Marois en Europe: la Catalogne, l'Écosse... et la Flandre, elle?

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(Québec) En Catalogne espagnole, oui, en Écosse, oui. Mais pas en Flandre! La chef souverainiste Pauline Marois ne s'affichera pas avec le leader nationaliste flamand Bart De Wever, comme il lui paraît naturel de le faire avec ceux qui, en Catalogne et en Écosse, veulent voir leur nation voler de leurs propres ailes.

Pourquoi avec les uns et pas avec l'autre et les siens? Parce qu'il y a des nationalistes plus fréquentables que d'autres. C'est ce qu'on dit depuis longtemps chez ceux qui s'intéressent à ces questions au Parti québécois; du moins, c'est ce qu'on chuchote.

Car il n'y a évidemment pas de mot d'ordre officiel. On n'émet pas nécessairement de déclaration pour dire qu'on n'a pas tellement envie de rencontrer quelqu'un comme BartDe Wever.

Au Parti québécois, on se contentera de dire que «si l'occasion se présente...». Mais elle ne se présentera pas, car on ne la créera pas.

Nation

La rencontre politique qu'aura mardi Pauline Marois avec son homologue indépendantiste Alex Salmond, à Édimbourg, en Écosse, a déjà suscité des grincements de dents au Parti libéral du Québec et à la Coalition avenir Québec.

Cet entretien sera une première. Jamais un premier ministre souverainiste du Québec n'a rencontré un premier ministre souverainiste écossais.

Cela dit, Pauline Marois n'en est pas à son premier déplacement politique du genre sur la scène internationale.

Chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, elle s'était rendue à Barcelone en septembre 2010. L'idée d'autonomie nationale venait alors de gagner du terrain en Catalogne.

Le Tribunal constitutionnel espagnol avait gommé une partie des prérogatives de la Catalogne et rayé un article de loi la définissant comme «nation».

À ce moment-là, aucun référendum sur l'indépendance de la Catalogne ne figurait encore au programme.

Pauline Marois avait été invitée par Esquerra Republicana de Catalunya, un petit parti résolument indépendantiste. Elle avait aussi eu un long entretien avec le nationaliste Artur Mas, de Convergència i Uniò, qui était alors le chef de l'opposition au Parlement catalan. Artur Mas dirige aujourd'hui cette région du nord-est de l'Espagne.

Les choix que feront les Catalans et leurs débats «pourront certainement contribuer à enrichir nos propres réflexions», avait déclaré Pauline Marois.

Au Parti québécois - chez ceux intéressés par ces questions -, Jordi Pujol, président de la Generalitat de Catalunya de 1980 à 2003, est souvent considéré comme le René Lévesque des Catalans espagnols.

Depuis 15 ans

Avant de s'envoler pour Davos, Londres et Édimbourg, Pauline Marois a présenté sa rencontre à venir avec l'Écossais Alex Salmond comme un échange «entre des personnes politiques ayant des points de vue qui se rapprochent sur certains sujets, dont celui d'avoir plus de pouvoirs».

Les gouvernements québécois et écossais parapheront un accord de coopération, comme le Québec en a déjà avec la Bavière, la Catalogne et la Flandre.

Au Parti québécois, ceux qui ont déjà rencontré Alex Salmond apprécient l'homme politique qu'il est. C'est le cas du ministre Alexandre Cloutier. Il loue sa patience et sa détermination.

Le premier ministre Salmond tiendra à l'automne 2014 un référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Pauline Marois en discutera avec lui pendant les quelques heures qu'elle passera au pays du kilt.

L'Écosse et la Catalogne... Le chef souverainiste Bernard Landry en parlait déjà il y a 15 ans.

Les francophones

Et le nationalisme flamand, qui fleurit au nord de la Belgique?

Les gouvernements québécois et flamand ont des échanges suivis depuis des lustres. Dans quelques jours, le ministre flamand de l'Enseignement, de la Jeunesse et de l'Égalité des chances sera en visite officielle au Québec.

Mais avec les leaders nationalistes flamands, c'est une autre histoire. On n'a encore perçu aucun appel du pied du Parti québécois à l'endroit du chef de file nationaliste Bart De Wever, dirigeant de la Nouvelle Alliance flamande, le parti qui monte et qui monte.

Le fait est plus facile à constater qu'à expliquer. Les explications qu'on avance s'appuient en effet sur un mélange de réalités et de perceptions.

Bart De Wever est un érudit. Il est populiste. Il est télégénique aussi.

Il est très marqué à droite. Est-ce pour cela?

Bien des francophones belges ont appris à le détester. Il faut dire qu'il le leur a toujours bien rendu, son mouvement comparant régulièrement la Wallonie à un paradis d'assistés.

La Flandre doit cesser de soutenir le sud de la Belgique, selon Bart De Wever.

Est-ce pour cela? Pour son attitude envers la minorité francophone, celle de Wallonie et, plus encore, celle vivant en Flandre?

Les francophones? «Ils veulent de l'argent, un maximum d'argent pendant aussi longtemps que possible, et ils veulent Bruxelles», a lancé Bart De Wever la semaine dernière.

«Mais il ne sera pas dit que Bruxelles tombera dans les mains francophones!» a-t-il ajouté.

Il existe des nationalistes plus ou moins fréquentables, comme il existe des fédéralistes moins fréquentables que d'autres, a résumé un interlocuteur péquiste au Soleil.

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