Par contre, la crise étudiante a eu un impact sur les candidatures du PJQ, confirme la première ministre de l'exercice, Sophie Gagnon.
«On a eu une petite hausse. Ce qui m'a frappé dans les candidatures, c'est le nombre de personnes qui justifiaient leur intérêt à cause de la crise étudiante.» Selon elle, près d'une vingtaine de candidats auraient clairement indiqué que depuis le «printemps érable», ils ne se «foutent» plus de la chose politique.
Sophie Gagnon ne croit pas par ailleurs que les jeunes avaient décroché de la politique avant le conflit né de la hausse annoncée des droits de scolarité. «Là où la crise étudiante a vraiment changé quelque chose, c'est que c'est la première fois où les jeunes se sont dit : "on peut faire une différence". Ce n'est pas qu'avant, ils étaient désintéressés, c'est juste qu'ils se sentaient inutiles», avance-t-elle.
Langue et souveraineté
Malgré l'intérêt qu'a suscité le conflit étudiant, les débats du PJQ sont demeurés éloignés de l'actualité ainsi que des sujets reliés à la langue ou à la souveraineté afin d'en respecter l'esprit non partisan. «Quand on choisit les projets de loi, on enlève tout ce qui est relié à l'actualité. Et on est tellement pris par nos débats que quand on s'assoit pour luncher, on ne parle pas du gouvernement Marois, on parle du PJQ», explique Sophie Gagnon.
«Ce qu'on cultive, ce n'est pas l'appartenance à un groupe politique, c'est, au contraire, d'être capable d'écouter, de remettre en question et de pouvoir partager des idées avec des gens issus de différentes idéologies. On s'inscrit un peu en contre-courant des partis politiques», poursuit la jeune avocate.
Aux yeux des participants du PJQ questionnés par Le Soleil, les cinq jours de discussions non partisanes auront été une accalmie après des mois marqués par des opinions polarisées et de la confrontation.
«Ça assainit les débats, ça permet de discuter pour vrai et non de se restreindre à différentes idéologies», souligne Stéphan Fogaing, un étudiant en génie aérospatial à l'École polytechnique de Montréal.
Mathieu Bernier-Trudeau, l'un des nombreux participants qui font des études en droit, estime que «ça fait du bien» de sortir d'un «carcan» où deux clans restent campés sur leurs positions.
Cette année, les jeunes parlementaires ont étudié des projets de loi portant sur la citoyenneté, une révision du système de justice pénale, la gestation pour autrui et une réforme dans le domaine agroalimentaire.