Direction du PLQ: Couillard prend ses distances du gouvernement Charest

Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand, tous... (Graham Hughes)

Agrandir

Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand, tous candidats à la direction du PLQ, ont tenu un premier débat dimanche.

Graham Hughes

Partager

(Québec) Philippe Couillard a pris ses distances de la gestion de la crise étudiante opérée par le gouvernement Charest, lors du premier des cinq débats de la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).

Il a jugé «superflu», dimanche, le volet du projet de loi 78 - devenu la loi 12 - portant sur «l'encadrement des manifestations», une législation appuyée et votée par ses deux adversaires, Raymond Bachand et Pierre Moreau.

«J'étais tout à fait d'accord avec les autres objectifs de la loi 78, ceux sur l'accès aux cours et le calendrier scolaire. Mais je pense que ce n'était pas nécessaire d'ajouter la partie sur l'encadrement des manifestations», a confié Philippe Couillard en entrevue au Soleil à l'issue du débat.

Contrairement à Raymond Bachand et à Pierre Moreau, l'ancien ministre de la Santé a émis des bémols sur la thèse voulant que le réseau universitaire souffre d'abord et avant tout de sous-financement chronique. Pour lui, des gains d'efficience peuvent être obtenus.

Plutôt que la hausse des droits de scolarité défendue par ses deux rivaux lorsqu'ils siégeaient au Conseil des ministres du gouvernement Charest, il suggère de commencer par une simple «indexation» - laquelle serait suivie d'une «évaluation rigoureuse» des besoins des universités. Le gouvernement Marois propose aussi une indexation.

Un contre-pied que rejettent avec véhémence l'ancien ministre des Finances Raymond Bachand, ainsi que Pierre Moreau, qui a été aux Transports. «Philippe, en tout respect, ça n'a pas de bon sens ce que tu dis», a laissé tomber Raymond Bachand devant les quelque 500 militants libéraux réunis au Collège de Maisonneuve, à Montréal. Pour lui, la thèse du sous-financement est largement étayée.

Réponse du candidat Couillard : «Je pense, Raymond, que les universités ont raison de dire qu'elles sont sous-financées. Mais je crois que les étudiants également peuvent avoir raison de dire qu'on peut optimiser la gestion et libérer des marges de manoeuvre.»

L'accessibilité à l'éducation se joue «en amont» de l'université, a insisté Philippe Couillard. Elle se joue aux niveaux primaire et secondaire.

Celui qu'un sondage CROP décrit comme le plus susceptible d'élargir la base électorale du PLQ voit d'un bon oeil l'implantation de prématernelles dans les quartiers défavorisés.

Modulation

Raymond Bachand prône l'instauration du «vote secret» par Internet pour toutes les questions importantes que devront trancher les étudiants.

Sur le financement du réseau universitaire, l'ex-responsable des Finances envisage des droits de scolarité modulés selon les disciplines. Il se demande si les étudiants des facultés de médecine, par exemple, ne devraient pas acquitter des droits plus élevés que ceux de certains départements de sciences humaines - compte tenu des revenus qu'ils peuvent espérer toucher une fois sortis des campus.

Raymond Bachand est le premier à en avoir parlé, dimanche. Mais Philippe Couillard s'est montré parfaitement d'accord avec un tel projet. L'idée plaît également à Pierre Moreau.

Cégep

Ce dernier a étonné en réclamant un débat sur la «pertinence» des cégeps, une structure qui n'existe nulle part ailleurs au Canada. Une suggestion à laquelle s'oppose le candidat Couillard. Le caquiste François Legault a déjà flirté avec cette idée.

«Il faut se poser des questions si on veut trouver des réponses», a fait valoir Pierre Moreau, qui demeure inconnu d'une large partie des Québécois et des militants libéraux, d'après CROP.

Points de convergence

Les points de convergence ont été nombreux, dimanche. Aucun des candidats ne rouvrirait la loi 101 s'il dirigeait le Québec. Aucun n'abaisserait les seuils d'immigration, fixés en moyenne à quelque 50 000 personnes annuellement.

Mais le Québec, a précisé Pierre Moreau, devrait accorder plus d'importance qu'il ne le fait actuellement à la capacité d'insertion en emploi des personnes immigrantes et moins à la connaissance du français - à charge pour le gouvernement d'investir davantage dans les mesures de francisation. Il estime que l'emploi est un facteur fondamental de l'intégration.

Philippe Couillard suggère de faire pression sur les ordres professionnels contre lesquels se butent bien des nouveaux arrivants. «Il faut arrêter de se cacher derrière l'indépendance des ordres professionnels.» Il pense à un forum public sur ce sujet et à une législation.

Raymond Bachand soutient aussi qu'il faut forcer la main des ordres professionnels.

Sujet éludé

Les trois candidats ont paru éluder les questions de la journaliste Dominique Poirier portant sur le désamour d'une bonne partie des Québécois francophones à l'égard du PLQ.

À ce chapitre, Philippe Couillard a préconisé l'élaboration d'un code d'éthique pour les partis politiques et leurs organisations. Raymond Bachand a indiqué que la commission Charbonneau aurait pu être mise sur pied six mois plus tôt.

Le second débat se déroulera dimanche prochain au Cégep Limoilou, à Québec. Les délégués du parti éliront le successeur de Jean Charest le 17 mars.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer