François Houle renvoyé de la CSST «dans l'intérêt public»

Selon un communiqué publié mercredi, le président de... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

Agrandir

Selon un communiqué publié mercredi, le président de la CSST, l'ex-ministre libéral Michel Després, aurait agi avec célérité lorsque mis au fait des allégations contre son ex-directeur des communications François Houle.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Partager

(Québec) Le congédiement de l'ex-directeur des communications François Houle a été fait «dans l'intérêt public», soutient la CSST, qui refuse néanmoins de rendre publique l'enquête menée sur lui.

Il y a un an, Le Soleil a révélé le renvoi de M. Houle de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) après trois mois de suspension avec salaire. Des allégations de dépenses hors normes et de falsification de relevés incluant des notes de frais pour des repas circulaient déjà à son endroit. Il laissait alors entendre qu'il était victime d'un règlement de comptes.

Mercredi, le Journal de Québec en a rajouté une couche avec des détails contenus dans des «documents reliés à l'enquête». Il appert que M. Houle aurait multiplié les dîners bien arrosés dans de nombreux restaurants, inventant parfois la présence de certains invités, et étirant l'heure du dîner. «Nous sommes restés au restaurant de 12h15 à 18h environ, aurait déclaré un témoin. La conjointe de François nous a ramenés au bureau, car nous ne pouvions pas conduire.»

Dans un communiqué, mercredi, le président de la CSST, l'ex-ministre libéral Michel Després, n'a contesté aucun des éléments évoqués par le Journal. «Le congédiement de M. Houle est survenu à la suite d'une enquête rigoureuse, explique l'organisation. [...] M. Després ne tolère aucun écart. Dès qu'il a été mis au fait d'allégations, il a agi avec célérité. [...] La CSST ne tolérera jamais des situations semblables.»

Selon la CSST, M. Houle a été viré «dans l'intérêt de l'organisation et dans l'intérêt public». Notons toutefois que la CSST a préféré s'entendre à l'amiable avec lui plutôt que de débattre de l'affaire devant la Commission de la fonction publique lorsqu'il a contesté son congédiement.

Le principal intéressé, M. Houle, s'est refusé à commenter les informations publiées mercredi. «Je ne peux pas, merci. P.-S. - De grâce, n'appelez point ça des "informations"», a-t-il répondu au courriel du Soleil.

Identifiée par le Journal comme celle qui aurait raccompagné M. Houle et d'autres employés de la CSST trop éméchés, Marie-Claire Ouellet a nié «de façon véhémente», mercredi. Elle qui était à l'époque secrétaire générale associée à la communication gouvernementale au Conseil exécutif soutient qu'elle avait «autre chose à faire dans la vie». «Je n'ai jamais eu à faire ça», a-t-elle affirmé au Soleil. «Pour le reste, parlez à la CSST. C'est un dossier de nature administrative.»

Maltais exige un rapport

Mercredi, la ministre du Travail, Agnès Maltais, a adopté le ton de l'indignation et enjoint au président de la CSST de lui faire un rapport sur la situation. «Je veux recevoir un avis du conseil d'administration sur les faits et les motifs qui ont guidé les prises de décision, a-t-elle affirmé. Et je veux connaître les mesures qui ont été prises pour éviter que cela se reproduise.»

Toutefois, la ministre n'a pas de lien hiérarchique direct avec l'organisme parapublic. La CSST ne fait pas partie du périmètre comptable du gouvernement. Elle se finance entièrement à partir d'un pourcentage prélevé sur la masse salariale des entreprises québécoises.

«Soyons honnête, je n'ai pas droit au rapport d'enquête, a reconnu la ministre. C'est un C. A. indépendant. [...] Je veux avoir un maximum de faits sur les événements. Ils me livreront ce qu'ils peuvent me livrer. [...] Je pense qu'un tel dérapage mérite des explications.»

Il n'a pas été possible d'obtenir d'entrevue avec M. Després ni avec l'ex-ministre libérale Carole Théberge, vice-présidente aux communications de la CSST, qui avait recruté M. Houle chez la firme de relations publiques National.

M. Houle a aussi agi à titre de conseiller auprès de trois politiciens importants : le péquiste Bernard Landry, dans les années 80, Jean Charest avant qu'il ne dirige les libéraux du Québec et Lucien Bouchard, lorsque ce dernier dirigeait le Bloc québécois.

Il a été remplacé à la direction des communications de la CSST par l'ex-attachée de presse de

M. Després, Josée Delisle.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer