Le Canada s'engage militairement contre l'État islamique

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Ottawa

Le Canada est officiellement engagé dans la lutte militaire contre le groupe armé État islamique (ÉI). La mission de combat souhaitée par le gouvernement a été entérinée par un vote de 157 contre 134, mardi soir à la Chambre des communes.

Le gouvernement s'attend à ce que «la mission débute d'ici environ trois semaines», a indiqué Carl Vallée, l'attaché de presse du premier ministre Stephen Harper.

Les nouvelles troupes des Forces armées se joindront à une équipe d'éclaireurs qui est déjà sur place «pour organiser la logistique avec nos partenaires alliés de la coalition», a précisé M. Vallée.

L'issue du vote de mardi soir était déjà scellée puisque le Parti conservateur dispose d'une majorité en Chambre.

À l'issue de la mise aux voix, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, s'est désolé que «les conservateurs entraînent le Canada dans une guerre improvisée prolongée sans avoir de plan crédible pour aider les victimes» du groupe armé.

Quelques heures auparavant, il promettait que ses troupes aux Communes continueraient à talonner sans ménagement le gouvernement de Stephen Harper.

«Nous on ne baisse pas des bras face aux conservateurs», a-t-il fait valoir en point de presse à l'issue de la période des questions, mardi après-midi.

«Ils (les conservateurs) refusent de donner des réponses (sur la mission), que ce soit sur les dépenses gouvernementales ou le nombre de personnes. (...) Mais ça ne nous empêchera pas de continuer à demander des comptes», a poursuivi M. Mulcair.

Les deux partis d'opposition avaient réitéré vendredi que tous leurs députés voteraient contre la motion des conservateurs.

Au cours des dernières semaines, libéraux comme néo-démocrates ont reproché au gouvernement d'avoir manqué de transparence concernant la mission de combat.

Selon les deux formations, Ottawa devrait axer son intervention davantage sur le volet humanitaire que sur les bombardements aériens.

«Je ne trouve pas que c'est le bon rôle pour le Canada, et c'est pour ça que nous que votons contre ce soir. (...) Il y a bien des différentes façons d'aider», a indiqué le chef libéral Justin Trudeau en point de presse mardi après-midi.

Il estime en outre que le plan de la coalition menée par les États-Unis demeure nébuleux.

«L'argumentaire n'a pas été fait» pour justifier le principe des frappes aériennes, a-t-il laissé tomber, disant ne pas vouloir pour autant «questionner (les) alliés (du Canada)».

Ottawa compte déployer jusqu'à six chasseurs CF-18, un appareil de ravitaillement, deux aéronefs de surveillance et environ 600 membres des Forces armées pour une période pouvant aller jusqu'à six mois.

L'opération militaire se mettra en branle alors que la situation semble vouloir se complexifier encore davantage sur le terrain, les combattants de l'organisation radicale étant aux portes de la Turquie.

Et selon certains observateurs, la Turquie l'un des 28 pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) pourrait demander l'aide de ses alliés en invoquant l'article 5 du Traité de Washington.

En vertu de cet article, «les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles (...) sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties» et chacune d'elles «assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt (...) telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée».

Le chef du NPD a affirmé à plusieurs reprises pour justifier le refus de cautionner la mission de combat canadienne qu'il n'était pas dans les valeurs de sa formation de soutenir des missions ne se déroulant pas sous l'égide de l'OTAN ou des Nations unies.

Mardi, il a refusé de dire s'il soutiendrait une possible mission de l'OTAN. «C'est purement hypothétique», a-t-il tranché.

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a signalé que cela pourrait changer la donne.

Dans un tel cas, «il nous faudra avoir encore bien d'autres discussions sur le façon dont le Canada devrait contribuer», a-t-il affirmé.

Bâillon aux Communes

Malgré les objections des députés d'opposition, le gouvernement conservateur a coupé court au débat sur la motion proposant de déployer des avions de chasse CF-18 pour combattre l'ÉI.

Selon le bureau du chef parlementaire du gouvernement à la Chambre des communes, Peter Van Loan, la motion a donné lieu à 12 heures de débats impliquant 44 orateurs.

Mais la porte-parole libérale en matière de Défense, Joyce Murray, affirme que bon nombre de députés de l'opposition sont d'avis qu'ils n'ont pas eu le temps de faire valoir leur point de vue et elle accuse le gouvernement d'utiliser des tactiques visant à diviser les élus.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, souligne qu'il y a eu un débat d'urgence aux Communes avant celui sur la motion et que le NPD et le Parti libéral peuvent aussi interroger le gouvernement sur la mission lors de la période de questions.

Il a déclaré que le gouvernement était aux prises avec «l'opposition la plus déraisonnable que le pays ait jamais connue».

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