Communauté huronne-wendat: chasse hâtive pour protester

Le grand chef Konrad Sioui affirme que les... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le grand chef Konrad Sioui affirme que les Hurons-Wendat sont «extrêmement affectés» par la présence des Innus dans les mêmes zones de chasse.

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(Québec) Si les Hurons-Wendat ont devancé leur saison de chasse à l'orignal dans la réserve faunique des Laurentides, se mêlant aux «Blancs» ayant réservé des forfaits, c'est parce qu'ils sont de plus en plus nombreux à vouloir chasser. Mais c'est aussi pour protester contre les frontières négociées du Nitassinan, le territoire de leurs voisins innus qui, estiment-ils, empiète sur le leur.

Le grand chef Konrad Sioui a convoqué Le Soleil, jeudi, pour faire le point sur la première semaine de chasse de ses compatriotes. Cette année, les Hurons-Wendat ont pris d'assaut «le parc» une semaine plus tôt qu'à l'habitude. Ils étaient dans la forêt dès le 25 septembre alors qu'ils ont l'habitude de s'y pointer le 1er octobre pour deux semaines de chasse exclusive.

M. Sioui dit que cela fait au moins deux ans que sa nation réclame une troisième semaine de chasse, car il y a de plus en plus d'adeptes dans sa communauté. Leur nombre est passé de 50 à environ 125 groupes de chasseurs en quelques années. Ce n'est pas seulement le signe d'un retour aux sources, mais l'effet d'un accroissement du nombre d'autochtones inscrits après la reconnaissance des droits des enfants de femmes autochtones mariées à des non-autochtones, explique le grand chef.

Après la saison de chasse 2013, les Hurons-Wendat ont décidé unilatéralement de devancer la saison d'une semaine et en ont informé aussitôt le gouvernement du Québec, qui a refusé l'idée. La Société des établissements de plein air du Québec a procédé cet hiver au tirage au sort des zones de chasse comme à l'habitude, si bien que des chasseurs blancs ont côtoyé les autochtones au cours de la dernière semaine.

Les deux parties craignaient des affrontements sur le terrain, mais aucun incident grave n'a été rapporté malgré quelques escarmouches.

En entrevue, Konrad Sioui ne cache pas que la nouvelle orientation a aussi un lien avec la présence des Innus dans la réserve faunique des Laurentides.

Depuis 2004, année où les gouvernements du Canada et du Québec ont ratifié l'Entente de principe d'ordre général (EPOG) avec une partie des Innus, dont ceux de Mashteuiatsh, ceux-ci chassent dans les mêmes zones, et des conflits éclatent. Les deux communautés affirment qu'il s'agit de leur territoire ancestral et entendent l'occuper.

«On est extrêmement affectés», soupire M. Sioui. Il aurait voulu répéter l'accord de bon voisinage conclu en 2012 grâce à l'intervention de la juge et médiatrice Louise Otis, qui départageait le territoire en deux, mais le chef de Mashteuiatsh n'est plus intéressé.

Au-delà de la chasse, M. Sioui est en guerre contre l'EPOG, qui accorde un énorme territoire aux Innus. Une demande de contrôle judiciaire a d'ailleurs été plaidée fin mai devant la Cour fédérale. Elle conteste la conclusion de l'entente avec les Innus et surtout l'empiétement sur le Nionwentsïo, terre ancestrale des Hurons-Wendat qui comprend la capitale. Le jugement est attendu incessamment.

Le grand chef sonne l'alarme en parallèle, craignant une signature officielle de l'entente d'ici la fin de l'année. Il se présente comme un allié des maires et des préfets de MRC qui s'inquiètent de l'éventuel agrandissement des communautés autochtones, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Au bureau du ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, on assure qu'il n'y a pas de date arrêtée pour ratifier l'entente avec les Innus. Kimberly Labar, attachée de presse, indique simplement que les négociations se poursuivent et ne peut dire si le territoire fait partie des points à l'ordre du jour. Quant au territoire de chasse, «on est conscients qu'il y a des chevauchements et on invite les communautés à discuter ensemble», poursuit-elle.

Menaces sur le Web

La Sûreté du Québec (SQ) a semoncé un individu qui aurait proféré des menaces contre les Hurons-Wendat sur le Web, en lien avec les nouvelles dates de la saison de chasse à l'orignal.

Richard Gagné, de la SQ, a confirmé au Soleil qu'une plainte avait été déposée pour des propos menaçants publiés dans Internet, propos qu'il ne tient pas à répéter publiquement. L'auteur présumé a été retrouvé et interrogé par les policiers. Son profil a été aussitôt retiré.

«C'était vraiment pas gentil, pas poli, épeurant, mais pas criminel pour autant», a résumé jeudi M. Gagné, précisant que les menaces étaient diffuses et ne ciblaient pas une personne en particulier. Les policiers gardent un oeil sur le suspect.

Quelques accrochages verbaux seraient aussi survenus dans le bois au cours de la dernière semaine. Une Huronne-Wendat aurait notamment rencontré des chasseurs qui auraient vidé leur chargeur devant elle pour l'intimider.

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