Le PQ s'effondre, la CAQ conserve Lévis

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Le caquiste François Paradis (à gauche) a remporté haut la main l'élection partielle dans Lévis, au grand soulagement de son chef, François Legault.

Le Soleil, Yan Doublet

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Jean-Marc Salvet, Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) La démission de Christian Dubé n'a pas empêché la Coalition avenir Québec de conserver la circonscription de Lévis.

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Le premier ministre Philippe Couillard était aux côtés de sa candidate Janet Jones, lundi soir

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Le chef François Legault était heureux et soulagé lundi soir d'avoir remporté ce qui constituait un test pour son parti, alors que son candidat, l'ex-animateur de télévision François Paradis, a recueilli 46,79 % des suffrages exprimés. Il fera très rapidement son entrée à l'Assemblée nationale.

«C'est pas vrai qu'on peut dire quelque chose en campagne électorale et faire le contraire une fois élu, a lancé François Legault en guise de piques aux libéraux. Une chose est très claire, a-t-il ajouté, à partir de maintenant, la véritable opposition officielle, c'est la Coalition avenir Québec! On va avoir une lutte à deux au Québec. La Coalition va défendre les citoyens.»

La libérale Janet Jones a récolté 32,46 % des votes. Sa défaite tout juste confirmée, elle a annoncé qu'elle retournerait au conseil municipal de Lévis, où elle est conseillère.

Le premier ministre Philippe Couillard était à ses côtés lundi soir, tout comme plusieurs ministres. «On avait une candidate formidable dans un comté qui n'était pas facile, qui était déjà détenu par un parti d'opposition», a fait valoir M. Couillard devant quelques dizaines de partisans.

Sévère gifle au PQ

Les électeurs de Lévis ont envoyé plusieurs messages, a-t-il poursuivi. «Le pire» d'entre eux a été adressé au Parti québécois, «qui voit son option rejetée fermement» par la population de la Rive-Sud de Québec, a-t-il soutenu.

Le Parti québécois encaisse une sévère gifle. Son candidat, Alexandre Bégin, a récolté à peine 8,28 % des voix. L'humiliation est totale puisque, avec moins de 15 % des suffrages, il ne pourra obtenir du Directeur général des élections du Québec le remboursement de 50 % de ses dépenses électorales.

Le PQ s'est fait chauffer par le solidaire Yv Bonnier Viger, à qui 7,66 % des électeurs ont fait confiance.

Bien qu'essentiellement francophone, Lévis est une circonscription difficile depuis des années pour le Parti québécois. Avant le rendez-vous de lundi, il avait déjà mordu la poussière lors des cinq derniers scrutins, ceux de 2003, de 2007, de 2008, de 2012 et du printemps. La défaite de lundi est toutefois la pire.

À 46 %, le taux de participation se situe dans la bonne moyenne des partielles.

Les organisations des partis - composées de vrais bénévoles et de beaucoup d'apparatchiks - ont travaillé d'arrache-pied pour inciter leurs sympathisants à aller voter.

Au Parti québécois, où l'on se savait hors course (mais pas à ce point), certains souhaitaient que la circonscription passe aux mains des libéraux. On ne voulait pas offrir de nouvelles munitions aux caquistes et entendre François Legault marteler l'idée que la CAQ forme la véritable opposition officielle au gouvernement en place. Peine perdue.

Chez les caquistes, on sait qu'une partielle ne fait pas le printemps et que la bataille de lundi en a aussi été une d'organisations. On sait que la notoriété de François Paradis les a aidés à surmonter le départ de Christian Dubé. Mais à l'Assemblée nationale, les caquistes feront valoir que leur victoire constitue la réponse des électeurs aux hausses de tarifs intervenues depuis l'élection du gouvernement de Philippe Couillard.

Samedi, le premier ministre Philippe Couillard faisait déjà contre mauvaise fortune bon coeur, au cas où. Il notait qu'un «bon bloc» des candidats en lice dans cette partielle proposaient «des changements profonds dans les façons de faire de l'État». Sans le dire, il faisait la somme à venir des voix des libéraux et de la CAQ pour conforter son programme d'austérité et de redressement. Il a réitéré le même message lundi.

«Un message clair»

«On augmente notre majorité dans Lévis. C'est un message clair. Surtout pour le gouvernement.»

Après l'annonce de la victoire de son candidat dans Lévis, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a décoché ses premières flèches à l'endroit du gouvernement de Philippe Couillard. «Ça pouvait être attirant de voter du bon bord, mais les gens ne sont pas contents de ce qui a été fait depuis six mois par le gouvernement.» Pour lui, cette victoire est de bon augure pour la prochaine élection partielle qui doit avoir lieu dans la circonscription de Richelieu.

Selon le site Web du Directeur général des élections, François Paradis a obtenu une majorité de plus de 3096 voix. C'est plus d'un millier de plus que son prédécesseur, Christian Dubé, aux élections d'avril.

M. Paradis a répété que les citoyens de Lévis voulaient être écoutés et qu'il était le mieux placé pour défendre leurs intérêts à l'Assemblée nationale. Saluant son chef, ses bénévoles et ses nouveaux collègues députés, il a assuré que la Coalition avenir Québec était en bonne position pour former le prochain gouvernement. «On est un gouvernement en attente. On s'en vient», a-t-il lancé aux militants survoltés.

Le caquiste n'a jamais vraiment été en danger lors de cette soirée électorale. Dès la fermeture des bureaux de scrutin, son avance s'est affirmée, et elle a continué de croître tout au long de la soirée. 

Les militants caquistes s'étaient donné rendez-vous dans une salle de l'hôtel L'Oiselière à Lévis. Sur place, Gérard Deltell, Éric Caire et Marc Picard étaient venus soutenir leur candidat. François Legault a passé la soirée avec François Paradis et les deux hommes ont suivi le dépouillement du vote dans une chambre de l'hôtel. Ils se sont présentés ensemble devant les militants vers 21h30 sous les cris de joie et les applaudissements.

Jones de retour comme conseillère

Avec cette victoire du candidat de la CAQ, Lévis n'aura donc pas à vivre une élection complémentaire pour pourvoir le poste de conseillère qu'occupait la candidate libérale Janet Jones. Le maire Gilles Lehouillier a d'ailleurs confirmé en entrevue téléphonique lundi soir qu'elle réintégrerait bientôt le comité exécutif de la Ville.

«Je dis félicitations à François Paradis parce que c'est un bon score. Pour la suite des choses, je ne vois pas de problème à l'horizon. À partir de demain, je travaille avec le député qui est là.»

Stéphanie Martin

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