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Bureau fantôme à Montréal pour André Boisclair

André Boisclair a été nommé le 4 décembre... (Photothèque Le Soleil)

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André Boisclair a été nommé le 4 décembre à la présidence du COMEX, dont le siège est situé à Québec. Il exerce ses fonctions à Montréal où l'organisme public ne possède toutefois aucun bureau.

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(Québec) Nommé le 4 décembre à la présidence du COMEX, André Boisclair n'a à peu près jamais mis les pieds au siège de l'organisme public, situé à Québec dans l'édifice Marie-Guyart.

Nul ne devrait s'en surprendre, puisque le décret confirmant sa nomination, publié dans la Gazette officielle du gouvernement québécois à la fin de l'année dernière, précise que l'ancien délégué général du Québec à New York fera entorse à cette obligation et exercera ses fonctions «au bureau du Comité à Montréal».

Or, le COMEX ne possède aucun bureau à Montréal! Il n'en existait pas avant la nomination d'André Boisclair et il n'en existe toujours pas, a appris Le Soleil.

Le COMEX est un comité d'examen environnemental qui exerce sa responsabilité sur le territoire de la baie James. Il est chargé de conseiller le ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

Recherches vaines

Pourquoi un document aussi solennel que la Gazette officielle indique-t-il qu'André Boisclair travaille «au bureau du Comité à Montréal»?

M. Boisclair ne voulait pas travailler dans la capitale - au siège de l'organisme, donc - et les responsables gouvernementaux pouvaient difficilement écrire qu'il travaillerait à son domicile ou qu'il faudrait créer un bureau de toutes pièces dans la métropole, avec les coûts supplémentaires que cela suppose. C'est l'explication fournie par une source au fait du dossier.

Lundi, un membre du secrétariat du COMEX à Québec a affirmé au Soleil qu'il ne savait pas où se situe le bureau de l'organisme à Montréal, mais qu'il croyait qu'il en existe un. Un autre, au même secrétariat, a déclaré qu'un tel bureau n'existe tout simplement pas.

Pour joindre le président André Boisclair, le secrétariat de Québec doit passer «par ses coordonnées personnelles».

Chose certaine, personne n'a pu fournir l'adresse montréalaise de ce bureau. Même pas la Direction des communications du ministère de l'Environnement où le secrétariat du COMEX a fini par référer Le Soleil.

Deux des cinq membres de l'organisme sont nommés par l'Administration régionale crie. C'est dans les locaux montréalais de cette entité que l'un d'eux a rencontré M. Boisclair ces jours-ci - puisqu'«il n'y a pas de bureau du COMEX» dans la métropole, a reconfirmé, hier, un membre de la direction.

Il a été impossible de savoir à quel endroit, précisément, à Montréal, travaille le nouveau président du petit organisme public. Celui-ci ne nous a pas rappelés et le secrétariat à Québec a «instruction» de ne pas le révéler.

Sur un plan plus large, on a expliqué qu'en raison du contexte économique, le COMEX a moins de travail qu'il n'en a eu ces dernières années.

Salaire de 175000 $

Le prédécesseur d'André Boisclair, Pierre Mercier, a appris par la radio, début décembre, qu'il devrait désormais rester chez lui. Il a pris sa retraite. La nomination d'André Boisclair venait d'être annoncée par les ministres Yves-François Blanchet et Jean-François Lisée.

En poste depuis cinq ans, M. Mercier commandait un salaire d'environ 90 000 $ par année.

Pour la présidence du COMEX, M. Boisclair reçoit la même rémunération qu'il touchait à titre de délégué général du Québec à New York, soit 175 000 $ annuellement.

*****

Devant les tribunaux contre Legault et Duchesneau

Fin septembre, André Boisclair a dû renoncer à son poste de délégué général du Québec à New York pour mener bataille en justice contre le caquiste Jacques Duchesneau et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. Il a déposé contre eux une poursuite en diffamation de 200 000 $ pour atteinte à sa réputation.

Dans une sortie fracassante, Jacques Duchesneau avait auparavant établi des rapprochements entre M. Boisclair, sa consommation passée de cocaïne et un ami entrepreneur en construction lié aux Hells Angels. Une affirmation très controversée qui a suscité d'importants remous internes à la Coalition avenir Québec à ce moment-là.

André Boisclair a été chef du Parti québécois et ministre de l'Environnement. Pierre Mercier, son prédécesseur au COMEX, a été député libéral de Bellechasse de 1973 à 1976. Il y avait été nommé par le gouvernement libéral de Jean Charest.

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