Nomination partisane: Duceppe et Dionne-Marsolais se défendent

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Gilles Duceppe

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Gilles Duceppe et Rita Dionne-Marsolais se défendent d'avoir décroché une nomination partisane: s'ils ont été désignés par le Parti québécois (PQ) pour coprésider la Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi, c'est en raison de leur compétence et de leur expérience, font-ils valoir.

La désignation de l'ancienne députée péquiste et de l'ex-chef du Bloc québécois avait fait pousser des hauts cris sur les banquettes de l'opposition au Salon bleu. Gilles Duceppe a toutefois invité ses détracteurs à attendre de constater le fruit de leur labeur avant de tirer leurs conclusions.

«Je les invite à regarder le travail qu'on va faire (...) et si par la suite, ils trouvent que c'est pas bon, ils le diront», a-t-il lancé mardi lors d'une conférence de presse dans un hôtel de Montréal.

«Et si vous me permettez, a renchéri Mme Dionne-Marsolais, il y a une motion de l'Assemblée nationale sur ce sujet-là, et dans cette optique-là, le travail que l'on fait répond à cette motion-là.»

L'Assemblée nationale a en effet adopté unanimement, le 13 novembre, une motion exigeant du gouvernement fédéral qu'il renonce aux modifications prévues à la Loi sur l'assurance emploi.

Mais la décision de mettre en place cette commission et d'en confier les rênes à deux indépendantistes a été décriée par les partis d'opposition. Ceux-ci estiment que le gouvernement de Stephen Harper y accordera peu de crédibilité puisque la commission portera, plaident-ils, le sceau de la gouvernance souverainiste du PQ.

Débat des élus

Si le gouvernement Marois choisit de mettre à profit les conclusions de la commission pour étoffer sa stratégie, cela lui appartient, ont fait remarquer les coprésidents, soutenant qu'il ne revenait pas aux membres du groupe de travail de s'ingérer dans ces questions de gouvernance et de politique partisane.

«Ce débat-là, il n'est pas le nôtre. C'est le débat des élus et des politiques», a tranché M. Duceppe.

«Moi, j'ai toujours jugé, dans toute ma carrière, non pas l'étiquette, mais ce que les gens proposaient. (...) Quand c'est bon, c'est bon, quand c'est pas bon, c'est pas bon. C'est ça la rigueur. Et je pense que tous les élus et tous ceux qui assument des tâches dans la société doivent faire preuve de rigueur et laisser les étiquettes de côté», a-t-il poursuivi.

Dotée d'un budget de 1,5 million $, la Commission nationale d'examen sur l'assurance emploi se met en branle dès maintenant. Elle a essentiellement comme mandat de se pencher sur les impacts de la réforme de l'assurance emploi du fédéral.

L'une des seules critiques que Rita Dionne-Marsolais s'est permise quant à l'attitude du gouvernement fédéral dans la gestion de l'assurance emploi a trait aux visites inopinées des employés de Service Canada chez les prestataires, une pratique qui avait été dévoilée au grand jour par La Presse Canadienne en février.

«Moi, j'ai trouvé ça pénible, j'ai trouvé ça un peu méprisant. (...) Je comprends les objectifs que le ministère peut avoir, je comprends tout ça. Mais il y a un respect des citoyens aussi», a-t-elle affirmé du bout des lèvres, disant néanmoins comprendre que «les fonctionnaires ont un travail à faire» et que celui-ci est «parfois ingrat».

Audiences publiques

Gilles Duceppe et Rita Dionne-Marsolais seront appuyés dans leur démarche par l'ancien actuaire en chef du régime fédéral d'assurance-emploi, Michel Bédard, et l'ex-haut fonctionnaire Yvon Boudreau.

Au cours des huit prochains mois et jusqu'au dépôt du rapport, au plus tard le 30 novembre, ils tiendront des audiences publiques, documenteront les impacts de la réforme au Québec, et établiront «les paramètres d'un régime d'assurance emploi qui concorderait avec les besoins du marché du travail québécois».

Leur document de travail doit être soumis au ministre de la gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, et à la ministre du Travail, Agnès Maltais.

Plaidant son devoir de réserve jusqu'au bout, Gilles Duceppe a refusé de dire s'il était favorable à un rapatriement à Québec du programme d'assurance emploi, dans le cadre de la stratégie péquiste de gouvernance souverainiste.

«C'est pas à nous à parler de ça, a-t-il martelé. Les gens proposeront, et je suis convaincu qu'il y a des gens qui proposeront ça. Quelle sera la forme, ça, ce sera une autre chose, mais nous on va entendre, on ne conclura pas avant.»

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