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Le régime de retraite des députés doit être revu, soutient Couillard

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Philippe Couillard soutient que les élus doivent donner l'exemple en matière de régimes de retraite.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard soutient que le régime de retraite des élus de l'Assemblée nationale doit être revu.

C'est ce qu'il affirme dans une entrevue exclusive accordée au Soleil. «Il faut être cohérent, postule-t-il. Si l'on demande des redressements aux régimes de retraite municipaux, il faut également qu'on fasse les efforts maximums pour rendre ça applicable au régime de retraite des élus du gouvernement du Québec.» Ces derniers doivent donner l'exemple, dit-il.

Philippe Couillard est le premier chef de parti à accorder son appui explicite au rapport du comité présidé par l'ex-juge de la Cour suprême, Claire L'Heureux-Dubé.

En présentant ses recommandations en novembre dernier, le groupe avait comparé le régime de retraite des 125 élus de l'Assemblée nationale à une «Ferrari». Il déplorait le fait que leurs cotisations ne représentent qu'environ 21 % du coût total de leur régime.

Une «approche globale»

La proposition d'accroître leur contribution et celle de rendre leurs rentes moins généreuses s'inscrivent dans un tout, souligne toutefois le chef du gouvernement québécois. C'est ainsi - dans une «approche globale» - qu'il faut appréhender le dossier, insiste-t-il.

«Tout ça ne se règle pas à la pièce. Ça prend une approche globale pour l'ensemble des conditions de travail des élus. Ce qui est intéressant avec ce rapport, c'est qu'en termes de coûts nets pour les contribuables, c'est à coûts nuls.»

Philippe Couillard détaille lui-même les grandes lignes du document : «On diminue la partie non imposée des rémunérations; on retire des possibilités de primes de séparation en cours de mandat; on modifie le régime de retraite - avec une augmentation de la rémunération de base.»

Le comité recommandait de faire passer le salaire annuel de base des 125 députés québécois de 88 186 $ à 136 000 $. C'est la partie délicate du dossier - celle pour laquelle les partis ont manié le rapport avec des pincettes jusqu'ici.

Philippe Couillard invite aujourd'hui le Bureau de l'Assemblée nationale, le conseil d'administration de l'institution, à se saisir du document.

Un «déséquilibre structurel» à régler au plus vite

La commission sur la fiscalité doit produire ses premières recommandations au début de l'automne. Certaines pourraient être mises en vigueur dès l'exercice de mise à jour économique et financière de novembre, soit plusieurs mois avant la présentation du budget 2015-2016 de l'État québécois.

«Ce n'est pas exclu, indique le chef du gouvernement. On va voir la nature des recommandations. Si le comité nous dit : "Voici quelque chose que vous pourriez faire tout de suite", on n'attendra pas un budget.»

«Il existe un intervalle de temps entre l'annonce d'une mesure fiscale et le rendement budgétaire qu'on anticipe, poursuit-il. Comme on veut établir l'équilibre budgétaire pour l'année 2015-2016, s'il y a des mesures qui peuvent être mises en place plus tôt, qu'elles le soient!»

Son gouvernement mise beaucoup sur les deux commissions spéciales lancées récemment pour parvenir à l'équilibre budgétaire en 2015-2016. Celle sur la fiscalité devra générer des épargnes de

650 millions $ pour l'État. Celle sur la révision permanente des programmes devra identifier pour 3,2 milliards $ d'économies.

Un devoir envers la prochaine génération

Le redressement des finances publiques du Québec constitue un «devoir fondamental envers la prochaine génération, répète M. Couillard. On ne peut plus laisser le Québec dans cet état de déséquilibre structurel.»

Il laisse entendre que «les trois grands ministères de l'État que sont la Santé, l'Éducation et la Famille» sont déjà sous la loupe de la Commission sur la révision permanente des programmes.

«S'il y a des structures qui doivent être changées de façon radicale, qu'elles le soient!» lance-t-il. Trop de ressources de l'État sont accaparées par l'administration et la bureaucratie, dit-il.

L'état actuel de l'économie mondiale inquiète Philippe Couillard, bien qu'il existe «quand même quelques signes d'espoir».

«On assiste à une lente récupération. L'économie se transforme. Les types d'emplois qui se créent ne sont plus les mêmes.»

«Classiquement, lorsque les États-Unis reprennent, le Canada a toujours repris de façon presque automatique. Il semble que cet automatisme ne soit plus aussi direct. Je pense que ça, c'est préoccupant.»

D'où la nécessité «de réformer les finances publiques du Québec de façon structurelle et de relancer l'économie sur de nouvelles bases avec des nouvelles façons de faire», récupère-t-il aussitôt.

Il note que l'inauguration de la mine de diamants Stornoway «fait partie du grand travail de redressement des finances publiques».

«Parce que d'une façon ou de l'autre, l'État... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 3.0

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«Parce que d'une façon ou de l'autre, l'État du Québec s'assurera que les fédérations médicales participent aux efforts», affirme Philippe Couillard.

Le Soleil, Yan Doublet

Une «main tendue» aux médecins

Philippe Couillard prévient les deux fédérations médicales québécoises que leurs membres n'échapperont pas à l'effort de redressement des finances publiques.

Devant le piétinement des négociations, il leur lance un appel pressant : «L'appel que je leur lance - et je dirais que c'est un appel de main tendue -, c'est de venir s'asseoir avec nous de façon à ce qu'on ait une entente sur l'étalement pour l'année en cours.»

«Parce que d'une façon ou de l'autre, enchaîne-t-il, l'État du Québec s'assurera que les fédérations médicales participent aux efforts.»

Même si le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s'est déjà avancé sur ce terrain, le premier ministre refuse de dire si son gouvernement recourra à une loi spéciale s'il ne parvient pas à s'entendre avec elles sur l'étalement dans le temps des nouvelles augmentations salariales prévues pour les médecins.

«Le message que j'envoie aux fédérations médicales est qu'il est dans leur intérêt d'avoir avec nous une entente satisfaisante reflétant leur participation aux efforts budgétaires que le Québec doit faire avant que la prochaine négociation ne débute vraiment.»

En disant cela, M. Couillard suggère que ce qu'il n'obtiendrait pas sous peu grâce à l'étalement serait récupéré dans la prochaine entente que les parties devront bientôt commencer à négocier.

Il refuse d'être plus explicite : «Cette question sera résolue d'une façon ou d'une autre. Je souhaite qu'elle le soit d'abord par une conclusion positive sur l'étalement. Ensuite, la prochaine négociation sera abordée dans un esprit plus positif.»

D'après une entente négociée sous le gouvernement de Jean Charest, les médecins spécialistes et généralistes sont censés profiter d'un relèvement salarial global de 540 millions $ cette année seulement. Il a été de 530 millions $ l'an dernier et il est prévu qu'il soit de 358 millions $ l'an prochain.

Les salaires des médecins ont bondi depuis cinq ans, surtout ceux des spécialistes.

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