L'inclusion du Québec dans le 150e anniversaire de la Confédération pose problème

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Dans leur liste d'événements à souligner d'ici 2017, des fonctionnaires fédéraux ont évoqué le 125e anniversaire de l'exécution du patriote Louis Riel en 2010, le 200e anniversaire de naissance de Sir John A. Macdonald, en 2015, et le 175e de la naissance de Sir Wilfrid Laurier en 2016.

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Annie Mathieu est journaliste surnuméraire au Soleil.
Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) En vue du 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017, les fonctionnaires fédéraux se cassent la tête depuis quelques années afin de donner un sens à la fête au plus grand nombre de Canadiens, et particulièrement aux Québécois. Plusieurs idées ont été évoquées, dont celle de souligner le 25e anniversaire de l'échec de l'accord du Lac-Meech et le 125e de la pendaison du patriote Louis Riel. Il a même été question de rouvrir le débat constitutionnel et de financer la construction de l'amphithéâtre de Québec.

Réunis en février 2010 pour une session de remue-méninges, des employés du ministère du Patrimoine canadien ont établi une liste de défis que posent les célébrations du 150e anniversaire du pays dont ils sont chargés. Parmi les difficultés énumérées dans les notes obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, il y a le contexte économique, l'immigration, la diversité, les tensions culturelles et la signification de cette date pour les Autochtones et les Québécois.

«Comment peut-on identifier un espace commun pour tous les Canadiens?», se demandent les fonctionnaires. La deuxième question sur la liste porte sur la province qui n'a pas ratifié la Constitution lors de son rapatriement en 1982. «Comment peut-on engager le Québec en terme d'histoire commune avec le reste du Canada pour 2017?», questionne la quinzaine de participants à la réunion.

Quelques mois plus tard, lors d'une rencontre tenue en octobre 2010 entre fonctionnaires fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de la culture et du patrimoine, un groupe s'est penché sur les façons de «revitaliser la démocratie canadienne et sa participation» et évoque l'idée de «redémarrer les discussions sur le fédéralisme et la création politique du pays».

Il est écrit que les changements à la Constitution sont extrêmement craints et que «plusieurs en ont marre des référendums et des accords, mais qu'en 2017, il s'agirait peut-être d'une opportunité pour un nouveau groupe d'individus de s'y pencher à nouveau et de discuter de la structure du pays», peut-on lire dans l'épaisse documentation où les préoccupations concernant la Belle Province sont omniprésentes.

Idées surprenantes

Dans la dizaine de comptes-rendus de réunions tenues depuis trois ans pour discuter du 150e du Canada consultés par Le Soleil, les fonctionnaires étoffent une longue liste de dates dans l'histoire du pays qui pourraient être célébrées d'ici 2017. Nombre d'entre elles - et certaines surprenantes - concernent le Québec.

Par exemple, pour 2010, le 125e anniversaire de l'exécution du patriote Louis Riel a été évoqué. Pour 2015, le 25e de l'échec de l'accord du Lac-Meech et le 250e de la première église presbytérienne à Québec ont retenu l'attention des fonctionnaires. Les employés fédéraux soulignent qu'en 2013, il se sera écoulé 350 années depuis l'arrivée des Filles du roi et la création du Séminaire de Québec.

Certaines dates «clés» apparaissent à chaque réunion. Après le jubilé de la reine et le bicentenaire de 1812, il est question de célébrer en 2014 le 150e anniversaire des conférences de Charlottetown et de Québec, le 200e de la naissance de Sir George-Étienne Cartier ainsi que les 75e et 100e anniversaires de la déclaration de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale. En 2015, le 200e anniversaire de naissance de Sir John A. Macdonald et le 50e du drapeau canadien occuperaient l'avant-scène tandis que l'année suivante, ce serait le 175e de la naissance de Sir Wilfrid Laurier et de l'union du haut et du bas Canada qui seraient soulignés.

«Le Québec a un rôle historique fondamental dans la création du pays», soutient le ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, qui explique que les célébrations du 150e du Canada seront une occasion pour les Québécois de redécouvrir leur histoire grâce à ces différents jalons. «Ils se souviendront qu'un patriote, George-Étienne Cartier, est un des Pères de la Confédération», cite-t-il en exemple.

Consultations

Si le député de Lévis-Bellechasse assure que les anniversaires comme le 100e de la bataille de Vimy en France ou ceux des deux grandes guerres mondiales seront soulignés en grande pompe, il ne confirme aucune activité au Québec. «Nous sommes à l'étape des consultations», précise M. Blaney. Ce dernier n'a pas non plus voulu commenter la fin des rénovations du Manège militaire, prévues aussi pour l'année du 150e du Canada. «C'est un symbole important», s'est-il contenté de souligner.

Quant au budget qui sera alloué à cette grand-messe, les notes du ministère du Patrimoine expliquent qu'à l'occasion du centenaire de la Confédération en 1967, le gouvernement a investi 500 millions $ (en dollars de 2010 et sans compter l'Expo 67) et «qu'étant donné le contexte financier actuel, un investissement similaire est peu probable».

Les fonctionnaires se sont notamment questionnés quant à... (Image fournie par équipe integrée SAGP) - image 2.0

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Les fonctionnaires se sont notamment questionnés quant à la pertinence d'engager le fédéral dans la construction des amphithéâtres de hockey prévus à Québec et à Edmonton.

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Financer l'amphithéâtre, une idée vite écartée

L'idée d'impliquer Ottawa dans la construction du nouvel amphithéâtre de Québec a été soulevée en 2010 par des fonctionnaires du ministère du Patrimoine chargés de préparer les célébrations entourant le 150e anniversaire de la Confédération.

Si elle n'a pas fait long feu, la proposition est tout de même écrite noir sur blanc dans les documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information auprès du Ministère. Elle figure dans une section où il est question de financer des infrastructures qui pourraient laisser leur marque après 2017.

Plus précisément, les fonctionnaires se questionnent quant à la pertinence d'engager le fédéral dans la construction d'infrastructures sportives planifiée dans différentes communautés, comme les amphithéâtres pour la Ligue nationale de hockey prévus à Québec et à Edmonton.

L'attaché de presse du ministre du Patrimoine, James Moore, assure que l'idée n'a pas franchi les portes du cabinet. «C'est du brainstorm et ça remonte à 2010», souligne Sébastien Gariépy, rappelant que le fédéral a par la suite refusé de verser de l'argent pour le projet du maire de Québec, Régis Labeaume.

Un autre événement pour lequel ce dernier a frappé à la porte d'Ottawa pour obtenir du financement, les Grands Voiliers, pourrait quant à lui recevoir une réponse positive. Les organisateurs d'Horizon 2017, qui permettra à la capitale d'accueillir une quarantaine de voiliers l'année du 150e de la Confédération, souhaitent que leur événement s'inscrive dans la liste des activités de la fête canadienne. À l'automne, le ministre fédéral Denis Lebel avait montré une certaine ouverture, se disant conscient du besoin.

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