Gouvernement du PQ: «la politique autrement» a ses limites

Depuis septembre 2011, le Parti québécois n'a procédé... (Photothèque Le Soleil)

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Depuis septembre 2011, le Parti québécois n'a procédé qu'à un un seul véritable vote libre, sur le projet de loi 204 sur la gestion du futur amphithéâtre de Québec.

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(Québec) En 15 mois dans l'opposition et au gouvernement, l'aile parlementaire du Parti québécois (PQ) à l'Assemblée nationale n'a procédé qu'à un seul véritable «vote libre». Les rangs péquistes n'ont jamais été rompus depuis la crise autour du contrat de gestion de l'amphithéâtre de Québec.

Inscrit dans le programme de «rénovation démocratique», le vote libre a été l'un des grands sujets de préoccupation du caucus du Parti québécois en 2011. C'était au pire moment de la tempête qu'a dû affronter Pauline Marois.

Début septembre 2011, de guerre lasse, la chef péquiste a finalement dit oui à cette volonté que portaient plusieurs députés, parmi lesquels Bernard Drainville et Sylvain Pagé. Fini la «ligne de parti» rigide! s'écriait-on au PQ.

Avec le recul, le bilan de l'expérience semble mitigé. Mais attention! dit un interlocuteur du Soleil : «Ce n'est pas parce que son existence ne saute pas aux yeux que le vote libre n'existe pas.»

Depuis le oui de Pauline Marois, tous les députés du Parti québécois ont pu voter librement - tant lorsqu'ils formaient l'opposition officielle que depuis qu'ils sont au gouvernement, assure la direction de la formation. Si la ligne de parti n'a jamais été brisée depuis le vote sur le projet de loi 204, le 20 septembre 2011, c'est tout simplement qu'aucun élu n'a senti le besoin d'inscrire sa dissension dans un autre dossier, explique-t-on. Les sujets soumis au vote auraient fait consensus à l'interne.

Les circonstances ne se seraient donc pas prêtées à l'exercice.

Officiellement, la ligne de parti au PQ ne prévaut plus que pour les questions budgétaires et pour les engagements figurant au programme.

Minoritaire...

D'autres interlocuteurs précisent que l'habitude et la nature de notre système parlementaire pèsent de tout leur poids. Et que même s'il y avait eu des sujets litigieux, il est peu probable que des députés auraient réclamé le vote libre; qu'ils auraient osé en exiger un.

On peut d'ailleurs noter que le vote libre n'a jamais été inscrit dans les statuts du parti.

Sans doute est-ce dû au contexte de gouvernement minoritaire avec lequel le PQ doit composer, mais le fait est que la ligne de parti n'apparaît plus, de façon générale, aussi lourde à porter que l'an dernier.

On lui trouve même du mérite, dans la mesure où elle oblige à rechercher et à aboutir à des consensus en caucus.

Chose certaine, appliqué comme il l'est, le vote libre n'a aucunement mené à l'«ingouvernabilité», comme certains s'en inquiétaient.

Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec affirment que les votes qu'exercent leurs députés sont toujours «libres», qu'il n'existe pas de ligne de parti chez eux. Mais ils n'ont tenu aucun vrai débat sur cette question.

Réalités diverses

Même si tout le monde au Parti québécois s'en réclame, la rénovation démocratique est difficile à faire passer dans les moeurs politiques. C'est que «faire de la politique autrement» a ses limites; en plus de recouper des réalités différentes d'un élu à l'autre, doit-on aussi constater.

À regarder les initiatives lancées par le député Léo Bureau-Blouin, on peut, par exemple, observer qu'il s'agit beaucoup pour lui de consulter davantage; de demander aux citoyens ce qu'ils pensent de telle ou telle question. Consulter et consulter.

Difficile de faire de la politique autrement dans la vie concrète... On l'a constaté avec une série de nominations partisanes ayant fait grand bruit cet automne.

Dans le cahier d'animation présenté il y a tout juste un an en vue du Conseil national de janvier dernier, consacré à la rénovation démocratique, on trouvait plusieurs idées - dont certaines controversées. On proposait d'abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans, de tenir des «référendums d'initiative populaire» et, rappelons-le, de permettre aux parlementaires d'interroger les nouveaux sous-ministres et les dirigeants de sociétés d'État nommés par le gouvernement.

Chantier disputé

Bilan mitigé? Au gouvernement, on se félicite des pas franchis vers la rénovation démocratique et de ceux à venir: du vote libre, même si, 15 mois plus tard, cette possibilité n'a pas vraiment été testée; mais aussi du nouveau système de financement des partis politiques provinciaux, ainsi que du projet de loi sur la tenue des élections générales à date fixe - des éléments qu'on inclut dans le coffre à outils de cette rénovation. Ils ont été ou sont portés par le ministre Bernard Drainville.

Au cours des prochaines semaines, le responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne ajoutera un élément de plus en déposant un projet de loi abolissant les indemnités de départ aux députés quittant leur poste en cours de mandat.

Au gouvernement, on sait que toutes ces intentions font à peu près consensus dans la population. On espère marquer des points politiques dans l'opinion publique et se présenter aux prochaines élections en disant qu'on a «renouvelé» la politique.

Chez les partis d'opposition, on insiste pour dire, en faisant référence aux nominations partisanes, que les gestes n'ont pas toujours suivi les intentions jusqu'ici.

La Coalition avenir Québec de François Legault voudra prouver au cours des prochains mois qu'elle est la mieux placée pour «ouvrir vraiment» le chantier du renouveau et le compléter.

On se le disputera.

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