Course à la direction du PQ: Lisée et PKP croisent le fer

Jean-François Lisée (au centre), un des candidats possibles... (Photothèque Le Soleil)

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Jean-François Lisée (au centre), un des candidats possibles à la direction du PQ, considère qu'être propriétaire d'un empire médiatique est incompatible avec le métier de politicien.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Sherbrooke) La course à la succession de Pauline Marois est officieusement ouverte. Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau ont croisé le fer au congrès devant arrêter les règles de la course à la chefferie du PQ.

À la Conférence nationale des présidents et présidentes du Parti québécois, tenue samedi à Sherbrooke, Jean-François Lisée en a remis à propos de sa sortie où il a réclamé que Pierre Karl Péladeau se départisse de ses actions contrôlant Québecor, s'il aspire à être chef. Ce dernier a répliqué qu'il n'en est pas question.

Les deux hommes se sont échangé une poignée de main sans conviction devant les médias qui suivent les travaux. Leur point de vue est irréconciliable sur l'actionnariat de contrôle que détient le chef d'entreprise Péladeau.

M. Lisée a été le premier à se pointer devant les journalistes. «Avec moi, il n'y a pas de langue de bois. Quand on me demande s'il est normal que le chef du Parti québécois contrôle le principal média au Québec, ma réponse est non!» a-t-il lancé d'un trait.

Le député de Rosemont a déploré que M. Péladeau ne réalise pas, en refusant de se départir de ses actions, qu'il représente «une véritable bombe à retardement» pour la formation que tous deux envisagent de diriger. M. Lisée s'est dit conscient qu'il n'exprime pas une opinion partagée par la majorité des militants. Mais il en fait une affaire de conscience et de principe. «Quelqu'un doit avoir le cran de le regarder dans les yeux et dire "Pierre Karl, ça ne marche pas, ça n'a pas de bon sens".»

Son adversaire putatif ne viole pas les règles sur l'éthique, a reconnu Jean-François Lisée. Mais la législation «devrait être changée pour éviter les apparences de conflit d'intérêts». Un journaliste lui a demandé s'il ne s'agit pas d'une attaque personnelle. «M. Péladeau possède personnellement Québecor», a rétorqué Jean-François Lisée.

Fin de non-recevoir de Péladeau

Pierre Karl Péladeau a balayé du revers de la main la proposition de son collègue. «Je n'ai pas l'intention de vendre les actions que mon père m'a léguées [...] un grand bâtisseur» qui a permis au Québec de «prendre sa place au niveau économique. Cela irait à l'encontre de mes convictions.»

Le député de Saint-Jérôme a accueilli avec amusement l'accusation d'être une «bombe à retardement» pour le PQ. «Il a toujours eu des propos illustrés», a-t-il dit de M. Lisée. «C'est sa carrière de journaliste qui l'amène à ça.» À son avis, la question des actions «s'est réglée pendant la dernière campagne électorale» lorsqu'il a remporté la circonscription de Saint-Jérôme.

Pascal Bérubé s'est porté le premier à la défense de M. Péladeau. L'élu représentant Matane lui a officiellement donné son appui, cette semaine. Il a refusé de dire s'il a un malaise à ce que Pierre Karl Péladeau conserve son poste d'actionnaire de contrôle.

Il a insisté surtout sur ceci qu'il faut se demander pourquoi M. Lisée a choisi de lancer ses critiques en plein congrès. «Je suis déçu. Les militants n'apprécient clairement pas ces réflexions qui auraient pu se faire en privé.»

Les candidats putatifs à la succession de Pauline Marois n'ont pas voulu alimenter la controverse. Martine Ouellet et Bernard Drainville ont refusé de commenter l'affaire. Nicolas Marceau, qui lui aussi réfléchit à poser sa candidature, n'a pas voulu s'en mêler, renvoyant M. Péladeau à son bon jugement sur l'éthique. Alexandre Cloutier, lui, s'est dit parfaitement à l'aise avec la présente situation, tout en faisant confiance également à l'évaluation que fera M. Péladeau, pour l'avenir.

Associés au SPQ-Libre et à l'aile plus à gauche du PQ, Marc Laviolette et Pierre Dubuc n'ont rien trouvé à redire sur les actions que possède le bâtisseur de Québecor. Il y a un code d'éthique, M. Péladeau le respecte et la discussion a «le don de nous faire parler sur autre chose que le fond», a commenté M. Laviolette.

M. Dubuc a traité comme une distraction le débat soulevé par M. Lisée. Pour l'instant, il accorde peu de crédibilité à l'enquête d'opinion qui a accordé un appui de 53 % des partisans du PQ à M. Péladeau.

Il n'y a que Pierre Céré, ex-candidat dans Laurier-Dorion pendant la dernière course électorale, qui s'est arrêté devant les micros pour exprimer son accord avec la position défendue par Jean-François Lisée. «Que ça fasse partie du débat, c'est normal.»

Combat de tweets au PQ

L'attaque lancée par Jean-François Lisée à l'endroit de Pierre Karl Péladeau à propos des actions de contrôle dans Québecor a dégénéré en combat de tweets avec... Pascal Bérubé. Celui-ci a déploré que M. Lisée ait choisi d'aller sur la place publique. Réplique du député d'Outremont, sur Twitter, avec le mot-clic «Avoir-des-principes-non-élastiques». «Si [Jean] Charest, chef du PLQ, avait été propriétaire de La Presse, l'aurais-tu défendu» ? Dans les minutes qui ont suivi, M. Bérubé a rappliqué sur Twitter : «tu peux venir me serrer la main», allusion à la poignée de main que MM. Péladeau et Lisée ont échangée furtivement, sur le parquet. «Si tu veux», a relancé Jean-François Lisée. À l'extérieur de la salle, Pascal Bérubé a dit qu'il attend toujours la poignée de main. «Il est en train de s'enliser», a ironisé le député de Matane. «Et je n'en dirai pas plus.»

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