Nadeau-Dubois s'explique mal l'engagement péquiste des ex-leaders étudiants

L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois voit une contradiction entre... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois voit une contradiction entre les convictions qu'affichaient ses ex-collègues et leur nouvelle affinité avec le PQ, parti qui a voté une hausse des droits de scolarité.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Si Martine Desjardins fait bel et bien le saut en politique provinciale avec le Parti québécois, elle et son ex-collègue de la grève étudiante de 2012 Léo Bureau-Blouin auront des comptes à rendre à ceux qui se sont battus contre l'augmentation des droits de scolarité, croit Gabriel Nadeau-Dubois.

«Qu'est-ce qui fait qu'on peut défendre avec autant d'acharnement, autant de conviction, une position et là, en défendre une autre quelques années plus tard? Je pense que beaucoup de gens se posent cette question-là et moi aussi, je me la pose», a affirmé l'ex-leader étudiant, qui donnait au Cégep Limoilou une conférence sur son livre Tenir tête.

L'ancien porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) dit respecter le choix «légitime» de faire de la politique. Mais il juge que dans le cas de Martine Desjardins, qui était à la tête de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), et de Léo Bureau-Blouin, qui a présidé la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avant de devenir député, il y a «une tension».

«De voir des anciens porte-parole qui vont maintenant défendre une augmentation des frais de scolarité, petite, mais une augmentation quand même, l'indexation [...], je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont fait la grève qui vont ressentir le besoin d'avoir des explications», affirme M. Nadeau-Dubois.

Est-ce de l'opportunisme? «Je vais laisser à d'autres personnes que moi le soin de répondre à cette question-là», répond en souriant l'ex-carré rouge, après un moment de réflexion. Il jure par ailleurs que son téléphone n'a pas sonné, contrairement à la veille du précédent scrutin, où plusieurs partis politiques l'avaient courtisé. «Je pense que les gens avaient pris en note ma réponse de la dernière fois», avance celui qui ne ferme cependant pas la porte à représenter la population.

«Dans le futur, on verra [...]. Je me concentre sur d'autres choses et je prends assez au sérieux les institutions politiques, j'ai assez de respect pour la chose publique pour ne pas la réduire à une histoire de célébrité», fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois.

«Être connu, ce n'est pas une bonne raison de faire de la politique, renchérit-il. Et là, je ne vise pas mes anciens collègues exclusivement, mais je vois dans les dernières semaines beaucoup de candidatures-vedettes, et on se demande si, malheureusement, le fait d'être connu n'est pas en train de plus en plus de prendre le pas sur les compétences et l'expérience», déplore celui qui s'affaire entre autres à finir ses études en philosophie.

Le débat dans l'ADN des cégeps

La lecture obligatoire du livre de Gabriel Nadeau-Dubois et son passage au Cégep Limoilou dans le contexte du cours Communication et discours ne faisait pas le bonheur de tous les étudiants mercredi.

«Ce n'était pas une bonne idée. En plus, nous sommes obligés d'aller voir une personne si controversée», pestait Olivier Giroux, dont les propos font écho à ceux d'un étudiant qui avait dénoncé au FM93 le choix de son enseignante. Il aurait depuis quitté le cours, selon ses condisciples. «Je trouve ça limite. J'aurais préféré ne pas le lire», renchérit un jeune homme qui préfère taire son nom. D'autres ont jugé l'exercice intéressant. «Elle a pris un sujet près de nous», défend Jean-Philippe Gagnon. «Je ne pense pas qu'elle a utilisé son livre pour faire passer ses idées», ajoute Pierre-Olivier Roy.

Le principal intéressé juge que c'est dans l'ADN des cégeps de susciter des débats et que la polémique révèle une incompréhension à cet égard. «Le scandale vient du fait que ce soit moi et que les animateurs ne m'aiment pas beaucoup, plutôt que ce soit un livre politique», souligne Gabriel Nadeau-Dubois, qui a aimé les échanges avec son auditoire qui comptait plusieurs carrés verts. L'enseignante, qui n'a pas souhaité s'adresser au Soleil, a réclamé «une petite dédicace» à l'auteur. «Pour tout ce que tu m'as fait endurer», a-t-elle ajouté avec humour

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer