François Roussy: partir pour «peut-être mieux revenir»

François Roussy ne ferme pas la porte à... (Photo collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

Agrandir

François Roussy ne ferme pas la porte à un retour en politique active, sur la scène fédérale ou provinciale. Il ferait le saut avec un parti «qui va réellement avoir l'intention de développer les régions».

Photo collaboration spéciale Geneviève Gélinas

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Geneviève Gélinas
Le Soleil

(Gaspé) À Gaspé, la nouvelle a éclipsé la pluie d'annonces des députés du Parti québécois, réunis en caucus en Gaspésie. Le maire François Roussy ne sollicitera pas de troisième mandat aux élections municipales du 3 novembre. Fort visible dans l'actualité régionale, mais aussi à la grandeur du Québec ces dernières années, l'homme âgé de seulement 39 ans prévient qu'on pourrait le revoir un jour en politique provinciale ou fédérale.

Q Vous n'avez que 39 ans, vous dites que vous avez du plaisir en politique, qu'est-ce qui vous décide à partir?

R C'est une décision personnelle, je n'entrerai pas là-dedans. Mais après huit ans comme maire et quatre ans comme conseiller, j'ai envie de défis, de sortir de ma zone de confort. Au plan municipal, j'ai fait le tour. Mes meilleures années, ma fougue, je les ai données à la Ville. Partir dans une dynamique positive, c'est agréable. Parce que comme politicien, on sort plus souvent avec un coup de pied dans le derrière. Partir dans une dynamique saine me permettra peut-être un jour de mieux revenir.

Q Qu'est-ce que vous espérez avoir laissé comme marque à Gaspé?

R D'avoir été un maire pour tous les quartiers, pour tous les citoyens, ceux qui sont pour la culture, l'environnement ou l'économie. D'avoir laissé la Ville dans une situation financière qui est très, très bonne, avec une valeur foncière élevée et un compte de taxes compétitif. L'économie, c'est une question de confiance, c'est ce qui crée le développement, ce qui retient les gens et fait revenir des jeunes.

Q Que feriez-vous différemment dans le dossier Pétrolia si c'était à recommencer?

R J'aurais fait moins confiance au départ aux instances gouvernementales par rapport à leur capacité d'encadrer et de gérer cette industrie. J'aurais mis mon pied à terre plus tôt. J'ai fait confiance au ministère des Ressources naturelles et au ministère de l'Environnement. Dans ma tête, ils s'assuraient que ça se fasse bien. Après ça, je me suis fait dire par Mme Normandeau [Nathalie Normandeau, alors ministre libérale des Ressources naturelles] : «Tes questions sont excellentes et on n'a pas de réponses.»

Q Vous voyez-vous député à l'Assemblée nationale un jour?

R [Silence] Un jour, oui. 

Q Pour quel parti?

R Le parti qui va réellement avoir l'intention de développer les régions, de respecter leurs réalités. Peu importe le parti politique en place jusqu'ici, on n'a pas réussi à développer les régions à leur plein potentiel et tout le Québec est perdant. Je n'écarte pas non plus la possibilité de me présenter au fédéral. Mais il faut que j'aie cette possibilité dans ma vie personnelle. Pour l'instant, mon fils commence le secondaire.

Q Dans quel dossier estimez-vous avoir échoué?

R Celui des jeunes. J'aurais aimé construire un skate park, organiser des danses. Je ne suis pas satisfait de la perception qu'ont les jeunes de notre ville. Il manque des activités pour eux. Alors que dans ma jeunesse, on trouvait que c'était la plus belle ville du monde pour vivre.

Q Gaspé a vécu un boum ces 10 dernières années. Certains commencent à observer une décroissance...

R J'entends ça, mais j'entends aussi que des commerces s'installent, que certains ont du mal à trouver des terrains. Il y a davantage d'étudiants au Cégep [de la Gaspésie et des Îles], la pêche va bien, le prochain appel d'offres éolien nous mène en 2019. Mais c'est normal qu'on atteigne un plateau. Les coupes gouvernementales au fédéral et le non-renouvellement de la fonction publique québécoise ont fait très mal à Gaspé, qui est une ville de services. Maintenant, il faut une réelle décentralisation  pour que Gaspé obtienne des emplois payants dans la fonction publique.

Q Qu'allez-vous faire le 4 novembre (le lendemain des élections municipales)?

R Je vais appeler la personne élue pour la féliciter et me rendre disponible pour la transition. Et le premier lundi du mois suivant [soir d'assemblée municipale], je vais m'installer dans mon salon et écouter la séance du conseil en direct sur le Web, bien assis dans mon fauteuil. Là, je vais sentir que j'ai repris les droits sur ma vie privée. Ça va me faire un petit pincement au coeur, mais ce sera aussi un soulagement.

François Roussy en six dates

1998 à 2003:  Il fait ses armes comme conseiller municipal.

2005:  Il est élu maire à l'âge de 31 ans.

9 août 2007: Les inondations de Rivière-au-Renard, dans la municipalité de Gaspé, font deux morts et forcent des dizaines de familles à se reloger. C'est l'événement «le plus difficile» de ses années à la mairie, affirme

M. Roussy.

2009: Gaspé fête le 475e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier sous l'administration Roussy. En novembre, il est réélu sans opposition.

Décembre 2012: Gaspé adopte un règlement sur l'eau potable qui a pour effet d'empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4. Un débat est enclenché à travers le Québec.

27 août 2013: Il annonce qu'il ne se représentera pas comme maire.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer