complices, mais aucune piste ne sera écartée, a-t-il assuré.

L'attentat qui a tué un militaire en plus d'en avoir blessé un autre, lundi, démontre que la menace terroriste est «bien réelle» au Canada, a déclaré mardi le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney.

«Ce qui est arrivé hier [lundi] est manifestement lié à une idéologie terroriste», a-t-il dit, mardi, au cours d'une brève conférence de presse où il était accompagné de son homologue provinciale, Lise Thériault.

La Sûreté du Québec (SQ) a confirmé mardi midi l'identité du militaire qui a péri. Il s'agit de l'adjudant Patrice Vincent, qui était âgé de 53 ans.

L'autre soldat ne souffre que de blessures mineures et on ne craint pas pour sa vie.

L'un des deux hommes portait son uniforme militaire lorsqu'il a été happé, a déclaré Guy Lapointe, de la Sûreté du Québec.

M. Blaney a également assuré que la GRC offrirait sa pleine collaboration à la SQ dans le cadre de l'enquête.

«Nous prenons la menace terroriste au sérieux et cela nous dit que la menace terroriste est bien réelle», a déclaré M. Blaney.

Questionnés par les journalistes, les deux ministres n'ont toutefois pas révélé de détails sur l'enquête pour ne pas miner son intégrité.

Québécois converti à l'islam

Le suspect, que certains médias identifient comme étant Martin Couture Rouleau, un Québécois qui s'est récemment converti à l'islam, était un homme radicalisé au point d'avoir été placé sous la surveillance policière des autorités fédérales.

Au volant de son véhicule, l'individu de 25 ans avait heurté les deux militaires avant de prendre la fuite.

Poursuivi par la police municipale, le fuyard a fini par perdre la maîtrise de son véhicule qui a fait plusieurs tonneaux après avoir circulé sur le boulevard du Séminaire.

L'individu serait ensuite sorti de son véhicule armé d'une arme blanche et les policiers l'ont abattu.

Et alors que le suspect aurait foncé sur les deux soldats vers 11h30, il aurait été aperçu dès 9h15 à l'extérieur d'un centre de Services Canada qui loge aussi un bureau de recrutement des forces armées canadiennes. La SQ demande ainsi l'aide de la population et demande à toute personne qui détient de l'information de la contacter.

La SQ ne recherche pas d'autre individu pour l'instant en lien avec cette attaque.

La thèse privilégiée par les enquêteurs pour le moment est celle d'un acte volontaire, a précisé M. Lapointe.

Geste horrible

Le premier ministre Stephen Harper a transmis un communiqué en début de journée pour faire part de ses «sincères condoléances à la famille et aux amis du membre des FAC [Forces armées canadiennes] qui a succombé aux blessures subies lors de cet événement odieux».

Il a ajouté que les autorités pouvaient compter sur le plein appui du gouvernement «pour faire toute la lumière sur ce geste horrible».

Tout horrible que soit le geste, les Canadiens ne doivent pas pour autant céder à la panique, a tenu à faire valoir le ministre des Anciens combattants, Julian Fantino.

«La menace est réelle (...) mais la réalité est que nous sommes dans un pays très sécuritaire. Nous ne tenons pas cette sécurité pour acquise, et c'est pourquoi nous travaillons très fort sur certains de ces enjeux», a déclaré M. Fantino, ancien chef de la police régionale de York et du service de police de Toronto.

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