François Legault prédit une dégelée du PQ dans Lévis

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Le pointage effectué par les militants caquistes a convaincu François Legault que la lutte dans Lévis est serrée et qu'elle ne met en présence que les candidats de la CAQ et du PLQ.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) François Legault anticipe que le scrutin dans Lévis, lundi, confirmera une cassure avec 40 ans d'histoire politique. S'il espère une victoire de son candidat caquiste, il prédit surtout une nouvelle déconfiture du Parti québécois (PQ) - et le reflet de la fin d'une ère où les batailles gravitaient autour des tenants et des opposants à la souveraineté.

À une quinzaine de jours du congrès qui réunira ses partisans, à Trois-Rivières, le chef et fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ) se garde bien de décrire l'élection complémentaire comme une épreuve des faits pour sa jeune formation. Une élection forcée par la démission d'un de ses députés, Christian Dubé.

Ce sera un test pour la CAQ et pour la formation au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ), répond-il en entrevue à l'Assemblée nationale. «Mais ce sera aussi un test pour le Parti québécois», glisse-t-il aussitôt. 

«Vous regarderez le pourcentage» de voix que récoltera le Parti québécois. «Les péquistes feront-ils 16 % des suffrages?» leur score aux dernières élections générales. Il s'est dit «d'accord» avec le libéral Philippe Couillard pour qui ce scrutin équivaut «presque [à] un troisième référendum. Ce que j'ai senti, c'est que le 7 avril, c'est comme si on avait tourné la page [...] et que la lutte porterait vraiment sur d'autres sujets».

Élection historique

Revenant à l'élection complémentaire, M. Legault refuse de considérer le fait que les souverainistes ont récolté des résultats de misère sur la Rive-Sud de Québec, depuis plus de 10 ans, aussi bien sur la scène provinciale que sur la scène fédérale, avec le Bloc québécois. «C'est quand même un comté francophone», plaide-t-il.

Le pointage effectué par ses militants l'a convaincu que la lutte est serrée et qu'elle ne met en présence que les porte-couleurs de la CAQ et du PLQ. M. Legault n'évoque pas l'hypothèse d'un revers électoral dans la circonscription.

Mais il expose que «si ça se termine 40 % [pour le caquiste], 40 % [pour le libéral] et 10 % [pour le péquiste], cela enverra un message. [...] On ne parlera plus de qui est souverainiste et qui ne l'est pas. Ce sera un autre débat. C'est pour ça que je dis que c'est historique, comme le 7 avril.

«Désormais, ce sera un match à deux, entre qui a le meilleur plan économique», le PLQ ou la CAQ. François Legault ne doute évidemment pas de la réponse. «Ça se résume à ça : quel parti me garantit le meilleur revenu dans mes poches.» Parce que, dit-il, «l'erreur que commettent les libéraux, c'est de sous-estimer cette question des revenus».

Le chef en profite pour affirmer que cette «question des revenus» frappe durement les restaurateurs, par exemple, des deux côtés du fleuve. À Québec même, si le PLQ laisse aller les choses, cela posera un problème pour les futurs locataires de l'amphithéâtre en cours de construction, prédit-il. «Si on veut vendre des loges corporatives», pour rentabiliser une concession dans la Ligue nationale de hockey, il faut avoir les moyens parce que, «veux, veux pas, le hockey, c'est du luxe».

François Legault est conscient de la nécessité de se démarquer des libéraux. «Le défi à partir de l'élection de lundi, c'est de montrer que nous sommes l'alternative au gouvernement. [...] Le message que les citoyens de Lévis doivent lancer, c'est que ça suffit, les hausses de taxes et de tarifs.»

Couper dans les dépenses

Il martèle, comme il le fait depuis le 7 avril, que Philippe Couillard a le même objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire, mais ne cesse d'alourdir le fardeau fiscal. La CAQ renie cette voie et préconise de couper dans les dépenses de l'État, en sabrant notamment dans le personnel d'encadrement, ramène-t-il.

Il réitère aussi que cela ne le dérange pas, que le PLQ «copie notre programme», en évoquant l'abandon des agences de la santé et la possibilité de faire disparaître les commissions scolaires. C'est qu'il doute que le gouvernement se rendra au bout de ses ambitions. «En santé, à date, il n'y a pas un employé-cadre de moins», laisse-t-il tomber.

François Legault présidera un congrès qui ne devrait pas ouvrir de nouveaux chantiers de réflexion. Celui sur le «New Deal» pour les régions n'en est qu'au stade de la collecte des données. Il y aura bien un premier vote de confiance que les militants exerceront envers le fondateur de leur parti. Mais le chef n'est nullement inquiet. Un résultat de «50 %, plus un» le satisferait, lance-t-il en riant.

Acteur de premier plan dans l'aventure Anticosti

François Legault s'attribue le mérite d'avoir amené le Parti québécois (PQ) à promouvoir une participation active de l'État dans la recherche de pétrole sur l'île Anticosti.

Appelé à commenter les controverses que soulèvent différents projets d'hydrocarbures, le chef de la Coalition avenir Québec a révélé que «j'avais convaincu le PQ de prendre une participation importante dans les [compagnies] "juniors" qui ont des droits sur Anticosti».

«Votre influence?» demande-t-on. «Je pense que oui, en toute humilité. C'était un gros débat quand j'y étais. Je vois les deux clans au caucus. Je ne révèle pas de gros secrets en disant qu'Alexandre Cloutier et Bernard Drainville [candidats probables à la succession de Pauline Marois au PQ] étaient d'accord.

«Le compromis que j'avais proposé avait été de faire comme la Norvège. Il n'exploite pas leur pétrole s'ils n'ont pas 50 % des bénéfices. Comment? En étant coactionnaire» à cette hauteur de participation.

Cela s'est passé lorsque M. Legault faisait partie de la députation péquiste, qu'il a quittée en 2009. Au pouvoir de septembre 2012 à avril 2014, Pauline Marois a annoncé que son gouvernement investissait 115 millions $ dans deux partenariats avec le privé. Philippe Couillard avait qualifié la décision de «Loto-Pétrole» avant de confirmer l'engagement de fonds publics, une fois élu premier ministre.

Aujourd'hui à la tête de sa formation politique, M. Legault indique qu'il «fonde toujours beaucoup d'espoir sur Anticosti. Cela pourrait être une façon de réduire notre dette de façon importante, répète-t-il. Il faut accélérer, tout en respectant l'environnement».

Le chef de la Coalition avenir Québec aborde les autres dossiers pétroliers de la même façon : les Québécois doivent y trouver leur compte économiquement et écologiquement.

Dans le cas de l'île Anticosti, «l'avantage» consiste dans le fait que les travaux d'exploration se font sur la terre ferme. Dans le golfe, comme dans le cas de Old Harry, «c'est toujours un peu plus compliqué» bien qu'il se réjouisse de la promesse fédérale de céder toutes les redevances au Québec, advenant une exploitation de ce gisement d'hydrocarbures.

Il émet de sérieuses réserves sur le port de transbordement du pétrole de l'Ouest que la firme albertaine TransCanada veut aménager à Cacouna, dans un site présenté comme la «pouponnière» des bélugas. «N'y a-t-il pas une autre place pour un port? Je ne suis pas convaincu que la compagnie a pris tous les moyens pour éviter un impact dramatique sur les bélugas.»

François Legault n'a pas émis d'opinion ferme sur les visées du Port de Québec, qui aspire à devenir une tête de pont pour l'exportation du pétrole des sables bitumineux albertains. «Ce qui est important est de mettre dans la balance environnement et économie. En affaires, on ne fait jamais d'argent sans prendre des risques calculés. Si ça ne rapporte rien, pas de deal

«J'avais convaincu le PQ de prendre une participation importante dans les [compagnies] "juniors" qui ont des droits sur Anticosti»

François Legault

PKP, «c'est un homme intelligent»

François Legault ne doute pas que Pierre Karl Péladeau poursuivra sa carrière politique et se départira de son actionnariat de contrôle chez Québecor.

«Je pense que oui [il vendra ses parts dans l'empire médiatique]», laisse tomber le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). «C'est un homme intelligent. Il va se rendre à l'évidence qu'il ne peut détenir le contrôle de Québecor.»

M. Legault réitère qu'il n'en fait pas une question de personnalité. Il rappelle que la motion, que sa formation politique a présentée à l'Assemblée nationale, vise à empêcher tout député d'exercer un contrôle sur un média, un cas de figure que le Code d'éthique n'a pas prévu.

Journalistes mal à l'aise

«C'est comme l'évidence que certains journalistes, pas tous, pas la majorité, pourraient être mal à l'aise de critiquer le propriétaire de leur entreprise», soutient une autre fois M. Legault. «Il y a des journalistes de Québecor qui sont mal à l'aise.» Le leader des caquistes signale une autre fois que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec trouve aussi que cela pose un problème que le député Péladeau dispose de 24 % des actions et de 74 % des droits de vote.

Lui-même issu du monde des affaires, François Legault reconnaît qu'il a déjà été intéressé à aligner Pierre Karl Péladeau dans les rangs de sa formation. «Je le savais nationaliste. Je ne le savais pas souverainiste.

«Jamais je ne lui ai proposé dans une rencontre [de devenir candidat pour la CAQ]. Une fois, au téléphone, je lui ai dit que j'aimerais le voir pour parler de ça. Il avait refusé la rencontre.»

François Legault tient à souligner que cela ne change rien au fond des choses. «C'est clair que s'il avait accepté [de s'aligner pour la Coalition, lors d'une élection], cela aurait été sous condition qu'il se départisse» de l'actionnariat de contrôle dans l'empire médiatique.

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