D'ici la mi-novembre, quelques centaines d'autres militaires les suivront, 500 de Valcartier, 200 d'ailleurs au Québec et environ 250 d'ailleurs au Canada, pour prendre part à cette mission de huit mois sous le commandement du colonel Roch Pelletier.
«J'y suis allé en 2009 et il y a eu beaucoup de changement en Afghanistan depuis ce temps. On ne parle plus de mission de combat maintenant, mais bien de formation dans les écoles où on forme les officiers et les sous-officiers. Le défi sera vraiment de savoir quand il sera temps de se retirer et de les laisser faire leur travail seuls, de placer nos troupes aux endroits où on en aura le plus besoin», a expliqué le colonel Pelletier en point de presse.
Même si la nature de la mission est différente et que Kaboul est un secteur réputé pour être plus sûr que Kandahar, le danger demeure toutefois bien présent pour les militaires, comme le démontrent une trentaine d'incidents survenus depuis le début de l'année où des policiers ou des militaires afghans ont retourné leurs armes contre des soldats des forces de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
«Nos militaires sont entraînés et sont prêts à faire face à ces situations, mais surtout, ils sont bien formés, connaissent la culture afghane et respectent les Afghans. Les militaires canadiens n'ont jamais vécu ce type de problème là-bas. On crée des liens avec eux, on n'est pas là pour les changer, mais pour les aider à s'améliorer», poursuit le colonel Pelletier.
Mentor
Le major Jérémie Gauvreau, originaire du Saguenay, agira pour sa part comme mentor d'un commandant de bataillon afghan et témoigne aussi des avancées réalisées au cours des dernières années au sein des forces de sécurité afghanes.
«Avant, on leur donnait un vieil uniforme vert américain avec un AK-47 et là, go! Maintenant, ils sont vraiment bien entraînés et on est passés à une autre étape, on entraîne ceux qui entraînent l'armée», explique celui qui s'était rendu en Afghanistan en 2011.
«Les soldats de l'armée afghane ont le coeur gros comme ça, mais ils partent de loin. Ils ont dû apprendre à lire et à écrire avant leur formation. Ce sont de bons soldats, notre rôle est de leur montrer à bien travailler en équipe avec la police et avec le gouvernement, à synchroniser toutes ces ressources pour maximiser leur impact», indique le major Gauvreau.
Il ajoute d'ailleurs qu'on a pu constater au cours des derniers mois les progrès réalisés à Kaboul. «Là-bas, il y a maintenant un policier à tous les 10 pieds et lors des dernières attaques survenues dans la capitale, ce sont toujours les Afghans qui ont pris le contrôle et résolu le problème. Ça, c'était quelque chose qui était inconcevable il y a trois ou cinq ans», conclut-il.