PLQ: plus de 500 nominations partisanes

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Le cabinet de Jean Charest aurait procédé à 523 nominations partisanes, selon un relevé préparé par le Parti québécois.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les années de pouvoir libéral ont permis au cabinet de Jean Charest de procéder à 523 nominations partisanes dans les ministères et organismes du gouvernement.

De mai 2003 à juin dernier, selon un relevé préparé par le Parti québécois (PQ), 101 postes ont été accordés à d'anciens députés ou candidats du Parti libéral du Québec (PLQ), de son parti frère à Ottawa ou encore du Parti conservateur fédéral.

M. Charest a dirigé les destinées de ce dernier à la fin des années 90. Un des 101 emplois est d'ailleurs allé à l'ancien sénateur Jean Bazin, qui avait été organisateur des conservateurs de Brian Mulroney et qui a été désigné président du conseil d'administration d'Investissement Québec, en 2010.

S'ajoutent 158 ex-attachés politiques ou cadres du PLQ qui ont hérité de places de dirigeants. Les «importants donateurs et sympathisants avoués» ont eu droit à 264 fauteuils dans cette haute fonction publique, peut-on lire.

Le document obtenu n'énumère pas les noms des bénéficiaires. Mais il donne une trentaine d'exemples. La liste met aussi en évidence quelques cas de «renouvellement politique avant l'heure».

À ce sujet, elle donne l'exemple d'un ex-candidat du PLQ et proche de Jean Charest, Denis Roy. Son mandat comme président de la Commission des services juridiques a été prolongé 63 jours avant la fin de son contrat, signale le relevé.

Joint vendredi, Yves-François Blanchet, le whip du PQ et député de Johnson, a souligné que les 523 cas répertoriés ne représentent que les nominations effectuées par le Conseil des ministres.

Car d'autres «sélections» sont de nature plus administrative, a-t-il mentionné. «Je suis convaincu qu'une machine politique comme celle des libéraux, lorsqu'il y a des choix à faire, ne s'est pas gênée» pour se manifester.

M. Blanchet est particulièrement offusqué par la prolongation d'ententes contractuelles avant échéance. «Lorsque tu devances, c'est parce que tu veux protéger ta nomination partisane, garantir à la personne en question qu'elle pourra se négocier une généreuse prime de départ. On est dans les faveurs politiques un peu grossières.»

Le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, apparaît sur la liste. Le 4 avril, 181 jours avant la fin de son contrat, précise la note du PQ, il en a obtenu un nouveau. M. Vandal n'est-il pas en parfaite harmonie avec le gouvernement du Parti québécois, notamment en entérinant la décision de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2?

Compétences

«Que M. Vandal se soit ou pas avéré un collaborateur adéquat, ce n'est pas vraiment un critère, a répondu M. Blanchet. Nous sommes supposés travailler sur la base des compétences. Si M. Vandal était effectivement le meilleur candidat, ce sur quoi je ne me prononce pas, nous l'aurions renouvelé nous-mêmes.»

Yves-François Blanchet a fait valoir qu'il n'affirme pas que les candidats choisis au fil des ans par les libéraux n'ont aucune compétence directe. Mais «cela n'a pas l'air d'être le critère principal», a-t-il laissé tomber. Et du lot ressortent des cas «spectaculaires», à son avis. Richard Marcotte, le maire de Mascouche, accusé de fraude et de corruption, avait été nommé au conseil d'administration de l'École de police, en 2004, a-t-il relevé.

M. Blanchet a affirmé que Pauline Marois gouvernera autrement. «Le PQ nommera sur la base des compétences. [...] La meilleure façon de servir l'intérêt public est de ne disqualifier personne. On met la meilleure personne au bon endroit.»

Le whip du parti ministériel a ajouté que «nous ne nommerons pas ou ne disqualifierons pas quelqu'un parce qu'il a des allégeances politiques compatibles avec nous».

Jeudi, à l'Assemblée nationale, Éric Caire, député de la Coalition avenir Québec (CAQ), a attaqué les péquistes sur une de leurs premières nominations, jugée partisane par M. Caire, celle de Nicolas Girard à l'Agence métropolitaine de transport (AMT). Le caquiste a des doutes sur les capacités de l'ex-élu dans Gouin et il a réclamé de savoir qui étaient les autres candidats.

En entrevue, Yves-François Blanchet a répliqué qu'il s'agit «fondamentalement d'une bonne nomination. Nous avons tous pu constater les compétences en général de M. Girard», a-t-il dit en faisant allusion au travail parlementaire de son ancien collègue.

«Je trouve intéressant qu'Éric Caire soulève cette question», a-t-il ironisé. M. Blanchet est revenu sur une déclaration que François Legault a faite, pendant la campagne électorale. Pour prendre le virage préconisé par son parti, le chef de la CAQ a laissé entendre qu'il n'hésiterait pas à remplacer les mandarins de la fonction publique qui n'adhèrent pas à son plan de match.

«M. Legault a dit ouvertement qu'il voulait se débarrasser des gens qui ne pensent pas comme lui», a rappelé Yves-François Blanchet. «On suppose que, s'il se débarrasse des gens qui ne pensant pas comme lui, il allait nommer des gens qui pensent comme lui. De voir Éric Caire se dire indigné de voir Nicolas Girard à l'AMT, on est en plein vaudeville.»

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