Montréal et Laval «seront en panne pendant un an», croit un expert

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Les cas de collusion et de corruption soulevés par la commission Charbonneau, qui ont joué un grand rôle dans la démission des deux maires, devraient aussi, selon Luc Bernier, inciter les villes à resserrer leurs contrôles anticorruption.

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Commission Charbonneau
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Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) Pour Luc Bernier, codirecteur du Centre de recherche sur la gouvernance de l'École nationale d'administration publique (ENAP), les démissions récentes des maires de Montréal et de Laval, Gérald Tremblay et Gilles Vaillancourt, sont autant d'occasions manquées de tenir rapidement une élection à la mairie de ces deux grandes villes.

«Deux des trois plus grandes villes du Québec, 2,2 millions de citoyens qui n'ont plus de maire, c'est unique. Par contre, ils ont étiré les choses pour annoncer leur départ tout juste après la date avant laquelle il aurait fallu tenir une élection partielle à la mairie. Je crois que c'est un déni de démocratie, car les citoyens de ces deux villes n'auront pas de maire pendant un an», a déclaré M. Bernier en entrevue au Soleil.

«Certains pourraient dire que ça a épargné le coût d'une élection, mais personnellement, je crois que la démocratie a un coût et je ne pense pas que ce coût-là soit si majeur. C'est un coût qui est nécessaire», poursuit-il, déplorant que la population perde ainsi l'occasion de s'exprimer sur la situation qui secoue présentement les deux villes.

«Avec un scrutin, on aurait pu avoir une indication de ce que la population veut en regard de la situation actuelle, mais on ne l'aura pas. On aura plutôt droit à de l'attentisme. Ces deux villes seront en panne pendant un an», estime le chercheur.

Luc Bernier croit que les personnes qui assumeront les charges de la mairie à Montréal et Laval ne le feront que sur une base intérimaire en attendant les élections générales de 2013 et qu'ils hésiteront à changer les choses.

«Ils ne prendront pas beaucoup de décisions car ils n'ont pas été élus à cette fonction et ne verront pas de raison de changer les choses. Il n'y aura donc pas de nouveau projet de développement, pas d'investissement majeur, pas de nouvelle direction ni de nouveau plan d'urbanisme à Montréal et Laval», prévoit-il.

Le chercheur considère que la période «d'attentisme» pourrait également s'étirer davantage en tenant compte de la nécessaire période de transition qui suivra l'élection de novembre 2013. «Ce n'est pas quelque chose de positif, surtout pour une ville comme Montréal qui souffre énormément de l'absence d'un gouvernement municipal fort.»

Resserrer les contrôles

Les cas de collusion et de corruption soulevés par la commission Charbonneau, qui ont joué un grand rôle dans la démission des deux maires, devraient aussi, selon M. Bernier, inciter les villes à resserrer leurs contrôles anticorruption.

«Il faudrait essayer ce qu'a fait la ville de New York, c'est-à-dire ajouter des inspecteurs qui semblent assez vigilants et faire des contrôles assez serrés. Car des situations comme celle qu'on vit ici existent ailleurs en Amérique du Nord. Il y a eu des cas semblables en Ohio, dans l'État de New York et au New Jersey. La construction est une industrie qui est très difficile à contrôler», conclut-il.

Pour une limitation des mandats

L'idée du Parti québécois (PQ) de limiter les mandats du premier ministre et des maires québécois sourit au codirecteur du Centre de recherche sur la gouvernance de l'École nationale d'administration publique, Luc Bernier, qui y voit un excellent outil pour lutter contre la corruption.

«C'est quelque chose qu'il faut commencer à regarder tout de suite au niveau municipal. La tentation de se "payer la traite" devient très forte après plusieurs mandats et il est beaucoup plus difficile d'ériger en système la corruption quand une telle limite a été fixée», analyse-t-il.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, et son homologue de Saguenay, Jean Tremblay, se sont prononcés au cours des derniers jours contre la proposition du PQ, qui vise à limiter à trois le nombre de mandats des maires.

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