Léo Bureau-Blouin n'est pas chaud à l'idée du vote à 16 ans

Le plus jeune député de l'Assemblée nationale, Léo... (archives Le Soleil, Erick Labbé)

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Le plus jeune député de l'Assemblée nationale, Léo Bureau-Blouin, a affirmé mardi à Charlesbourg que le vote à 16 ou 17 ans n'est pas une priorité pour le gouvernement à l'heure actuelle.

archives Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le cadet des députés de l'Assemblée nationale, Léo Bureau-Blouin, la jeune vingtaine, n'est pas très chaud à l'idée d'octroyer le droit de vote à ses compatriotes de 16 ans et 17 ans.

«Ce n'est pas un cheval de bataille à l'heure actuelle», tranche l'élu péquiste de la circonscription de Laval-des-Rapides. Il se demande, entre autres, si on est apte à exercer un droit de vote à cet âge : «Ce que j'aimerais voir, c'est dans les différents pays du monde où ç'a été appliqué [...], quels dispositifs ont été mis en place pour s'assurer que ces jeunes puissent voter, soient bien outillés. Est-ce qu'il y a des cours d'éducation citoyenne, par exemple, qui ont été mis en place. Je pense que c'est un débat auquel il faut réfléchir, mais ce n'est pas une priorité à court terme.»

En voyage outre-Atlantique, la chef du gouvernement souverainiste, Pauline Marois, a été inspirée par la décision de son homologue écossais de permettre aux citoyens de 16 et 17 ans de voter à l'occasion du référendum prévu à l'automne 2014, rapportait lundi La Presse Canadienne.

«Qu'un autre chef d'État songe à faire ça, eh bien ça veut dire que ce n'est peut-être pas si bête, finalement», avait déclaré Mme Marois. Une ouverture également défendue par les militants du Parti québécois (PQ), qui l'ont inscrite dans leur programme politique l'an dernier.

Léo Bureau-Blouin, adjoint parlementaire à la première ministre québécoise pour les dossiers jeunesse, évalue cependant que des dossiers sont plus prioritaires, dont le vieillissement de la population, la dette étatique croissante et le manque de relève dans les entreprises. «Je pense que notre génération va être appelée à supporter un poids qui est important.»

«Ce que Mme Marois a évoqué, dit-il, c'est que ça pourrait peut-être un jour être un sujet de débat. Il y a plusieurs pays dans le monde qui ont adopté cette mesure.» Vous, M. Bureau-Blouin, le vote à 16 ans, êtes-vous pour? «Il faut prendre le temps d'y réfléchir. Ce que j'aimerais voir, c'est dans les différents pays, comment ç'a été appliqué, quels impacts ç'a eu sur la participation citoyenne.»

Apte à cet âge?

Mais à 16 ans, est-ce qu'on est apte à voter? «C'est une bonne question, c'est une question qui est plus complexe qu'elle n'y semble», répond le député. «On peut s'enrôler dans l'armée à 16 ans, mais est-ce qu'on peut voter... Ce que j'aimerais voir, c'est les impacts que ça va avoir sur la participation électorale des jeunes. Et si un jour on décide d'aller là, il faut assurément que ça s'accompagne de mesures qui vont outiller adéquatement les jeunes. Peu importe l'âge, on va tous s'entendre pour dire que c'est important d'avoir une éducation politique qui est solide.»

Justement, mardi, Léo Bureau-Blouin rencontrait des adolescents et de jeunes adultes qui fréquentent le Carrefour jeunesse-emploi Charlesbourg-Chauveau. Le politicien, parti aux aurores de Montréal en transport en commun, avait pris la peine de visiter les locaux de l'organisme avant de présenter une conférence-causerie dans un hôtel du secteur. Alors, il est comment, le benjamin de l'Assemblée nationale sur le terrain? Il s'attarde, serre des mains, discute avec les intervenants. Il s'est aussi attablé avec la clientèle qui fréquente les lieux.

Et qu'est-ce qu'il leur a dit, le député Bureau-Blouin? «Souvent, les freins aux rêves qu'on veut réaliser, ils sont dans notre tête. [...] Souvent, le principal obstacle, c'est nous-même.» Il s'offre en exemple, lui qui doutait. Il siège maintenant à l'Assemblée nationale... où tout n'est pas guilleret comme dans un fantasme. «Ce que je trouve le plus difficile, c'est le rythme de vie. [...] La partie professionnelle finit par écraser tout le reste et ça, c'est mauvais.»

Et les jeunes, qu'est-ce qu'ils lui ont demandé? Quels sont ses loisirs, ce qu'il apprécie de son boulot, etc. Mais ils l'ont aussi brassé un peu! Une stagiaire a souligné que la politique apparaît aride, inaccessible et qu'il faudrait que le système d'éducation fasse sa part pour mieux informer la génération montante.

Gel des embauches

Un autre a montré à Léo Bureau-Blouin l'impact direct du récent gel des embauches dans la fonction publique décrétée par le gouvernement péquiste : les choix de carrière de ce finissant universitaire en histoire viennent de s'amenuiser grandement. La réponse du député? «Il ne faut pas mettre de lunettes roses. [...] Ce ne sont pas toutes les formations qui offrent les mêmes perspectives d'emploi.» Il ajoute que le PQ investit ses énergies à réduire les dépenses publiques et que l'arrêt du recrutement gouvernemental est le prix à payer. L'élu l'a néanmoins invité à persister, nombre de «vieux» se préparant à prendre leur retraite; voilà qui pourrait ouvrir des portes.

Rien d'un échec, plaide l'ex-militant

Léo Bureau-Blouin, vous qui avez milité dans une union estudiantine qui réclamait jusqu'à la gratuité scolaire, n'est-ce pas troublant d'être dans un gouvernement qui la rejette d'emblée? Ce n'est pas un échec?

«Bien au contraire», lance le député péquiste. «Il faut faire attention. L'objectif des différentes associations étudiantes était avant tout de préserver l'accessibilité aux études, de bloquer cette augmentation des droits de scolarité qui était brutale. On parlait de 82 % d'augmentation. On n'est plus dans ce scénario-là du tout. C'était davantage ça l'objectif que s'étaient fixé les différentes associations étudiantes. [...] Les droits de scolarité, ça a été la pointe de l'iceberg de la crise étudiante précédente, mais ça masquait des problématiques, des questions sociales beaucoup plus importantes. Il faut éviter que les droits de scolarité masquent tout le reste.»

Il ajoute que le Sommet sur l'enseignement supérieur des 25 et 26 février permettra de faire remonter l'éducation dans la liste des priorités collectives des Québécois. «Mais ça, ça doit se faire aussi dans le respect du contexte financier actuel. Je pense que l'objectif de ce Sommet, c'est surtout qu'on puisse se parler, qu'on puisse ensemble trouver des solutions durables à la crise qu'on a vécue. Je crois en la démarche.»

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