Compressions: les gestionnaires doivent obéir, prévient Coiteux

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«Les gestionnaires n'ont pas l'option de ne pas respecter ce que le gouvernement veut faire: c'est-à-dire de ramener l'équilibre budgétaire de façon responsable en préservant les services directs à la population», insiste Martin Coiteux.

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(Québec) Des cadres et des administrateurs des secteurs public et parapublic québécois cherchent à rendre l'exercice de compressions intolérable aux yeux des citoyens afin de se protéger eux-mêmes et défendre leurs structures, accuse-t-on au sein du gouvernement de Philippe Couillard. «Ça ne sera pas toléré», prévient le président du Conseil du trésor.

«Il y a visiblement des gens qui actuellement ne veulent pas faire les compressions là où cela leur ferait mal, parfois à eux-mêmes, dans l'administration, dans certaines choses», dit constater Martin Coiteux. Ces gestionnaires, dénonce-t-il, «préfèrent aller du côté des choses qui ne les touchent pas directement et qui font lever des pierres politiques».

Lui et d'autres membres du gouvernement en ont assez de certaines décisions prises dans les réseaux de la santé et de l'éducation. Celle de couper dans l'aide aux devoirs, par exemple, ou encore celle concernant l'allocation de 4,30$ par jour touchée par des personnes handicapées intellectuelles.

Les ministres de la Santé et de l'Éducation ont dû donner des directives pour corriger ces décisions prises par des administrations intermédiaires, insiste Martin Coiteux.

«Les gestionnaires n'ont pas l'option de ne pas respecter ce que le gouvernement veut faire: c'est-à-dire de ramener l'équilibre budgétaire de façon responsable en préservant les services directs à la population, et en particulier en s'assurant que les personnes les plus vulnérables de notre société ne soient d'aucune manière touchées par l'exercice de retour à l'équilibre budgétaire.»

Le fait de certains

«On a des pouvoirs», fait comprendre le grand argentier de l'État. Déjà, le projet de loi «modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales» est «un moyen très très direct de prendre le contrôle dans le secteur de la santé au bénéfice des patients», illustre-t-il.

Pour la suite des choses, «si le gouvernement a besoin de davantage de pouvoirs pour s'assurer que les choses soient faites, on va le faire». M. Coiteux laisse entendre que les mesures à venir pourraient aller au-delà de l'abolition des Agences de la santé et de la révision de la «gouvernance des commissions scolaires».

Il a pris soin de ne pas mettre tout le monde dans le même sac. «Il y a de la résistance, mais elle n'est pas le fait de la majorité des cadres, gestionnaires et administrateurs.»

Posture médiatique

Accuser certains gestionnaires des secteurs public et parapublic de détourner les objectifs du gouvernement n'est rien d'autre qu'une posture médiatique pour mettre l'opinion publique de son côté, croit-on au Parti québécois. L'équipe au pouvoir ne peut se défausser sur les autres, dit-on.

À titre d'exemple, les députés Alexandre Cloutier et Carole Poirier indiquent que l'annulation d'une campagne de sensibilisation visant à lutter contre l'homophobie découle d'une décision prise directement par le gouvernement. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, préfère parler d'un report plutôt que d'une annulation.

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