La loi sur l'aide médicale à mourir est adoptée

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Le premier ministre Philippe Couillard

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(Québec) Après plus de quatre ans de travail, le Québec est devenu jeudi le premier endroit au pays à autoriser l'aide médicale à mourir. Dans un vote empreint d'émotions, auquel se sont opposés 22 députés libéraux, la Loi sur les soins de fin de vie a été adoptée à l'Assemblée nationale.

Chaque député a pu se lever en son âme et conscience puisque aucune «ligne de parti» n'a été imposée pour ce vote historique. Péquistes, caquistes et solidaires ont été unanimement en faveur. Au final, 94 députés ont voté pour et 22 contre. Il n'y a eu aucune abstention.

La mise en application de la loi ne pourra se faire avant plusieurs mois, puisqu'elle nécessite la modification de certaines règles.

De nombreux députés, dont le premier ministre Philippe Couillard, ont tenu à expliquer leur position avant l'adoption. Plusieurs ont évoqué leur foi, des expériences personnelles et intimes, souvent la voix nouée. Certains élus d'expérience ont confié vivre l'un des moments les plus marquants de leur carrière politique.

«Je vous demande de ne pas traiter cette question comme théorique ou abstraite, mais comme un moment réel que nous aurons tous à traverser», a déclaré M. Couillard, favorable à la loi.

Convictions interpellées

Rarement un projet de loi aura interpellé autant les convictions profondes des élus de l'Assemblée nationale. Le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, en a parlé comme du vote «le plus difficile» qu'il a dû faire. La ministre libérale Christine St-Pierre, qui a peiné à retenir ses larmes, a parlé d'un «jour triste». Elle avait la mine déconfite pendant le vote. Les médecins auront maintenant le pouvoir de «tuer», a-t-elle déploré en avant-midi.

La marraine du dossier, la députée péquiste de Joliette Véronique Hivon, s'est dite habitée par un «immense sentiment de gratitude» envers tous ceux qui ont participé aux travaux. «C'était tout un pari, mais on a bien fait de se faire confiance», a-t-elle affirmé. Mme Hivon a insisté sur l'encadrement et les «balises serrées» pour rassurer ceux qui craignent les «dérapages».

L'actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est présenté comme un «ardent défenseur» du projet de loi. Un sujet aussi délicat ne pouvait déboucher sur un vote unanime, a-t-il soulevé.

L'aide médicale à mourir se veut un prolongement des soins palliatifs pour les Québécois atteints d'une maladie incurable, condamnés, et dont on ne peut apaiser les souffrances. Avant de l'administrer, deux médecins devront s'assurer que la demande a été faite librement et en toute conscience par la personne mourante.

Née du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, dont les travaux se sont étendus sur deux ans, la loi est le résultat d'une rare collaboration non partisane entre partis politiques.

Le débat sur l'aide médicale à mourir divise aussi à la Chambre des communes, à Ottawa. Il y a deux semaines encore, le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a fait savoir que le gouvernement conservateur «est d'avis que les dispositions du Code criminel qui interdisent le suicide assisté et l'euthanasie servent à protéger» les personnes les plus vulnérables. L'an dernier, son prédécesseur a indiqué qu'il allait étudier les répercussions de la loi, laissant entendre qu'elle pourrait être contestée devant les tribunaux. Deux associations, Vivre dans la dignité et le Collectif des médecins contre l'euthanasie, envisagent aussi une contestation juridique.

Jeudi matin, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré que la loi ne contrevient pas à la Constitution canadienne, mais qu'il est «possible et probable» qu'elle soit contestée.

La Cour suprême du Canada a accepté, en début d'année, d'entendre un appel sur l'aide au suicide. Deux femmes atteintes de maladies incurables et progressives, Kay Carter et Gloria Taylor, s'attaquent à la constitutionnalité des dispositions du Code criminel qui l'interdisent.

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