Papiers White Birch: le projet de loi «ne va pas assez loin» pour les retraités

C'est la ministre du Travail, Agnès Maltais, qui... (Photothèque Le Soleil)

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C'est la ministre du Travail, Agnès Maltais, qui a présenté le projet de loi 15 à l'Assemblée nationale, permettant l'établissement de régimes de retraite à prestations cibles.

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(Québec) Le projet de loi d'Agnès Maltais permettant l'établissement de régimes de retraite à prestations cibles ne va pas assez loin, dit Renaud Gagné. Le vice-président national du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier croit que le gouvernement devrait exercer plus de pression pour forcer les propriétaires de Papiers White Birch à verser les 35 millions $ qui manquent aux régimes de retraite.

Le représentant syndical Renaud Gagné est somme toute déçu du projet de loi 15, déposé vendredi à l'Assemblée nationale. Il s'attendait à ce que celui-ci définisse davantage les paramètres réglementaires du cadre législatif. «On s'entend-tu que dans trois articles, ce n'est pas les paramètres?» expose-t-il.

M. Gagné prend exemple sur les contrats d'assurance. Quand on assure notre maison, on a besoin de savoir quelles sont les clauses du contrat et ce qui advient dans tel ou tel cas. «Ça ne va pas assez loin, ça prend les paramètres réglementaires, explique-t-il. Admettons que la partie réglementaire dit que les régimes à prestations cibles doivent être évalués tous les ans. S'il y a un déficit de prévu parce qu'il n'y a pas assez d'argent, qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on baisse les rentes tout de suite? À quel moment est-ce qu'on les baisse? À 5 % de déficit, à 8 % ou à 10 %?»

Alors que Mme Maltais enjoint aux parties de négocier ensemble, le porte-parole syndical lui renvoie la balle et dit que c'est à elle de forcer la main à l'employeur pour qu'il rembourse au plus vite les 35 millions $ qu'il doit aux retraités. «On va pouvoir finaliser les travaux lorsqu'on aura la réglementation. Entre-temps, comme on n'a ni [le texte final] ni [la réglementation], la ministre doit se retourner de bord, puis dire à la compagnie : "Regarde, c'est assez. Je t'ai garanti que tu aurais ton 35 millions $ pour investir dans l'usine de Québec; je t'ai garanti par un projet de loi que tu vas avoir ton régime à prestations cibles; tu pourrais-tu faire ton bout de chemin, puis avancer l'argent de ces gens-là, qu'on arrête de les couper, Saint-Cibole!"»

La ministre Agnès Maltais a pourtant affirmé que c'est exactement ce qu'elle a fait. «Le patron pourrait verser tout de suite son 35 millions $. J'en appelle à ce qu'il le fasse et je lui ai écrit pour lui demander de le verser tout de suite», a-t-elle commenté.

À court terme, le dépôt du projet de loi ne change pas grand-chose pour les retraités. Eux qui croyaient s'en tirer avec 70 % de leur prestation de retraite n'en empocheront que 53 % à partir d'aujourd'hui. Mais, dès lors que le fonds Black Diamond, nouveau propriétaire des installations, versera le 35 millions $ promis, les retraités se feront payer le manque à gagner accumulé entre-temps, jusqu'à hauteur des 70 % prévus au moment de la relance de l'usine.

«Le projet de loi est rétroactif», a expliqué Mme Maltais.

Reste à voir si le propriétaire tiendra parole. Il ne s'agit pas du «citoyen corporatif le plus modèle que nous ayons rencontré», a reconnu la ministre.

Accusations «injustes»

Par ailleurs, vendredi, l'ex-ministre responsable de la région de Québec Sam Hamad s'est désolé des propos du Regroupement des retraités de l'usine Stadacona à son égard. Le président, Gilles Bédard, s'est excusé auprès de ses membres de lui avoir fait confiance.

Il s'agit «d'accusations injustes», s'est défendu M. Hamad au Soleil. Le député de Louis-Hébert dit s'être débattu pour ramener les parties à la table au moment où tout semblait perdu pour l'usine. Il digère mal que sa parole soit mise en doute. «C'est décevant de sa part, a dit M. Hamad. Si on n'avait pas agi, les retraités auraient été dans une situation de coupure de 40 % à 50 %. [...] Maintenant, depuis le 4 septembre, il y a un nouveau gouvernement. Il doit s'assurer que l'entente respecte les éléments qui permettent de protéger les retraités.»

Quoi qu'il en soit, M. Hamad entend appuyer le projet de loi, qui va «dans la même direction» que ce qui était proposé par le gouvernement précédent.

À la Coalition avenir Québec, le député Gérard Deltell estime que l'unanimité faite derrière le projet de loi démontre «la sensibilité des élus à la situation» des employés et des retraités de la papetière. La pièce législative devrait donc être adoptée sans problème avant Noël.

 

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