«M. Blanchette, porte-parole pour la région, quelles sont vos priorités?» a demandé une collègue au cours d'un point de presse, mardi. Réponse : «On a deux priorités. Améliorer notre présence médiatique parce que sur le terrain nos députés faisaient déjà amplement le travail, on est partout, mais dans les médias on est un peu moins présents. Également, donner une porte d'entrée pour les députés régionaux.»
Relancé par la journaliste en quête de dossiers régionaux à présenter, l'élu en a finalement identifié trois : le moribond Chantier Davie Canada, le pont de Québec qui rouille et le port à soutenir.
«On suit présentement ce qui se passe à la Davie. On a hâte de voir qui est le nouveau propriétaire. [...] Je ne crois pas que dans un pays où il y a trois océans, on n'est pas capable de faire vivre trois chantiers majeurs.» Malgré les ratés à répétition, il évalue qu'avec «un bon propriétaire» prêt à développer l'entreprise à long terme, la Davie pourra prospérer comme les deux grands compétiteurs: Halifax Shipyards et Vancouver Shipyards.
Surprenante déclaration pour Lévis... Durant la campagne électorale de 2011, feu Jack Layton avait pourtant refusé de défendre le chantier maritime de la Rive-Sud. Le gouvernement fédéral avait lancé des appels d'offres pour l'octroi de 35 milliards $ de contrats pour la marine et la Garde côtière. Le NPD était alors contre une prolongation des délais pour le dépôt des soumissions, ce qui aurait permis au nouvel acquéreur de Chantier Davie Canada de s'installer à demeure et d'offrir ses services. La compétition a tout empoché.
Devant cette contradiction, M. Blanchette maintient que le NPD a toujours réclamé une part des contrats pour la région. «On a toujours considéré [...] qu'il devait y avoir une part équitable des contrats pour la Davie. Ça, ça a toujours été notre position.»
Au fait, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de nommer un porte-parole régional? Le chef de l'opposition néodémocrate, Thomas Mulcair, dit qu'il fallait laisser les nouveaux politiciens s'installer et «connaître les dossiers régionaux».
«Pendant la première année que les gens étaient là, je les ai laissés se retrouver, bâtir leur circonscription, leur association, leur membership et leur financement. [...] C'était nécessaire de laisser les gens de la région s'établir, connaître bien les dossiers régionaux et faire leur propre choix [de porte-parole].»