Marc Garneau: l'homme qui veut se débarrasser de Stephen Harper

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À 63 ans, Marc Garneau se lance dans la course à la direction du Parti libéral du Canada. «Je suis en excellente santé, je me suis dit que ma soixantaine sera la décennie où je travaillerai le plus fort. J'ai de l'expérience, une certaine sagesse, beaucoup de forces pour cette course. Mon âge ne m'inquiète pas.»

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(Ottawa) Né à Québec le 23 février 1949, fils et petit-fils de militaire de la famille du 22e Régiment, Marc Garneau a fait carrière dans la Marine avant de devenir le premier astronaute canadien, en 1984. Fort de trois vols dans l'espace, il a par la suite présidé l'Agence spatiale canadienne avant son élection comme député libéral de Westmount-Ville-Marie, en 2008. Il sollicite la direction de son parti dans une course qui se terminera le 14 avril. Raymond Giroux l'a interrogé au lendemain de l'annonce de sa candidature.

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Avec sa mère, Jeanne. Né à Québec, Marc Garneau habitait Punaise-Ville, un quartier temporaire de la Seconde Guerre mondiale situé derrière le Manège militaire.

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Marc Garneau évoque son expérience d'astronaute pour vanter ses aptitudes comme chef de parti. «Je suis un joueur d'équipe. Pour voler sur une navette spatiale, c'est une question de survie.»

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Q Vous êtes né à Québec. Dans quel contexte?

R Mes parents habitaient dans ce qu'on appelait alors Punaise-Ville, un quartier temporaire de la Deuxième Guerre mondiale juste derrière le Manège militaire, et je suis né à l'ancien hôpital Jeffery Hale, sur René-Lévesque. Mon père étant militaire, nous avons fait quatre séjours à Québec entre des missions en Allemagne, à Saint-Jean-sur-Richelieu et en Angleterre. J'ai fréquenté l'Institut Saint-Joseph-Saint-Vallier et l'Académie de Québec, aujourd'hui le Cégep de Sainte-Foy.

Q Êtes-vous encore attaché à Québec?

R Après mon premier vol dans l'espace, en 1984, j'ai insisté pour commencer ma tournée par ma ville natale, Québec, où j'ai eu le grand plaisir d'être accueilli par René Lévesque, un homme que j'admire beaucoup, un grand Québécois, même si on ne partageait pas la même vision.

Q Un souvenir?

R Les Soeurs grises ont essayé de me transformer de gaucher en droitier, elles se sont découragées. Mais elles n'avaient pas poussé trop fort, elles avaient compris!

Q Pourquoi voulez-vous devenir premier ministre?

R Parce que les valeurs de M. Harper ne sont pas celles de la majorité des Canadiens. En plus, je ne pense pas qu'il gère bien l'économie. Il mise sur nos ressources naturelles, ce n'est pas suffisant à cause des fluctuations du marché. Il faut développer l'économie du savoir. Je voudrais me débarrasser de Stephen Harper, il change le pays d'une façon que je n'aime pas. Ce n'est pas le Canada dans lequel j'ai grandi et que je veux laisser à mes enfants.

Q En quoi feriez-vous le meilleur chef pour le Parti libéral?

R La question est de savoir qui est le plus prêt à affronter M. Harper. Et selon ma feuille de route, j'ai servi mon pays toute ma vie, je suis très fier de ce que j'ai accompli à l'Agence spatiale. Nous sommes le cinquième pays au monde dans ce secteur parce que nous sommes bons, il faut miser sur nos forces, il nous faut d'autres Bombardier.

Q Vous avez 63 ans, vous planifiez votre carrière jusqu'à 70 ans. N'est-ce pas là un grand défi?

R On vit seulement une fois, je suis en excellente santé, je me suis dit que ma soixantaine sera la décennie où je travaillerai le plus fort. J'ai de l'expérience, une certaine sagesse, beaucoup de forces pour cette course. Mon âge ne m'inquiète pas.

Q Vous venez d'une culture militaire fondée sur la discipline, où quelqu'un donne les ordres et les autres obéissent. La politique fonctionne-t-elle ainsi?

R La discipline, c'est bon quand on gère le budget. Mais je suis un joueur d'équipe. Pour voler sur une navette spatiale, c'est une question de survie. C'était la même chose à l'Agence spatiale, avec les 700 employés. Ce n'était pas mené comme une opération militaire. Je suis capable de travailler avec les autres, je l'ai démontré toute ma vie. Il y a du talent dans notre parti, il faut le laisser s'épanouir.

Q Pourquoi alors aucun collègue de votre caucus ne vous appuie?

R On verra durant la campagne, à moi de prouver que j'ai l'appui de beaucoup de collègues.

Q Vous avez été membre du conseil d'administration d'une entreprise exploitant les sables bitumineux. Êtes-vous partisan de leur exploitation?

R De 2006 à 2008, j'étais au conseil de la UTS Energy Corp, vendue à la française Total depuis ce temps. Je suis en faveur de leur exploitation à la condition que cela soit fait de façon responsable. Les compagnies veulent des règlements clairs et équilibrés, qui ne les mettent pas dans une situation désavantageuse.

Q On peut le faire en respectant l'environnement?

R C'est certainement possible de le faire. Ces sables bitumineux sont une source de richesse pour le Canada, jusqu'à un certain point partagée avec le Québec et les autres provinces.

Q La question constitutionnelle ne serait pas une priorité pour vous?

R C'est vrai, ce n'est pas la priorité que je détecte au Québec en ce moment. On ne s'attend pas à ce que le gouvernement fédéral mette l'accent là-dessus. J'aimerais le faire quand les circonstances seront propices.

Q Que seraient des circonstances propices?

R M. Harper, à mon avis, ne comprend pas le Québec, il n'est pas sensible aux revendications du Québec, il a décidé qu'il n'a pas besoin du Québec. Il faut un climat de coopération, et c'est quelque chose que j'apporterais, moi, si j'étais premier ministre.

Q Comment le Parti libéral peut-il survivre à cette course sans s'entredéchirer?

R Je dois vendre ma salade, j'entends présenter mes idées. Si elles sont différentes de celles des autres, les libéraux décideront. Ce n'est pas nécessaire pour moi d'attaquer, j'espère que les autres candidats ont le même sentiment. On peut avoir un débat respectueux.

Q La notoriété de Justin Trudeau vous effraie-t-elle?

R J'ai de la notoriété moi-même depuis 28 ans. C'est très bien que Justin soit dans la course, il aura l'occasion de démontrer qu'il a l'étoffe pour être le prochain chef. Je suis content que les électeurs aient un choix, c'est un signe de bonne santé.

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