Déclenchement d'élections: la «mèche» de Couillard raccourcit

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Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard n'a pas l'intention de tomber dans la «tactique» électorale mais si son parti doit voter contre le gouvernement, ce sera sur une question de principe.

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(Québec) Pendant que le caquiste François Legault parle d'une «certaine urgence» à tenir des élections, le libéral Philippe Couillard note que, pour lui aussi, «la mèche raccourcit».

Depuis des mois, le nouveau chef du Parti libéral du Québec (PLQ) martèle que le renversement du gouvernement ne peut pas constituer un programme électoral pour sa formation.

«Par contre, on peut certainement constater que la gestion du gouvernement du Parti québécois est néfaste pour l'économie du Québec, affirme M. Couillard au Soleil. [...] Son arrivée constitue un recul important qui met en danger la croissance économique et la création d'emplois.»

D'ici 12 mois, l'Assemblée nationale pourrait bien être le théâtre d'une autre partie de «poule mouillée» (chicken game) du gouvernement minoritaire de Pauline Marois. Les partis d'opposition oseront-ils aller jusqu'au renversement? Le gouvernement leur cédera-t-il du terrain pour éviter un scrutin?

«Je suis bien installé à la tête du parti, souligne M. Couillard. J'ai lancé les travaux pour le programme électoral, l'organisation et la réforme du parti. C'est certain que la mèche raccourcit. On peut dire ça comme ça.»

Il n'est pas dans l'intention du chef libéral de tomber dans la «tactique» électorale, assure-t-il. Si les libéraux doivent voter contre le gouvernement, ce sera pour une question de principe, assure M. Couillard. Comme sur l'enjeu de la langue, par exemple, bien qu'un vote sur le renforcement de la loi 101 souhaité par le PQ ne menace pas la survie du gouvernement. Ce n'est pas une question de confiance. «Il y en aura d'autres, souligne M. Couillard. Il y aura des enjeux budgétaires, le budget, il y a toujours la possibilité d'une motion de non-confiance. Mais, actuellement, on n'est pas dans cet agenda.»

Moment de vérité

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit au Soleil la semaine dernière qu'il y aurait un «moment de vérité» au printemps prochain, avec le dépôt du deuxième budget Marceau. Peut-être même avant, a-t-il souligné. «Il y a une certaine urgence, a déclaré

M. Legault. Déjà peu élevés, les investissements privés au Québec sont en baisse. On ne va pas dans la bonne direction.»

Le chef caquiste assure que sa troisième place dans les sondages ne l'empêchera pas de peser sur le bouton le moment venu s'il n'y a pas de «virage». Pour Philippe Couillard, qui caracole au sommet des intentions de vote, le casse-tête est moins difficile. Même si la prudence est de mise avec les sondages, «lorsqu'ils sont favorables, nous en sommes plus heureux», convient le chef libéral. «Le seul signal pour nous est qu'il faut nous retrousser les manches et travailler plus fort pour mériter la confiance des Québécois», dit M. Couillard.

Le recrutement de candidats en vue des prochaines élections va bon train, assure le chef libéral. «On a des gens qui nous contactent pour poser leur candidature, affirme  M. Couillard. C'est encourageant. Les gens sentent le renouveau au PLQ. Ça fait du bien.»

LE QUÉBEC AVANT LE SÉNAT, PRÉVIENT LE CHEF LIBÉRAL

Avant de penser rouvrir la Constitution canadienne pour abolir ou modifier le Sénat, il faudra d'abord négocier la réintégration du Québec, prévient le chef libéral Philippe Couillard.

Les frasques liées à des allocations touchées indûment par plusieurs sénateurs soulèvent des débats sur la Chambre haute et ses représentants. La Cour suprême doit se prononcer sur la possibilité d'abolir le Sénat sans modifier la loi constitutionnelle de 1982.

Comme Justin Trudeau, chef des libéraux fédéraux, M. Couillard est d'avis que les provinces devront nécessairement être consultées si pareils changements sont envisagés. Mais, pour un gouvernement libéral dont il serait premier ministre, l'enjeu du Sénat devrait venir après celui de la signature de la Constitution par le Québec.

La question du Québec

«Le signal que je veux envoyer de façon très claire est qu'il n'est pas question d'ouvrir des conversations constitutionnelles avec le gouvernement que nous dirigerions sans d'abord revenir à la question du Québec qui a malheureusement échoué à l'époque de l'accord du lac Meech», a lancé M. Couillard, qui n'a toujours pas de siège à l'Assemblée nationale.

À la tête d'un parti qui veut «améliorer le Canada et non pas le démolir», M. Couillard souhaite passer «un message au fédéral et aux autres provinces canadiennes». «On ne bougera pas là-dessus, prévient-il. C'est un principe pour moi qui est absolument fondamental. Je n'en fais pas une question de priorité, mais il n'y aura pas de conversation de ce type sans que la question du Québec soit également à l'ordre du jour.» Quoi qu'il en soit, M. Couillard croit que l'élection des sénateurs créerait des «compétitions de légitimité démocratique» avec les députés. Et que l'existence d'une Chambre haute est en soi une bonne chose. «C'est beaucoup plus important que ce que les

Québécois croient souvent, dit-il. C'est un garant d'équilibre qui s'ajoute à la représentation à la Chambre des communes.»

Dans la course à la chefferie libérale, M. Couillard s'est distingué de ses concurrents en insistant sur l'importance pour le Québec de signer la Constitution. Il a ensuite fait savoir que les questions économiques passeraient avant. Mais il n'entend pas enterrer la question.

«Je pense que ce n'est pas trop demandé, dit-il. Ce n'est ni anodin ni banal que le Québec ne soit pas signataire de l'amendement de 1982. Il est clair qu'on ne peut pas vouer cette question à l'oubli.» Les conservateurs, qui souhaitent réformer ou abolir le Sénat, ont déjà fait savoir à M. Couillard qu'ils n'ont aucune intention de se lancer dans des négociations constitutionnelles de ce genre avec le Québec.

NON À LA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DU PQ

Le chef libéral Philippe Couillard n'a aucune intention d'appuyer la création de la Banque de développement économique du Québec prônée - et promise - par le gouvernement péquiste. Même si le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, l'invitait vendredi à bien réfléchir à la question pendant la fin de semaine. «Je retournerais la question au gouvernement, dit M. Couillard. Refaites vos devoirs correctement. Tout le monde souhaite un guichet unique pour les entrepreneurs. Mais le mécanisme proposé est d'une complexité énorme qui ajoute à la confusion et ne règle rien.»

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