Option nationale: Parizeau enflamme la salle du congrès et égratigne le PQ

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(Montréal) Jacques Parizeau reste au Parti québécois (PQ) par fidélité, mais fustige le gouvernement de Pauline Marois, qui ne promeut d'aucune façon le projet souverainiste, selon lui. Pour bien faire, il faudrait investir des fonds publics dans la préparation et la promotion de cet objectif, dit-il.

L'ancien chef du Parti québécois était l'invité d'honneur, samedi, du premier congrès d'Option nationale (ON) à se tenir depuis les élections du 4 septembre dernier. Il s'est adressé aux quelque 1000 délégués réunis au Palais des congrès, à Montréal, en leur disant qu'ils sont «le levain dans la pâte» de la souveraineté.

«Face à des gens souvent fatigués, souvent apeurés, souvent un peu désorientés, vous arrivez dans le portrait souverainiste avec de l'enthousiasme, de l'ambition et des idées claires», a déclaré Jacques Parizeau au grand plaisir des militants d'Option nationale - en général beaucoup plus jeunes que ceux que l'on croise dans les autres partis politiques québécois.

L'équipe ministérielle issue du Parti québécois a abandonné toute réflexion sur la souveraineté du Québec, a dénoncé Jacques Parizeau. C'est ce qui l'empêcherait de préparer concrètement l'atteinte de cet objectif. «La réflexion s'est arrêtée. Il va falloir s'y remettre. C'est pas quand on prend le pouvoir qu'on dit: "Qu'est-ce qu'on va faire?"

«Une fois au pouvoir - et qu'on s'est fait élire pour faire la souveraineté du Québec -, on se sert de l'appareil gouvernemental pour réaliser ses fins, a-t-il insisté. Si vous ne voulez pas utiliser les fonds publics pour promouvoir la souveraineté, pourquoi êtes-vous là?»

«Abdication de leadership»

Pour le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, «l'excuse du gouvernement minoritaire» qu'invoque l'équipe ministérielle «n'est pas satisfaisante» pour justifier «de ne pas faire beaucoup d'effort pour la souveraineté».

Il s'agit d'«une totale abdication de leadership», d'après lui. Les réflexes du gouvernement Marois ne sont qu'«électoralistes». Il s'intéresse plus aux nids-de-poule dans les rues qu'à la souveraineté, a ironisé le chef de 42 ans.

Il a fait valoir que «c'est en étant convaincant et convaincu qu'on va convaincre les indécis». Pas en ayant un «projet d'amphithéâtre ici et un autre projet là pour aller chercher des votes».

Jean-Martin Aussant s'est moqué de la «gestion provincialiste» et du manque de «clarté» du gouvernement du Parti québécois.

Samedi, une proposition réclamant la tenue d'une élection référendaire a été battue par une majorité des délégués d'Option nationale. L'adhésion du Québec à l'indépendance devra être entérinée par référendum, tout comme un éventuel projet de Constitution, stipule le programme du parti.

Une «supercherie»

Jacques Parizeau a reproché au gouvernement Marois d'avoir noirci l'état des finances publiques jusqu'à s'enfermer dans une logique paralysante. «Si on laisse les comptables gagner, l'équilibre [budgétaire] gâche tout», a-t-il laissé tomber.

Il dit avoir «pété une fuse» lorsqu'il a entendu le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, soutenir que «si on ne faisait pas les coupes demandées, le Québec deviendrait l'équivalent de la Grèce et de l'Espagne».

«C'est une énorme supercherie. Le Québec aurait une dette de 183 milliards$ cette année, de 193 milliards$ l'année prochaine. Si on tient compte de tout le secteur public, Hydro-Québec, les municipalités, etc., on est rendu à 246 milliards$...»

Or, «le Québec est le seul gouvernement au Canada à utiliser la dette brute comme expression de sa dette. Il présente le passif, mais pas l'actif; les dettes, mais pas les propriétés achetées avec».

Le Québec n'est pas pris dans un «étau», a lancé Jacques Parizeau. «N'ayez pas peur!» a-t-il répété à plus d'une reprise aux militants d'Option nationale.

Le Parti québécois a «collé ma carte de membre à vie sur un morceau de bois, si bien que je ne peux pas la déchirer», s'est-il par la suite amusé avant d'ajouter qu'il est et restera au PQ. «C'est attaché par toutes les fibres de mon corps», a-t-il dit.

Un salaire

Option nationale compte 8000 membres. Ce parti résolument indépendantiste a récolté 1,89 % des voix aux dernières élections générales. Il s'appuiera sur un budget d'environ 500 000$ cette année, en partie grâce aux nouvelles règles de financement des partis politiques, basées essentiellement sur les fonds de l'État.

Le chef Jean-Martin Aussant devrait sous peu pouvoir compter sur un salaire équivalant à celui d'un député de l'Assemblée nationale, soit 86 669$ par année - si une majorité de délégués votent  dimanche au deuxième et dernier jour du congrès, en faveur d'une résolution allant en ce sens.

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