Justin Trudeau: la légalisation de la mari, une vision liée à la famille

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(Québec) Si Justin Trudeau préconise la légalisation de la marijuana, ce n'est pas parce qu'il en a consommé «cinq ou six fois». Son histoire personnelle et familiale y est pour quelque chose dans cette prise de position atypique dans le monde politique par le jeune chef du Parti libéral du Canada.

Le meneur libéral et député de Papineau à Ottawa s'est présenté à l'entrevue éditoriale du Soleil, jeudi, en parlant d'emblée de son «aveu fait la veille», au sujet de la «mari».

Oui, il a en fumé à cinq ou six reprises dans sa vie. La dernière fois, c'était il y a trois ans. Il était déjà député. À un «souper entre amis, chez moi, [...] quelqu'un avait un joint, il l'a allumé, on l'a passé, j'ai pris une puff. [...] C'est pas quelque chose inconnu pour la grande majorité des Canadiens.»

La clé dans son cheminement politique réside en partie dans son passé familial. Le Huffington Post a rapporté, jeudi, que le cadet de Justin Trudeau, Michel, faisait face à des poursuites en justice pour possession d'une petite quantité «d'herbe», l'année où il est mort dans une avalanche, en 1998. «Mon petit frère Michel, de ses années passées à Whistler [en Colombie-Britannique], à vivre plus proche de la nature, était plus enclin à consommer.»

«À un niveau personnel, j'ai aussi vu l'impact de la marijuana sur ma mère [Margaret Sinclair]. Elle souffre de bipolarité. Par moments, elle a empiré sa condition mentale. Elle l'a avoué elle-même.»

Soucieux de son image de politicien décontracté, M. Trudeau a laissé tomber qu'à ce sujet, «mon histoire personnelle et familiale ressemble énormément au parcours de beaucoup de Canadiens. [De toute façon], je ne suis pas quelqu'un, a-t-il ajouté, qui boit beaucoup, qui aime être dépendant de quoi que ce soit, y compris le café.»

Un virage complet

Par contre, «ce n'est que récemment que j'ai été convaincu que l'État doit procéder à la légalisation». En 2009, Justin Trudeau avait voté en faveur du maintien de sanctions minimales pour les citoyens possédant de la marijuana. «Ce sont les arguments du groupe NORML Women», une organisation canadienne de femmes pour la réforme de la législation sur la marijuana, qui l'ont fait changer d'idée.

Pour le politicien, âgé de 41 ans, la prohibition a fait son temps. «La réalité, c'est qu'on a une guerre contre la drogue qui ne fonctionne pas. [...] La réalité, c'est que nos jeunes ont plus facilement accès à de la marijuana qu'aux cigarettes ou à l'alcool. Même les chefs de police, jeudi, ont reconnu que l'approche présente ne fonctionne pas.»

L'interdiction légale n'est qu'un gâchis humain et financier, à ses yeux. «On a 500 millions $ pour des poursuites et des enquêtes reliées à la possession», qui ont valu à 475 000 personnes arrestations et «casiers judiciaires depuis 2006», année de la prise du pouvoir par le conservateur Stephen Harper.

Au stade de la discussion

La société est rendue au stade de la «discussion sur la décriminalisation et même de la légalisation de la marijuana», a soutenu le chef libéral fédéral. «La raison pourquoi je n'aime pas la décriminalisation, c'est que, oui, elle enlève les peines criminelles, ce qui serait une bonne étape. Mais ça garde la distribution dans les mains du crime organisé [...] et des centaines de millions de dollars se retrouvent dans les poches des gangs de rue, du crime organisé. Et ça n'empêche aucunement nos jeunes d'y accéder.»

La légalisation du pot passerait par un «système de contrôle des substances» où M. Trudeau n'écarte pas que l'État pourrait en tirer quelque profit. Le modèle n'est pas arrêté, mais M. Trudeau a des exemples en tête. «Si c'était en vente à la SAQ [Société des alcools du Québec] ou dans les pharmacies, sur présentation de cartes d'identité, il n'y aurait pas de marché noir dans les cours d'école.»

Justin Trudeau ne retient pas l'objection que pourraient avoir certains de légaliser une substance qui servira de tremplin vers d'autres drogues. «Si on classifiait la marijuana avec les drogues que sont la nicotine et le tabac, elle serait reconnue dans cette catégorie.

«Est-ce que de boire une bière à 18 ans mène à être alcoolique sur le bourbon à 25 ans? Peut-être», a-t-il dit sans y croire. «L'État, le gouvernement conservateur [Harper] a la responsabilité de démontrer par les faits, la recherche, les exemples à l'international, que cette prohibition fonctionne, qu'elle est désirable, efficace et justifiée.»

*******************

Sympathique à la cause d'Edward Snowden

Edward Snowden, cet informaticien et ex-employé de la CIA, devenu apatride après avoir dévoilé dans les médias les détails des programmes de surveillance de masse de son pays, les États-Unis, a l'appui moral de Justin Trudeau. «Oui, je suis sympathique à sa démarche. Mais, a-t-il enchaîné, je ne veux pas dire que, oui, nous allons nécessairement le protéger au Canada s'il s'en vient ici.» Le libéral s'est dit «très préoccupé par le pouvoir que détient le gouvernement, de surveillance et d'interférence dans la vie privée».

Même si c'est le gouvernement américain qui a forcé l'exil de M. Snowden en l'inculpant notamment d'espionnage, M. Trudeau croit que le meilleur système est encore celui des États-Unis, «un comité parlementaire sur la sécurité et la vie privée qui a des responsabilités pour regarder ce que font» les agences de renseignements. «Mais il y a énormément de réflexion encore à faire.»

Favorable au transport de pétrole par pipeline

Le chef des libéraux fédéraux est favorable au transport par pipeline de pétrole, y compris celui extrait des sables bitumineux. Justin Trudeau a indiqué qu'il «attend de voir les plans» pour se prononcer sur un oléoduc qui amènerait de l'Ouest canadien vers le Québec et les Maritimes ce type de carburant, décrié par les environnementalistes.

Il a signalé que «les émissions de gaz de serre sont plus grandes par les centrales de charbon, en Alberta, que par les sables bitumineux. Je ne suis pas contre les sables bitumineux, contre les pipelines, mais il faut que ce soit fait avec rigueur, pour éviter les risques à long terme, et avec l'approbation des citoyens et des communautés autochtones, s'il y a lieu». Ainsi, il endosse le projet Keystone, qui est en butte à une forte contestation aux États-Unis. M. Trudeau attribue le problème au gouvernement conservateur qui aéchoué, selon lui, à rassurer la population et à démontrer le respect des normes.

Avec la collaboration de Pierre-Olivier Fortin

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