Les élus de Lac-Mégantic veulent reporter les élections municipales de deux ans

La mairesse Colette Roy-Laroche a discuté de la... (Photo La Presse Canadienne)

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La mairesse Colette Roy-Laroche a discuté de la possibilité d'un mandat prolongé avec le ministre des Affaires municipales et des Transports lors de son passage à Lac-Mégantic vendredi.

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(Québec) Déterminés à reconstruire leur centre-ville, les élus de Lac-Mégantic demandent au gouvernement du Québec de prolonger leur mandat de deux ans. En plus de reporter leurs élections, ils souhaitent interdire dans leur localité le transport de matières dangereuses et détourner la voie ferrée des secteurs habités.

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a indiqué samedi que le conseil municipal avait adopté ces positions un peu plus tôt dans la journée, lors d'une séance extraordinaire. Elle a soutenu que les élections municipales qui viennent en novembre pourraient être «préjudiciables» à la reconstruction du centre-ville.

«Je pense que toutes les énergies, tout le temps doit être consacré à planifier comment nous allons réparer ce qui a été détruit», a-t-elle dit.

«On ne se voit vraiment pas aller en élections. Il y a trop d'instabilité présentement, ça prend une stabilité. C'est l'âme de la ville qu'on va reconstruire», a pour sa part partagé au Soleil le conseiller municipal Richard Michaud.

«Il faut prendre le temps de penser à ce qu'on va faire pour les générations futures. On ne peut pas faire ça à la course», ajoute celui qui avait annoncé en juin son intention de briguer la mairie. Il dit maintenant donner tout son appui à la mairesse, qui avait de son côté émis le souhait de quitter la vie politique au début de l'année.

Mme Roy-Laroche a toutefois rappelé aux journalistes qu'elle est «toujours en réflexion» sur son avenir. Elle a répété qu'elle sera là pour la reconstruction, «soit comme citoyenne ou comme mairesse».

«Évidemment qu'après deux ans, le travail ne sera pas terminé. Mais ce que nous souhaitons, c'est qu'il soit assez avancé pour qu'une autre équipe municipale puisse prendre le flambeau et continuer, advenant le cas où il y aurait de nouveaux élus», a-t-elle ajouté.

Gaudreault a entendu

Mme Roy-Laroche a discuté de la possibilité d'un mandat prolongé lors du passage à Lac-Mégantic, vendredi, du ministre des Affaires municipales et des Transports, Sylvain Gaudreault. «Le ministre comprend la situation et a entendu le message de la mairesse», exprime son attaché de presse, Yann Langlais-Plante. «Il devrait prendre une décision d'ici quelques jours ou quelques semaines.»

Selon La Presse, M. Gaudreault avait en tête de reporter les élections d'une année, mais il a constaté l'ampleur des dégâts sur place pour finalement considérer un délai de deux ans.

Pour que la demande du conseil municipal soit appliquée, il faudra un projet de loi. «Ça prend un changement législatif», affirme M. Langlais-Plante. La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités sera ciblée. «Ça prend [d'abord] des analyses du [Ministère]», précise-t-il.

«Bonne idée»

Le président de l'Union des municipalités du Québec, Éric Forest, estime que reporter la date de scrutin est une «bonne idée» dans les circonstances. M. Forest croit qu'il serait difficile de faire entrer un nouveau groupe d'élus en pleine reconstruction, le 3 novembre, d'autant plus que la campagne électorale sera officiellement lancée le 18 septembre, dans à peine deux mois.Il a par ailleurs réitéré son appui à la population de Lac-Mégantic, qui semble vouloir s'accrocher à leur «dame de granit». «Si c'est le souhait de la communauté de Lac-Mégantic, c'est certain qu'on va les appuyer», dit M. Forest.

Le conseil de Lac-Mégantic a également déposé samedi un avis de motion visant à interdire le transport ferroviaire de matières dangereuses sur son territoire. Une façon de se positionner face à la compagnie américaine Montreal, Maine and Atlantic (MMA), dont le train fantôme a fauché la vie de 50 personnes.

«C'est plus symbolique qu'autre chose, parce qu'ils [MMA] fonctionnent sur des droits acquis. Mais il faut faire quelque chose», dit le conseiller Richard Michaud.

Celui-ci souligne néanmoins que les droits acquis de toute compagnie expirent au bout de six mois d'inactivité sur les terrains concernés.

M. Michaud précise que les trains de marchandises non dangereuses pourraient toujours transiter par Lac-Mégantic. Mais à la lumière d'une autre demande formulée par les élus aux gouvernements fédéral et provincial, ils devraient passer par le parc industriel, où la voie ferrée serait idéalement détournée.

Le ministre Sylvain Gaudreault n'a pas exclu cette option, vendredi. «Il faut regarder les scénarios, parce qu'on ne peut pas passer ça n'importe où. Il ne faut pas non plus qu'on se retrouve dans des situations où on va risquer de répéter ce qui est arrivé. Il faut penser à une certaine distance. Tout est sur la table», avait-il avancé.

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