Fatima Houda-Pepin exclue du caucus libéral

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La députée libérale Fatima Houda-Pépin a été entourée de journalistes juste avant de se rendre caucus spécial de sa formation politique, lundi après-midi, à l'Assemblée nationale.

La Presse Canadienne

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La libérale Fatima Houda-Pepin s'est fait montrer la porte au PLQ. Sa dissidence face à Philippe Couillard sur le port de signes religieux chez les employés de l'État incarnant l'autorité la chasse d'une députation dont elle fait partie depuis 1994.

La députée de La Pinière a brièvement rencontré les médias au terme du caucus d'urgence réunissant les élus du Parti libéral du Québec (PLQ). La rencontre, convoquée principalement pour arrêter un consensus définitif sur la Charte de la laïcité, s'est étirée pendant plus de quatre heures.

Mme Houda-Pepin a fait savoir qu'elle s'est heurtée à une fin de non-recevoir lorsqu'elle a demandé au chef du PLQ «un espace pour moi à l'intérieur du caucus, de mon parti». Elle a convenu que ses vues sur la charte se sont avérées irréconciliables «quant à la définition de la neutralité religieuse de l'État».

Pour la députée, cette impartialité doit «minimalement s'incarner dans l'autorité contraignante, c'est-à-dire les juges, les procureurs, les policiers et les agents correctionnels. Ce n'est pas une définition qu'il [Philippe Couillard] souhaiterait».

Alors que M. Couillard a fait savoir qu'il ne dévoilera pas avant ce matin la position adoptée par ses troupes à l'Assemblée nationale, Fatima Houda-Pepin a révélé que, pour celui qui était son chef jusqu'à lundi, l'orientation de base, «c'est plutôt pas d'interdiction du tout à personne. Je trouve que c'est une porte ouverte à beaucoup de dérive».

«J'ai passé une trentaine d'années de ma vie à lutter contre l'intégrisme. Je ne peux pas [parler] des deux côtés de la bouche. [Dire] la porte est ouverte pour tout le monde [pour le port des symboles religieux] et dire, en même temps, je vais lutter contre l'intégrisme.»

Outre le fossé sur les principes concernant la charte, Mme Houda-Pepin et M. Couillard ne se sont pas entendus pour qualifier son départ de l'aile parlementaire. La députée a répondu que, «bien entendu», elle se sent expulsée.

Expulsion? «Personne n'a prononcé ce mot», a rétorqué Philippe Couillard en prenant à témoin sa députation qui l'a accompagné devant les médias pour lancer un message d'unité.

«Personne n'a dit à Mme Houda-Pepin : vous êtes exclue. Au contraire! [...] Et moi et tous mes collègues - et c'était même émouvant -, tout le monde, nous lui avons demandé de rester, a-t-il insisté. Personne ne lui a dit : va-t-en!»

Philippe Couillard s'est désolé que Fatima Houda-Pepin ait choisi de s'exiler des banquettes libérales. Deux points séparent l'élue de La Pinière de ce qui a fait consensus chez ses collègues, a avancé le chef.

«Essentiellement, [c'est] la définition de la neutralité de l'État, qui est, pour nous [au PLQ], à différencier [...] entre les institutions et les individus; et, d'autre part, la façon que nous avons [de] gouverner la question des agents, comme les policiers et les gardiens de prison.»

«C'est regrettable parce que ce sont des enjeux assez mineurs. Je vous rappelle qu'il n'existe pas au Québec d'exemples semblables», entre autres de policiers et de policières portant des signes religieux ostentatoires.

«Nous avons demandé à Mme Houda-Pepin de rester avec nous pour jouer le rôle qu'elle peut jouer sur la lutte à l'intégrisme, a-t-il repris. Elle a décidé que ce n'était pas possible.»

Le chef et nouveau député d'Outremont a admis qu'il ne pouvait tolérer une dissidence «sur des questions aussi fondamentales que celles de libertés, de définition de ce qu'est l'État du Québec, de ses relations avec les convictions des gens».

«Si on se met à faire ça, pourquoi alors tous les collègues qui ont un problème avec tel ou tel dossier ne pourraient-ils faire de même? Je n'ai malheureusement pas entendu de sa bouche les mots que je souhaitais entendre : solidarité et ralliement.»

Plus tôt dans la journée, avant le début de la séance de travail, Philippe Couillard a avancé que lui, son entourage et les «collègues» députés libéraux ont «dû avoir des heures de conversations» pour convaincre Fatima Houda-Pepin de demeurer dans leurs rangs.

Celle qui a remporté six élections dans La Pinière ne pourra probablement pas porter les couleurs du PLQ lors de la prochaine élection, a reconnu Philippe Couillard. «Dans la situation actuelle, ça ne m'apparaît pas possible.»

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