PLC: Martin Cauchon, l'aspirant chef de la tradition

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Martin Cauchon

La Presse Canadienne

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(Ottawa) Originaire de La Malbaie, âgé de 51 ans, Martin Cauchon présente une longue feuille de route au sein du Parti libéral du Canada. Avocat, candidat contre Brian Mulroney dans Charlevoix en 1988, il a été élu dans Outremont en 1993, nommé secrétaire d'État responsable du Développement économique du Québec en 1996, ministre du Revenu national en 1999 puis de la Justice en 2002. Il pratique le droit commercial depuis 2004, avec un fort accent sur les relations avec la Chine. Il a été battu par Thomas Mulcair dans Outremont, en mai 2011. Raymond Giroux l'a interrogé à la suite de l'annonce de sa candidature à la direction du Parti libéral du Canada.

Q Pourquoi annoncez-vous votre candidature à la dernière minute?

R J'étais super occupé ici, j'ai voyagé énormément, je réfléchissais, mais je n'avais pas le temps de vraiment m'arrêter. Je sais c'est quoi l'engagement. C'est le temps, je le sentais, je le voulais.

Q Pourquoi voulez-vous devenir premier ministre?

R Je veux être premier ministre pour que le Canada soit de nouveau un exemple dans le monde. On aura rarement vu un gouvernement qui change autant l'étoffe d'un pays en si peu de temps.Je suis né dans Charlevoix d'un père menuisier qui me disait que j'étais chanceux d'être né dans un pays extraordinaire où tout est possible, un pays qui fait envie. Je ne suis pas certain que ce pays fait encore envie, je ne suis pas certain que mon père dirait encore la même chose.

Q Qu'est-ce qui vous choque le plus dans l'action du gouvernement?

R Notre position par rapport aux Nations Unies, à Haïti, à l'Afrique. Et regardez ce qu'on fait à la fibre sociale avec le law and order. Les sentences minimales pleuvent, alors que c'est un outil qu'on devrait utiliser avec parcimonie pour permettre aux tribunaux de continuer à jouer leur rôle. C'est un gouvernement de désengagement.

Q Approuvez-vous la recherche du déficit zéro?

R Oui, mais au détriment de quoi? Ce n'est pas vrai qu'avec un gouvernement voué au laisser-faire économique, le Canada va retrouver sa place dans le cadre de la reprise. Le gouvernement doit se réengager de façon raisonnable et responsable tout en ayant à l'oeil la question budgétaire.

Q Vous représentez la tradition libérale...

R Oui, mais actualisée, je suis un libéral fiscalement responsable et socialement très ouvert. Le Parti libéral n'est pas un parti doctrinaire, je me classe comme pragmatique.

Q Quels seront vos thèmes de campagne?

R Je suis un candidat d'expérience, j'ai été membre du cabinet, je connais l'appareil gouvernemental. J'ai été président de l'aile québécoise et je connais bien le fonctionnement du parti.On doit redonner le parti à la base militante, on doit s'ouvrir à la population, préparer une plateforme libérale en s'assurant qu'elle correspond aux attentes de la population.

Q Vous vous présenterez dans Charlevoix. Pourquoi?

R C'est là où j'ai grandi, c'est drôlement sympathique, c'est mon patelin, et cela permet au parti de retourner dans l'Est.

Q Quel est votre principal adversaire dans cette course?

R Je ne pose pas la question ainsi. Je vais faire ma campagne proprement, débattre de mes idées, il y en a que vous allez aimer, d'autres que vous allez moins aimer, et ce sera à la population de décider. Cela doit être fait de façon très civilisée. Nous sommes dans le même parti et on devra vivre ensemble par la suite.

Q Vous voulez rétablir le Registre des armes à feu?

R Quand M. Harper a aboli le Registre des armes à feu, on aurait dû monter aux barricades comme le Québec l'a fait. C'était odieux qu'il y mette un terme.Il va falloir retourner à une forme de registre à l'intérieur d'un budget raisonnable, à un élément qui nous donnerait la même protection, les mêmes composantes. Le Registre envoyait un message clair: l'utilisation des armes à feu n'est pas un droit constitutionnel, contrairement aux États-Unis. C'est un outil hyper efficace utilisé par les corps policiers et qui sauvait des vies.

Q Les gens veulent-ils entendre parler de constitution?

R Les gens ne veulent pas qu'on rouvre le débat, ils souhaitent que les différents gouvernements travaillent ensemble. Dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, je ne le sais pas, il y aura probablement un moment où on pourra constitutionnaliser ce qui se fait sur une base administrative.

Q Comment y arriver?

R Cela prend un chef qui fera preuve d'ouverture envers les aspirations des provinces. Le Conseil de la fédération permet d'établir des consensus et de changer le rapport de forces envers Ottawa.Cela crée une belle dynamique, et il faut être pragmatique, ouvert et respectueux. C'est très dur à décrire concrètement, mais l'approche d'ouverture est importante.

Q Approuvez-vous l'aide fédérale dans le dossier de Muskrat Falls, à Terre-Neuve?

R Quand tu es au gouvernement canadien, ton intervention est pancanadienne. Des décisions peuvent avoir l'air d'une injustice vue d'un bout de la lorgnette, et constituer une bonne intervention vue de l'autre extrémité. Le gouvernement canadien a un rôle à jouer dans l'économie, c'est ce que M. Harper a fait.

Q Quel est le parti à battre, selon vous?

R Je pense que ce sont les conservateurs. Ce qui s'est passé au Québec aux dernières élections, eh bien, le momentum n'y est plus [pour le Nouveau Parti démocratique]. Aux prochaines, les gens auront eu presque 10 ans de gouvernement Harper, ce sera à nous de nous préparer pour offrir une alternative qui sera enracinée partout au Canada.

Q Craignez-vous les souverainistes?

R Je ne déclarerai jamais mort le mouvement nationaliste au Québec, cela fait partie de notre fibre francophone et de nos institutions différentes. La fierté québécoise sera toujours là, à nous de nous assurer qu'on puisse développer une fédération qui corresponde aux attentes du Québec.

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