Violences et bombardements à Kobané

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Dans la ville même de Kobané, les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) tentaient de reprendre un peu du terrain perdu ces derniers jours face au groupe Etat islamique (EI), qui les avait délogés vendredi de leur QG.

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BURAK AKINCI, RITA DAOU
Agence France-Presse
Mursitpinar

De violents combats opposaient lundi djihadistes et combattants kurdes à proximité de la frontière turco-syrienne près de Kobané, à l'heure où la Turquie donnait son feu vert à Washington pour l'utilisation de ses bases aériennes.

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont lancé une offensive dans les faubourgs de Kobané (Aïn al-Arab en arabe), à moins d'un kilomètre des barbelés qui séparent la Turquie de la Syrie, a constaté un journaliste de l'AFP présent à la frontière turque.

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Ce secteur du poste-frontière de Mursitpinar est celui emprunté tous les jours par les civils kurdes qui fuient les combats et par des combattants kurdes évacués pour y être soignés dans les hôpitaux de la ville turque de Suruç.

C'est devenu «un objectif stratégique» pour l'EI, a indiqué à l'AFP Feyza Abdi, élue au conseil municipal de Kobané et réfugiée en Turquie. «Ses forces encerclent déjà la ville de trois côtés différents. S'ils réussissent à prendre le contrôle de cette zone, ils fermeront tous les accès et pourront commencer leur massacre» à Kobané, selon elle.

Un attentat-suicide à l'aide d'un véhicule piégé a été perpétré lundi par un kamikaze de l'EI dans ce secteur, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), sans être en mesure de donner un bilan.

Dans la ville même de Kobané, les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont cherché à reprendre du terrain perdu ces derniers jours face à l'EI, qui les avait délogés vendredi de leur QG.

«Les YPG ont mené une contre-offensive dans le secteur sud de Kobané et repris deux positions qui étaient sous contrôle de l'EI», a indiqué l'OSDH.

Quatorze djihadistes et cinq combattants kurdes ont été tués dans les combats de dimanche tandis que les raids de la coalition ont tué 28 djihadistes à Raqa et Kobané, selon un décompte de l'ONG.

Sept frappes de la coalition ont visé dimanche et lundi des bâtiments, des positions de tir et des véhicules de l'EI, a indiqué l'armée américaine.

La défense acharnée des Kurdes a contraint l'EI à faire venir des renforts en provenance de Raqa et Alep, leurs bastions du Nord syrien.

Plus nombreux et mieux armés, les djihadistes contrôlent environ 40 % de la ville, particulièrement le secteur est et des quartiers dans le sud et l'ouest, une semaine après y être entrés à la suite de plusieurs semaines de siège.

Ankara rechigne

Une certaine confusion a été créée par des déclarations contradictoires de Washington et Ankara sur la signature d'un accord sur l'utilisation de bases aériennes turques par les avions américains effectuant des raids en Syrie et en Irak.

Un responsable américain avait indiqué dimanche que les États-Unis pourraient utiliser la grande base d'Incirlik (sud), où 1500 Américains sont stationnés.

Mais une source gouvernementale à Ankara a affirmé lundi qu'un tel accord n'avait pas été signé. «Les négociations continuent sur la base des conditions déjà posées par la Turquie», a-t-elle précisé.

Actuellement, les avions américains employés pour les bombardements contre l'EI décollent des bases aériennes, plus éloignées, d'Al-Dhafra aux Émirats arabes unis, d'Ali al-Salem au Koweït et d'Al-Udeid au Qatar.

Cette confusion illustre les relations difficiles entre la Turquie et les États-Unis, deux pays de l'OTAN, sur le dossier syrien.

Ankara refuse pour l'instant de se joindre à la coalition militaire internationale au motif que les frappes aériennes dirigées contre les djihadistes pourraient renforcer par ricochet le camp du président syrien Bachar al-Assad, la bête noire de ses dirigeants islamoconservateurs.

Les autorités turques ont posé comme préalable à leur participation la création d'une zone tampon et d'une zone d'interdiction aérienne dans le nord de la Syrie, l'entraînement et l'armement des rebelles de l'opposition syrienne modérée et la réaffirmation de l'objectif de renverser l'actuel régime de Damas.

Les Kurdes ont dénoncé ces derniers jours la passivité turque face à la situation à Kobané, troisième ville kurde de Syrie, et des émeutes pro-Kurdes ont fait plus de 30 morts en Turquie.

Revers dans l'ouest de l'Irak 

Kobané devrait être au centre mardi d'une réunion à Washington des chefs militaires de 21 pays de la coalition anti-jihadiste, près de trois mois après le déclenchement de la campagne aérienne en Irak et près de trois semaines après le début des raids sur la Syrie.

En Irak, les États-Unis sont préoccupés par la situation dans la province occidentale d'Al Anbar, à majorité sunnite, où les forces irakiennes ont subi une série de revers face aux djihadistes.

Le dernier retrait de l'armée est survenu dimanche lorsque 300 soldats ont abandonné le camp qu'ils occupaient près de la ville de Hit pour se replier sur la base aérienne d'Asad, où d'autres forces sont terrées en plein désert.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a admis dimanche que du temps serait nécessaire pour «reconstruire le moral et la capacité de l'armée irakienne». Mais «au final, ce sont les Irakiens à Al Anbar qui devront se battre pour Al Anbar» et ce sont les «Irakiens qui devront reprendre l'Irak» aux djihadistes.

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