PQ: sept chefs, deux courses, un parti turbulent

  • René Lévesque au débat des chefs en 1978 (Archives Le Soleil)

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    René Lévesque au débat des chefs en 1978

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  • Pierre Marc Johnson en 1985 (Achives Le Soleil)

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    Pierre Marc Johnson en 1985

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  • Jacques Parizeau célèbre avec Guy Chevrette sa nomination à la tête du PQ en 1988. (Achives Le Soleil)

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    Jacques Parizeau célèbre avec Guy Chevrette sa nomination à la tête du PQ en 1988.

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  • Lucien Bouchard embrasse sa femme Audrey lorsqu'il devient chef en 1996. (Achives Le Soleil)

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    Lucien Bouchard embrasse sa femme Audrey lorsqu'il devient chef en 1996.

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  • Bernard Landry annonce sa candidature à la direction du parti en 2001. (Achives Le Soleil)

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    Bernard Landry annonce sa candidature à la direction du parti en 2001.

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  • Élection d'André Boisclair en 2005 (Achives Le Soleil)

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    Élection d'André Boisclair en 2005

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  • Pauline Marois se porte candidate à la chefferie en 2007. (Achives Le Soleil)

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    Pauline Marois se porte candidate à la chefferie en 2007.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le Parti québécois amorce, aujourd'hui, à Sherbrooke, le processus pour redonner un chef à un parti réputé turbulent. Depuis sa naissance, il y a bientôt 46 ans, le PQ n'aura été dirigé que par sept personnes. Du nombre, seulement deux ont subi l'épreuve du feu d'une course à la chefferie. 

Survol rapide du règne des leaders, avec la date de leur arrivée à la barre, qui ont pris le relais de René Lévesque, «saint René» pour les militants qui participent aux congrès de la formation souverainiste - et qui n'avaient pas hésité à le chasser, en 1985.

L'affirmation nationale

29 septembre 1985 : la première campagne à la chefferie commence en juillet 1985 pour se terminer le 29 septembre. Pierre Marc Johnson l'emporte au premier tour sur cinq adversaires, dont une jeune femme que tout promet à un brillant avenir politique, Pauline Marois. Un autre élu, qui deviendra chef, Bernard Landry, se désiste en cours de route.

Le Parti québécois (PQ) sort alors d'une crise douloureuse. Avant de céder sa place, après le rapatriement de la Constitution sans l'accord du Québec, en 1982, René Lévesque engage ses troupes dans le «beau risque». En 1984, le premier ministre canadien conservateur Brian Mulroney promet de réintégrer le Québec dans la Constitution canadienne «dans l'honneur et l'enthousiasme». Des poids lourds péquistes claquent la porte, y compris Jacques Parizeau.

Ce contexte règne lorsque Pierre Marc Johnson devient chef. Il met de l'avant «l'affirmation nationale», concept proche du «beau risque». La souveraineté est mise en veilleuse. La révolte couve. M. Johnson est «pustché» par les mécontents, en 1987. Il a dirigé le PQ au scrutin de décembre 1985.

1985 : 

PQ, 38,69 %, 23 députés; 

PLQ, 55,99 %, 99 députés.

Fin du beau risque

19 mars 1988 : Jacques Parizeau succède sans coup férir à Pierre Marc Johnson. Faute d'adversaires, il se livrera à un «striptease intellectuel» pour dévoiler, au fil des semaines, ses idées fortes.

Feu, le beau risque et l'affirmation nationale. M. Parizeau remet la souveraineté à l'avant-scène. Il prend le pouvoir en 1994. Un an plus tard, il connaît la défaite au second plébiscite sur la souveraineté du Québec. Un échec crève-coeur, par moins d'un point de pourcentage du vote. Et une phrase qui le hantera : les souverainistes ont perdu «par quoi? Par l'argent, puis des votes ethniques, essentiellement». Dès le lendemain, M. Parizeau démissionne comme chef du PQ et premier ministre. Deux élections ont lieu, sous sa gouverne, en 1989 et en 1994.

1989 : 

PQ, 44,75 %, 29 élus; 

PLQ, 44,40 %, 92 élus; 

Parti égalité, 3,69 %, 4 élus.

1994 : 

PQ, 40,16 %, 77 députés; 

PLQ, 49,95 %, 47 élus; 

ADQ, 6,46 %, 1 élu.

Le Messie

27 janvier 1996 : Au départ de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard est pressé par les péquistes de quitter Ottawa, où il a fondé et dirigé le Bloc québécois, pour aller à Québec. Il ne tarde pas à avoir maille à partir avec l'aile radicale de la formation souverainiste. Son refus de lancer une nouvelle consultation populaire sur l'indépendance tant que «les conditions gagnantes» ne seront pas réunies attisera les tensions.

Jugeant que le Québec court au désastre s'il n'assainit pas ses finances, il engage les Québécois vers le «déficit zéro». Sous sa gouverne, le PQ forme un gouvernement majoritaire, mais en récoltant moins de voix que le Parti libéral du Québec de Jean Charest.

1998 : 

PQ, 42,87 %, 76 élus; 

PLQ, 43,55 %, 48 élus; 

ADQ, 11,81%, 1 élu.

La fausse course

2 mars 2001 : Bernard Landry devient chef, au terme d'une course à la direction qui avorte. Trois élus ont entrepris des préparatifs pour lui succéder, soit M. Landry, François Legault et Pauline Marois. Celle-ci propose à M. Legault de s'allier. Le candidat putatif se désiste, joint le clan Landry et obtient une durable inimitié avec Mme Marois.

Premier ministre non élu de 2001 à 2003, Bernard Landry verra la cote de popularité de l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont continuer à grimper. L'Action démocratique du Québec ne réussit cependant qu'à faire élire quatre députés, en 2003. Le PLQ renvoie le PQ dans l'opposition. Les militants règlent le sort de M. Landry : il tire sa révérence, en 2005, à la suite du résultat trop faible du vote de confiance des membres.

2003 : 

PQ, 33,24 %, 45 élus; 

PLQ, 45,99 %, 76 élus; 

ADQ, 18,18 %, 4 élus.

Neuf à se battre et à débattre

15 novembre 2005 : La seconde course dans l'histoire du PQ met devant les micros neuf candidats, dont Pauline Marois, de nouveau. André Boisclair récolte plus de la moitié des voix. Le chef s'installe à son poste dans la controverse sur sa consommation passée de cocaïne.

La controverse le suivra pendant la campagne électorale. Le scrutin se conclut sur un désastre pour le Parti québécois. Il chute derrière l'ADQ pour constituer la deuxième opposition. Le libéral Jean Charest hérite d'un premier gouvernement minoritaire en plus d'un siècle. Un mois après la défaite électorale, André Boisclair quitte la vie politique.

2007 : 

PQ, 28,35 %, 36 élus; 

PLQ, 33,08 %, 48 élus; 

ADQ, 30,85 %, 41 élus.

Contre vents et marées

26 juin 2007 : À sa troisième tentative, Pauline Marois se hisse à la tête du PQ. Elle n'a pas à affronter d'adversaire pour la chefferie. Si ce n'est le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, qui ne sera candidat que pendant 24 heures. Il retraite à Ottawa lorsque l'expérimentée politicienne se déclare officiellement sur les rangs.

Pauline Marois perd le scrutin de 2008, mais redonne à sa formation le rôle d'opposition officielle, chauffe le libéral Jean Charest et renvoie l'ADQ à une place marginale en chambre. 

Elle ne sera pas épargnée par les crises. En 2011, trois de ses députés claquent la porte, sur l'appui de l'aile parlementaire péquiste au projet de nouvel amphithéâtre. Un quatrième part, Jean-Martin Aussant, sur la question de l'indépendance.

En 2012, devant un gouvernement libéral contesté, accusé de corruption et visé par d'incessantes manifestations sur les droits de scolarité, elle ne parvient qu'à un gouvernement minoritaire. Au printemps 2014, elle lance le Québec en élections et mène une campagne sévèrement critiquée à l'interne. Le 7 avril, le PQ récolte le plus faible pourcentage de suffrages depuis 1976. Battue dans Charlevoix, Pauline Marois s'éclipse.

2008 : 

PQ, 35,17 %, 51 élus; 

PLQ, 42,08 %, 66 élus; 

ADQ, 16,37 %, 7 élus; 

QS, 3,78 %, 1 élu.

2012 : 

PQ, 31,95 %, 54 élus; 

PLQ, 31,20 %, 50 élus; 

CAQ, 27,05 %, 19 élus; 

QS, 6,03 %,2 élus.

2014 : 

PQ, 25,38 %, 30 élus; 

PLQ, 41,52 %, 70 élus; 

CAQ, 23,05 %, 22 élus; 

QS, 7,63 %,3 élus.

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