Québecor ou le PQ, la pression monte pour PKP

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Le chef de la CAQ, François Legault, lors de la période de question à l'Assemblée nationale, mardi

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La Coalition avenir Québec veut amender le Code d'éthique pour tenir compte du cas Pierre Karl Péladeau. Aucun député ne devrait être en position de commande sur un média, comme M. Péladeau, l'actionnaire de contrôle de Québecor, réclame la CAQ.

Avant même que le bâtisseur de l'empire médiatique n'ait décidé s'il sera sur les rangs pour succéder à Pauline Marois, les trois formations rivales du PQ se sont liguées, mardi, pour dénoncer le fait que le député de Saint-Jérôme rejette l'idée de vendre ses parts dans l'entreprise afin de poursuivre sa carrière politique.

Le leader caquiste François Legault a annoncé qu'il déposera, mercredi, une motion pour resserrer les règles sur les conflits d'intérêts, resserrement qui vise implicitement le péquiste. Les libéraux de Philippe Couillard pourraient l'appuyer. Québec solidaire le fera.

La résolution de la CAQ stipule que les règles d'éthique à l'Assemblée nationale doivent «prévoir qu'un député, ou un membre de sa famille immédiate, ne puisse d'aucune façon détenir directement ou indirectement la majorité des actions ou une position de contrôle dans une entreprise médiatique».

En point de presse, M. Legault a plaidé «qu'il y a clairement un conflit d'intérêts potentiel. Il y a clairement un danger que le pouvoir et l'indépendance médiatiques ne soient pas capables de se distinguer du pouvoir politique». Il a dit tenir le même raisonnement que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec : faire confiance aux journalistes, mais protéger leur indépendance.

Après avoir conversé avec le commissaire à l'éthique Jacques St-Laurent, il en a conclu que «le cas de M. Péladeau n'avait pas été prévu dans le code d'éthique. Pour séparer l'influence des médias et le pouvoir politique, il faut un mur de feu.

«Une fiducie sans droit de regard ne réglerait pas le problème, puisque M. Péladeau conserverait sa position de contrôle dans Québecor.» Par ailleurs, conserver Québecor entre les mains québécoises n'est pas un problème, selon le caquiste.

Il s'est défendu de viser nommément Pierre Karl Péladeau. La motion ne ferait qu'élargir les balises éthiques de tous les élus. Il a donné l'exemple de son député François Bonnardel. «S'il achetait La Voix de l'Est, demain matin, je pense que la question [d'une influence indue sur le quotidien] se poserait.»

L'endossement de Québec solidaire à la proposition de la Coalition avenir Québec est acquis. La porte-parole de la petite aile parlementaire - trois élus - a indiqué que «nous allons l'appuyer avec conviction et cohérence. Pas besoin d'une ligne de parti», a fait savoir avec humour Stéphanie Guévremont.

Les libéraux dénoncent

Le caucus libéral tranchera, ce matin, sur la possibilité d'endosser la motion déposée par la CAQ, a annoncé le premier ministre Couillard, à sa sortie du Salon bleu.

Plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement fait savoir aux médias qu'il a un «seul avis à donner» au PQ pour juger du «cas Péladeau». C'est «d'utiliser le même critère [que] pour leurs adversaires politiques. Comment réagiraient-ils si un chef de parti adversaire pour eux détenait une part importante dans un grand groupe de presse?»

Il a cité, mais sans le nommer, le cas de David Whissell. En 2011, il avait été contraint de démissionner du cabinet et du gouvernement de Jean Charest, sous les attaques du PQ qui le jugeait en conflit d'intérêts, étant ministre et propriétaire d'une compagnie d'asphalte.

M. Whissell, comme M. Péladeau, avait invoqué qu'il s'agissait d'une entreprise familiale. «Si les critères existaient pour critiquer, les mêmes critères doivent être appliqués maintenant par le Parti québécois», a décrété M. Couillard.

Plusieurs ministres se sont fait un devoir de commenter, tout en soulignant le fait que Pierre Karl Péladeau n'est pas encore candidat à la succession de Pauline Marois. «Sa situation est très particulière, a laissé tomber le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Il est propriétaire d'un empire de presse. Le conflit d'intérêts est très clair.»

Pierre Arcand, ministre des Ressources naturelles, n'a pas manqué de rappeler sa propre expérience lorsqu'il a quitté la présidence de la chaîne radiophonique Corus pour aller en politique, en 2007. «J'étais un petit actionnaire qui n'avait aucun contrat avec le gouvernement du Québec. À l'époque, le Parti québécois avait poussé de grands cris pour dire qu'il fallait autrement que je vende mes actions.»

La polémique sur la propriété de Québecor a ressurgi lors d'un congrès du Parti québécois. Le député péquiste Jean-François Lisée a confronté son collègue de Saint-Jérôme en exigeant que le baron de la presse choisisse entre la politique et son empire médiatique. La motion que présente la CAQ fera l'objet d'un vote libre, a confirmé le PQ.

Pierre Karl Péladeau s'est fait avare de commentaires,... (La Presse Canadienne) - image 2.0

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Pierre Karl Péladeau s'est fait avare de commentaires, à son arrivée au parlement, mardi. 

La Presse Canadienne

Pas un mot de plus de Péladeau

Le principal intéressé s'est fait avare de commentaires, à son arrivée au parlement, mardi. «Chacun a son opinion, j'ai la mienne, je l'ai fait connaître», a laissé tomber Pierre Karl Péladeau, samedi, au congrès du PQ à Sherbrooke, où il a opposé un refus catégorique à la suggestion de vendre l'entreprise que lui a léguée son père. 

Le chef par intérim de l'opposition péquiste s'est moqué des libéraux. «Sur les questions éthiques, ce ne sont pas les gens les plus crédibles», a commenté Stéphane Bédard.

Il a plaidé que l'indépendance des journalistes n'est nullement menacée par ceux qui sont les propriétaires, quel que soit le média. Il a donné l'exemple de Radio-Canada, une société propriétaire, non pas d'actionnaires, mais «du gouvernement du Canada. Et je suis souverainiste. Je crois à l'indépendance des journalistes et je n'ai jamais remis en cause le travail des journalistes». 

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