C'est ce que le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a confié quelques instants après sa conférence de presse, mercredi.
Il a reconnu qu'il n'était pas obligé de procéder de la sorte d'ici Noël, mais que c'est ce qu'il compte faire. Il a précisé que ce sera un vote qui «engagera» l'avenir du gouvernement.
Plus tôt, en conférence de presse, Nicolas Marceau avait invité les partis d'opposition à «bien mesurer cette proposition avant d'entreprendre les débats parlementaires. Ceux qui refuseraient d'aider nos aînés et nos familles devront en porter la responsabilité».
Promesses «trahies»
Les libéraux et les caquistes ont dénoncé les promesses «trahies» des péquistes, même s'ils y étaient opposés. Ils ont noté que des citoyens ont voté pour le Parti québécois en toute bonne foi en raison de son engagement d'annuler la taxe santé.
«Un autre épisode d'improvisation», a laissé tomber le libéral Raymond Bachand, le père de la taxe santé et candidat à la succession de Jean Charest.
Pour lui, ce que Nicolas Marceau a annoncé est une hausse d'impôt de 300 millions $ «qui affectera la compétitivité du Québec».
Pensant que le vote sur cette question n'aurait lieu qu'au printemps, il a déclaré que son parti votera contre «les hausses d'impôt».
En procédant cet automne, les péquistes veulent prendre de court les partis d'opposition, particulièrement les libéraux qui seront sans dirigeant jusqu'à la fin de l'hiver.
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a aussi fustigé les augmentations d'impôt des contribuables ayant un revenu de plus de 100 000 $.
Mais le «principal problème», a-t-il dit, vient du fait que «toutes les personnes qui gagnent des revenus entre 42 000 $ et 130 000 $, et qui s'étaient fait promettre des baisses de taxes, n'en auront pas ou n'en auraient pas avec cette proposition».
«Chantage émotif»
Pour Québec solidaire, la proposition Marceau est une «volte-face presque totale».
«Le gouvernement Marois a lâché le morceau bien vite face au chantage émotif des chambres de commerce et de leurs fidèles porte-voix du côté des autres partis d'opposition», a déploré la cochef Françoise David. «Même appliquée plus progressivement, cette taxe attaque de plein fouet la classe moyenne.»
Françoise David s'est par ailleurs désolée de «la timidité du gouvernement qui n'ajoute qu'un seul palier d'imposition pour les particuliers les plus fortunés».
Le Conseil du patronat du Québec s'est réjoui de «l'écoute et de l'ouverture du gouvernement», mais a déploré la hausse d'impôt prévue pour certains contribuables.